Un hélicoptère Aérospatiale Gazelle abattu à coups de Kalashnikov au Mali lors d’une opération militaire (14 juin 2019)

Un hélicoptère Aérospatiale Gazelle abattu à coups de Kalashnikov au Mali lors d’une opération militaire (14 juin 2019)

Un hélicoptère Aérospatiale Gazelle de l’Armée française a été touché par des tirs d’armes légères (essentiellement de calibre 7.62 mm) et a été forcé à atterrir durant une opération de combat au Mali le 14 juin 2019. Trois membres d’équipage ont été blessés.

Cet incident a eu lieu près de Liptako-Gourma, près de la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso lors d’une opération dans laquelle des hélicoptères d’attaque Tigre et des hélicoptères Gazelle ont été utilisés contre un camp présumé de combattants irréguliers que le ministère français de la Défense a désigné comme des membres de l’organisation de l’État Islamique dans le Grand Sahara. Or aucun groupe terroriste activant présentement au Sahel n’a adopté cette dénomination.

Des troupes maliennes et nigériennes participaient à cette opération dans le cadre de l’opération Berkhane avec l’appui de forces françaises mais il semble qu’il y ait eu une mauvaise coordination au sol ayant nécessité un soutien aérien tactique assez important. Des drones d’attaque General Atomics MQ-9 Reaper, des bombardiers Dassault Mirage 2000 et des hélicoptères d’attaque Airbus Tigre/Tiger ont déversé des missiles, des roquettes et des bombes sur le camp improvisé.

L’un des hélicoptères Aérospatiale Gazelle fut touché par des tirs de Kalashnikov et a pris feu. Deux membres blessés de son équipage furent attachés au train d’atterrissage d’un autre hélicoptère Tigre et évacués à la hâte. L’hélicoptère Gazelle touché fut quand à lui détruit par les forces françaises pour éviter sa capture par l’adversaire.

Un Mirage 2000 fit une passe de bombardement et des troupes maliennes et nigériennes purent se déployer temporairement dans la zone où une vingtaine de corps ont été retrouvés.

C’est du moins ce que la censure militaire, l’une des plus lourdes ayant jamais existé, a laissé filtrer sur la désastreuse intervention au Sahel.

Des membres de la communauté Fulani du Mali racontent une toute autre version des faits.

Cet incident démontre une fois encore qu’il est toujours dangereux d’utiliser des tensions intercommunautaires (Dogons contre Fulani ou Peuls) et de cibler une communauté à cause de son histoire (le Liptako-Gourma fut un Émirat au 19ème siècle fondé par Brahima Saidou).

Tous les éléments d’un futur conflit fratricide sont en train d’être semés dans les régions les plus paisibles du Sahel et un scénario semblable à celui du Rwanda n’est plus à exclure d’ici quelques années. C’est le dilemme des interventions étrangères : elles créent des conflits au lieu d’y mettre fin. C’est probablement l’effet recherché : la guerre, c’est la paix…et le profit !

 

source:https://strategika51.org/archives/64012

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