Qui a vraiment gagné ? Assemblée de la francophonie, une réunion aux multiples communiqués

Qui a vraiment gagné ? Assemblée de la francophonie, une réunion aux multiples communiqués

Les 14 et 15 juin 2019 s’est tenue à Rabat au Maroc, la 27e assemblée parlementaire de la francophonie, région Afrique. Une réunion qui aura suscité controverses et diatribes en terre ivoirienne. Une vraie bataille communicationnelle a opposé différentes parties prenantes. Jamais une réunion n’aura connu autant de communiqués contradictoires. Le dernier en date est celui des groupes parlementaires de l’opposition dont Vox Populi qui se félicitaient du respect des textes par l’organisation internationale qui n’a pas cédé à la pression exercée par Abidjan.

Le fait est que depuis qu’il a perdu le perchoir, Guillaume Soro l’ex-PAN de Côte d’Ivoire est en opposition ouverte avec le président de la République Alassane Ouattara. Le chef de l’Etat qui ne supporte pas l’outrecuidance de son ancien allié ne rate plus d’occasion pour lui régler les comptes. L’Assemblée parlementaire de la francophonie, une instance internationale dont fait partie la Côte d’Ivoire intervint dans ce contexte. Ouattara, par le nouveau PAN Amadou Soumahoro interposé et Guillaume Soro décidèrent alors d’exporter leur bataille hors des frontières ivoiriennes. A l’heure du bilan de ce duel d’étape, on ne peut pas dire que la bataille a tourné en faveur de Soumahoro. Soro y a aussi laissé des plumes.

Qui a vraiment gagné ?

La guerre des communiqués à laquelle se sont livrées les deux parties, le camp Soumahoro et celui de Soro a exposé au grand jour la profondeur des dissensions. Dénigrement, raillerie, manipulation et contrevérités, tout y est passé. La première charge est venue du camp Soumahoro qui 24 heures avant la réunion de Rabat a fait croire que Soro a perdu son poste de vice-président de l’Apf.

En réponse, dans un court message le 14 juin, sur Twitter, Soro annonce ‘’Le coup d’état n’a pas eu lieu’’. En clair, Amadou Soumahoro, avant l’entame de la réunion, a exigé que Soro soit démis de ses fonctions après qu’il a écarté lui-même, de manière unilatérale, les députés ivoiriens membres de l’Apf pour les remplacer par des députés plus compatibles. Il lui fut opposé la rigueur des textes qui régissent l’institution internationale. En conséquence, Soro gardera son poste de même que son proche, le député Fofana Bassatigui, chargé de mission Afrique de l’Apf. La Côte d’Ivoire prend cependant un sérieux coup à son image par la faute de ses propres autorités qui ne font plus de distinction entre raison d’état, intérêt national et intérêt partisan.

Les temps ont changé

Ce combat engagé par le camp au pouvoir qui n’a pas fini de livrer tous ses secrets après celui perdu au parlement de la Cedeao, dénote de ce que les temps et le contexte ont changé. Si en 2011, en pleine crise postélectorale, contre le droit international, Alassane Ouattara déclaré élu par la Commission électorale indépendante (CEI) pouvait d’un claquement de doigts, obtenir l’accréditation de ses ambassadeurs, la fermeture des banques, l’interdiction des navires en direction d’Abidjan, l’embargo sur les médicaments… en 2019, ni la Cedeao, ni l’Apf et peut-être demain l’Onu ne sont plus prêtes à rééditer l’exploit d’antan. Pas parce que les paradigmes de la gouvernance ont fondamentalement changé mais sûrement que les alliés d’hier attendent encore d’être satisfaits sur les engagements pris par Ouattara en matière de démocratie et de promotion des droits de l’homme. Sur ces chantiers-là, de gros espoirs ont été déçus, à l’observation des faits.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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