DONBASS – LETTRE OUVERTE DE FAINA SAVENKOVA AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, EMMANUEL MACRON

DONBASS – LETTRE OUVERTE DE FAINA SAVENKOVA AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE, EMMANUEL MACRON

Faina - Les enfants ne devraient pas mourir à cause d'un conflit entre adultes - Emmanuel Macron

Monsieur le Président de la République française, Emmanuel Macron,

Bonjour, je m’appelle Faina Savenkova. J’ai 12 ans. À mon âge, il est probablement plus approprié de penser au divertissement et aux livres, mais je vis à Lougansk. C’est dans le Donbass, où la guerre dure depuis sept ans. J’aime la France, je lis beaucoup à son sujet et j’admire l’histoire et les écrivains français, car je suis moi-même une dramaturge en herbe.

Mais, malheureusement, en France, ils ne savent pas ce qui se passe dans notre pays. Les médias ne s’intéressent pas à l’opinion des habitants de Donetsk et de Lougansk. Peut-être ont-ils peur de raconter de telles horreurs, ou sont ils indifférents à la situation dans le Donbass, parce que cela n’arrive pas à leurs enfants et pas dans leur pays. Mais je voudrais vous dire que nous n’avons ni terroristes ni méchants, mais des gens ordinaires qui sont victimes des ambitions des présidents ukrainiens. Nos pères et nos grands-pères ont dû prendre les armes pour nous défendre de l’armée ukrainienne.

Nous avons une allée des anges à Lougansk et Donetsk. Elle est nommée ainsi en l’honneur des enfants tués par les bombardements ukrainiens. Certes, la vie d’un enfant n’est pas si intéressante dans le monde et des enfants meurent dans différentes parties de notre planète, mais c’est notre vie. Et elle peut nous être retirée à tout moment, ajoutant ainsi un autre nom à la liste des victimes. Hormis le fait que nous vivons en temps de guerre, nous ne sommes pas différents des enfants de France. Nous ressentons de la douleur lorsque nous sommes blessés et tués par des éclats d’obus. Nous avons aussi peur lorsque nous nous cachons des bombardements dans les abris. Nous ne sommes que des enfants qui ne savent pas s’il y a un lendemain pour nous.

Lorsque je lisais des livres sur l’histoire de la France, ils parlaient de ce que les enfants français avaient enduré pendant la Seconde Guerre mondiale, de l’horreur que les Français avaient vécue. Nous, les enfants du Donbass, endurons la même chose. Aujourd’hui, comme il y a 80 ans, tout se répète et se produit à nouveau au centre de l’Europe dans le silence indifférent des pays européens. C’est inacceptable. La guerre doit cesser. C’est pourquoi j’ai décidé de vous écrire cette lettre. Je crois que vous, en tant que président d’un grand pays, pouvez contribuer à ce que l’Ukraine arrête la guerre.

Respectueusement,
Faina Savenkova

Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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