La juridiction de l’épiscope de Rome ne s’étend pas en dehors de Rome – Historique de l’élaboration du papisme

La juridiction de l’épiscope de Rome ne s’étend pas en dehors de Rome – Historique de l’élaboration du papisme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Monument international de la Réformation à Genève en Suisse romande

Je suis de l’opinion que ce qui rapproche réellement les protestants et les catholiques, ce n’est pas une « foi commune », mais plutôt un patrimoine civilisationnel commun et des valeurs familiales communes. Les divergences théologiques entre les deux religions sont trop énormes, en effet, pour que l’on puisse parler honnêtement de foi commune. Les efforts œcuméniques du dernier demi-siècle n’ont à mon avis que contribué à mettre en évidence les différences doctrinales fondamentales entre protestants et catholiques.

Les limites de l’œcuménisme

Par exemple, la Déclaration conjointe sur la justification ratifiée par la Fédération luthérienne mondiale et la Papauté en 1999 (rejoints par le Conseil méthodiste mondial en 2006 puis par la Communion mondiale d’églises réformées en 2017) n’a fait que rappeler ce que l’on savait depuis 500 ans : les protestants et les catholiques sont d’accord qu’il faut avoir la foi en notre sauveur & rédempteur Jésus-Christ  pour être sauvé, mais n’a nullement réglé le point litigieux. D’un côté, les protestants affirment (en suivant la Bible) que c’est par la grâce seule (sola gratia) et la foi seule (sola fide) que nous pouvons être sauvés. De l’autre côté, les catholiques ajoutent l’action humaine à la grâce imméritée de Dieu, faisant ainsi du salut une chose qui peut s’acheter ou se marchander. De surcroît cela sous-entend que l’homme fait un échange avec son Créateur Tout-Puissant : « j’ai fait mon chapelet et mes litanies, alors tu est obligé de m’accepter au paradis ». Le salut est ainsi présenté comme un dû par la Papauté, ce qui est assurément très irrévérencieux envers Dieu.

Pire encore que la fausse doctrine papale sur le salut & la justification, est celle de l’adoration par les catholiques de la vierge Marie et des saints. Ici, le terme d’idolâtrie est approprié. Les protestants adhèrent à la seule foi véritablement révélée par Dieu, et cette révélation est exclusivement contenue dans les Saintes Écritures (Ancien et Nouveau Testaments). Cette foi monothéiste proclame la gloire du Dieu trinitaire (Père + Fils + Saint-Esprit). Or nonobstant de la Trinité, les catholiques ont — à toute fin pratique — déifié Marie (qui n’étais plus vierge après qu’elle épousa Joseph avec qui elle consomma légitimement son mariage) ainsi qu’un innombrable panthéon de petits saints. Les catholiques prétendent qu’ils n’adorent pas Marie et les saints, qu’ils font seulement les vénérer et se servir d’eux comme « intercesseurs » (malgré que l’Apôtre Paul, inspiré du Saint-Esprit, dit sans équivoque qu’il n’y a qu’un seul médiateur entre l’humain et Dieu : Jésus-Christ, 1 Timothée 2:5-6). Mais faire des prières à des entités, leur rendre un culte indu, leur conférer une sacralité imaginaire, un pouvoir et une capacité d’intervention surnaturelle/divine, c’est indéniablement les élever au rang de divinités (cela n’implique pas que toutes les divinités du panthéon aient le même grade). Conséquemment, le catholicisme romain est, à proprement parler, une religion polythéiste.

Les Pères de l’Église entre protestantisme et catholicisme

Cela nous amène à la question des Pères de l’Église. Cette semaine, j’ai publié un article démontrant que, hormis une possible parenthèse de quelques siècles au milieu du Moyen Âge, il a toujours existé des chrétiens qui rejetaient les superstitions papales et qui adhéraient aux principes bibliques tels qu’actuellement défendus par le protestantisme (monothéisme trinitaire, diffusion de la Bible en langue vernaculaire, sacerdoce universel, justification par la grâce, salut par la foi, etc.). Cet article fait notamment ressortir le fait indiscutable qu’Augustin d’Hippone (354-430) adhérait pleinement à la doctrine biblique/calviniste de la justification par la grâce, et que plusieurs autres Pères de l’Église défendirent les doctrines bibliques/protestantes du sola scriptura et du sola gratia et du Cet article a fâché une dame catholique qui a rouspété sur son blogue.

Je tiens donc à réitérer et étayer mes dires. D’abord, aucun protestant n’affirme que tous les Pères de l’Église étaient intégralement orthodoxes (c-à-d bibliques). Il est connu que leurs théologies respectives combinent des éléments bibliques et des éléments non-orthodoxes. Généralement, plus on avance dans le temps, plus les dérives se font criantes.

La véracité du protestantisme ne repose pas sur la cohérence des Pères de l’Église, tandis que la véracité du catholicisme, qui dépend d’un concept nébuleux et poreux de « tradition » extra-biblique, exige que les Pères de l’Église soient systématiquement en accord avec la Papauté actuelle (puisque se sont ces Pères qui incarnent supposément cette « tradition » catholique). En contre-partie, il n’est pas nécessaire de se référer aux Pères de l’Église pour démontrer la véracité du protestantisme : la Bible suffit. Il est néanmoins pertinent de s’intéresser aux Pères de l’Église dans la mesure où des doctrines professées par ceux-ci contredisent les doctrines actuelles de l’Église romaine, et viennent donc infirmer de façon supplémentaire la prétention d’ancienneté de la Papauté.

Pour répondre spécifiquement à la dame m’ayant pris à parti, lorsque nous disons que la doctrine de la justification par la grâce d’Augustin d’Hippone est « calviniste », c’est parler de manière rétrospective. La position d’Augustin sur cette question précise était biblique, la position biblique sur cette question est appelée « calviniste » depuis le XVIème siècle, et conséquemment il n’est pas abusif de dire qu’Augustin était calviniste sur la question du salut.

Cyrille de Jérusalem, patriarche de la cité du même nom, n’était nullement « romain » (au sens théologique et ecclésiologique), idem pour Basile de Césarée en Cappadoce (Anatolie) qui dépendait vraisemblablement du patriarcat oriental d’Antioche. Quant à Jean Chrysostome, il était patriarche de Constantinople, donc totalement indépendant de l’épiscope romain. D’ailleurs, Jean Chrysostome ne fut pas baptisé lorsqu’il était bébé même s’il est né dans une famille chrétienne, preuve que le milieu orthodoxe dont il est issu adhérait à la position protestante crédobaptiste plutôt que papale sur le baptême. (Raymond Vaillancourt, « Le baptême des enfants », Revue Notre-Dame, No 4, avril 1981.)

S’il y a un parti qui commet constamment des anachronismes dans ce débat, c’est bien le parti papal, qui essaie de légitimer ses velléités dominatrices en projettent des situations d’une époque donnée sur les époques antérieures où la situation réelle était fort dissemblable.

La suprématie papale : historique d’un long glissement

Aux deux premiers siècles de l’ère chrétienne, le pasteur de la communauté chrétienne de Rome est un ministre de l’Évangile comme n’importe quel autre ministre de l’Église de Jésus-Christ. « En écrivant aux Corinthiens, Clément de Rome n’assumait pas plus d’autorité papale qu’Ignace d’Antioche écrivant aux diverses églises d’Asie mineure. » (J.-M. Nicole, Précis d’histoire de l’Église, Nogent-sur-Marne, Éditions de l’Institut Biblique, 2005, p. 35 sur 295.) « Chaque communauté chrétienne ou église locale était convaincue de réaliser, à elle seule, la plénitude de l’Église du Christ résidant et séjournant à tel ou tel endroit. Cette conviction est exprimée très clairement par Clément de Rome au tout début de sa Lettre aux Corinthiens : “L’Église de Dieu séjournant à Rome [s’adresse] à l’Église de Dieu séjournant à Corinthe”. » (P.-H. Poirier, Christianisme de l’Antiquité et du Haut Moyen Âge, Module XIII : L’Orient et l’Occident au XIème siècle. Québec, Université Laval, 2011, p. 19 sur 64.) En 190, l’évêque de Rome Victor Ier anathématisa l’anti-trinitaire Théodote de Byzance, mais cela n’est pas encore du papisme car Théodote enseignait son erreur dans la cité de Rome, ce cas d’indiscipline ecclésiastique relevait donc de la juridiction légitime de l’assemblée chrétienne de Rome et de son pasteur.

La première manifestation d’une volonté réelle de suprématie romaine survient lors de la querelle pascale sous l’épiscopat de Victor Ier (189-198). Celui-ci s’opposait à la coutume chrétienne orientale qui consistait à célébrer la Résurrection à la même date que la Pâque juive plutôt que le dimanche suivant la Pâque juive, usage qui prévalait en Occident. Sous l’impulsion de l’évêque Polycrate d’Éphèse (dont les prédécesseurs avaient côtoyés l’apôtre Jean), une série de synodes furent organisés en Asie. Les Églises d’Anatolie, du Levant, d’Osroène et même de Grèce y furent représentées (le plus important semble s’être tenu à Éphèse en 190). Ces synodes orientaux maintinrent unanimement la pratique chrétienne asiatique alors en vigueur. Frustré, Victor Ier excommunia pompeusement ces Églises d’Orient en 195. Cette volonté suprématiste eut-elle une suite effective, concrète ? Nullement ! L’éminent apologète Irénée, pasteur de Lyon en Gaule intervint contre le petit pontife de Rome en faveur des Églises d’Asie. Isolé, Victor Ier dût renverser sa décision.

La prochain épisode survint au milieu du IIIème siècle, quand les évêques Cyprien de Carthage et Firmilien de Césarée-en-Cappadoce entrèrent en conflit avec l’évêque de Rome Étienne Ier. La mésentente portait sur la validité du baptême des hérétiques. Conformément à l’enseignement biblique, selon lequel tout acte effectué par des non-chrétiens n’a aucune valeur dans l’Église véritable, les chrétiens du Maghreb et d’Anatolie rebaptisaient les hérétiques qui entraient dans l’Église trinitaire. En contraste, les Romains considéraient étrangement le baptême hérétique comme valide. Étienne Ier menaça d’excommunication les Maghrébins et les Anatoliens. En réponse, un grand synode rassemblant 87 évêques à Carthage en septembre 256 réaffirma la réitération du baptême. Finalement, la médiation de l’évêque Denys d’Alexandrie force Étienne Ier à reculer. Encore une fois, nous voyons l’épiscope de Rome complètement isolé et non-obéit.

Dans la seconde moitié du IIIème siècle, les évêques chrétiens de certaines mégapoles acquirent une autorité sur les évêques des petites cités de leur diocèse. On les appelaient des métropolites. C’était l’équivalent des archevêques et des archidiocèses d’aujourd’hui. En 325, le Concile de Nicée — où l’évêque de Rome était absent et dont la raison d’être était de réfuter l’arianisme — décida que trois métropolites seraient à l’avenir compétents pour se prononcer dans toute la Chrétienté : Antioche, Alexandrie et Rome. Cela faisait de cette triade de métropolites des sortes de « super-métropolites », ou patriarches. Cette compétence extraordinaire était alors conçue comme une capacité d’intervention occasionnelle et exceptionnelle, pas un droit de direction continuelle.

En 343, le Concile de Sardique (Bulgarie) affirma qu’un évêque condamné par une décision ecclésiastique peut porter le jugement en appel à Rome. Bien que cela paraisse comme une manifestation de suprématisme romain, il faut comprendre que la plupart des conciles et des discussions christologiques de l’époque se déroulaient entre Grecs et avaient lieu en Orient. En vérité, l’évêché de Rome était marginal dans ces débats, et s’est ironiquement la raison pour laquelle les Orientaux eurent parfois recours à son arbitrage dans leurs controverses (ce qui ne signifie pas que ses avis furent toujours appliqués).

En 378, l’Empereur d’Occident Gratien enjoignit les autorités civiles d’envoyer à Rome les évêques contestant une décision synodale de leur province. Or cela est plus un cas typique de centralisation politique et d’ingérence étatique dans les affaires ecclésiastiques qu’une reconnaissance de la supériorité théologique de l’évêque de Rome.

En 380, l’Empereur d’Orient Théodose Ier déclara vouloir rallier tout l’Empire à « la foi des évêques de Rome et d’Alexandrie », preuve que Rome ne faisait pas figure d’unique référence à cette époque mouvementée. En 381, le Concile de Constantinople étendit la dignité patriarcale aux métropolites de Constantinople et Jérusalem. Le 3ème canon du Concile de Constantinople instaura une hiérarchie de « primauté d’honneur » accordant la première place au patriarcat de Rome et la deuxième place à celui de Constantinople. Ce dispositif de cinq patriarcats était passablement occidentalo-centrique ; il omettait au moins deux autres patriarcats orientaux, à savoir {1} le Catholicos-Patriarche d’Arménie résidant au Saint-Siège d’Etchmiadzin dans la Caucase, et {2} le Catholicos-Patriarche de l’Orient siégeant à Séleucie-Ctésiphon puis à Baghdad en Mésopotamie. Toujours est-il que parmi ces cinq patriarcats susdits, Rome, suivie de Constantinople, jouissaient d’une préséance honorifique. Toutefois, aucun patriarcat ne pouvait prétendre avoir un pouvoir absolu — théorique ou effectif — sur l’ensemble de la Chrétienté. Ils pouvaient seulement faire valoir une attraction régionale. Il fallut attendre l’épiscopat de Sirice (384-399) pour que l’évêque de Rome prenne la mauvaise habitude de communiquer ses opinions aux autres évêques sous forme de décrétales.

En 451, le 28ème canon du Concile de Chalcédoine, présidé par le patriarche Cyrille d’Alexandrie, accorda une préséance égale à l’ancienne et à la nouvelle Rome (c-à-d Constantinople). Dans un geste schismatique, l’évêque de Rome Léon Ier rejeta ce 28ème canon du Concile de Chalcédoine. Cet acte hautement symbolique nous conduit à considérer Léon Ier comme le premier pape romain.

Soulignons que pendant tout ce temps, les écrivains de l’Église africaine (Tertullien, Lactance), de l’Église grecque (Eusèbe de Césarée, Athanase d’Alexandrie, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse) et de l’Église occidentale (Ambroise de Milan, Hilaire de Poitiers) n’ont jamais attribués un quelconque droit de suprématie à l’évêché de Rome.

C’est une conjoncture de circonstances temporelles où la théologie n’y fut pour rien qui permit au patriarche de Rome de s’élever progressivement au statut de principal dirigeant religieux « chrétien » en Occident :

  • À partir de 404, les empereurs d’Occident s’installent à Ravenne (Italie du Nord) et exercent peu de contrôle sur les affaires municipales de Rome, tandis que les patriarches de Constantinople demeurent sous l’influence directe des empereurs byzantins.
  • Le métropolite de Carthage, principal concurrent à Rome (ou facteur d’équilibre) en Occident, se retrouve sous la domination des Vandales ariens au Vème siècle puis des Arabes musulmans au VIIème.
  • Les autres patriarches orientaux (Antioche, Alexandrie, Jérusalem) et le métropolite de Séleucie-Ctésiphon (Mésopotamie) se retrouvent sous la domination islamique dès le VIIème siècle.
  • L’aura et le prestige mondain et temporel de Rome, l’ancienne capitale impériale, rejaillit irrationnellement sur le patriarche y siégeant.

Or même si l’évêque de Rome a gagné un net ascendant en Occident dès cette époque, il fallu attendre au moins un autre demi-millénaire pour que ses erreurs théologiques deviennent incontestées dans l’Église d’Occident. Ainsi, le pédobaptême et le culte des icônes ne s’imposèrent pas en Occident avant le Xème siècle. Le baptême par aspersion ne remplaça pas le baptême par immersion avant le XIVème siècle. Les évêchés maintinrent leur autonomie liturgique complète jusqu’au VIIIème siècle, lorsque Pépin le Bref, Carloman puis Charlemagne accélérèrent la latinisation de l’Église franque, non pas pour une raison théologique, mais pour faciliter la communication académique et l’administration étatique et à l’intérieur de l’Empire carolingien.

Néanmoins, le légat pontifical en Europe du Nord, Boniface de Mayence, exploita ce processus de latinisation institutionnelle pour diffuser l’idéologie romaniste. Cet archevêque réorganisa l’épiscopat carolingien « sur le modèle anglais, autour d’un primat d’Austrasie et d’un primat de Neustrie » (Encyclopédie Larousse). On notera aussi que les nombreuses abbayes masculines et féminines que Boniface fonda en Occident continental furent massivement « peuplés d’Anglo-Saxons [papistes] qui furent pour lui des aides précieux » (Encyclopédie Universalis).

Au milieu du siècle suivant (le IXe), furent forgées les Fausses Décrétales par des sympathisants de la suprématie papale à l’Abbaye St-Pierre de Corbie (Picardie). Cette collection d’une centaine de pièces frauduleuses supposément émises par les plus anciens épiscopes de Rome servit très tôt au parti romaniste qui s’efforçait de réduire les métropolites autonomes et les conciles régionaux. La pièce la plus célèbre d’entre-elles est la fameuse Donation de Constantin par laquelle l’Empereur Constantin Ier aurait « donné » (?!) l’Europe occidentale à l’épiscope de Rome (J.M. Berthoud, Le règne terrestre de Dieu, p. 360).

Ainsi, Hincmar de Reims, le métropolite de la cité éponyme (845-882) et précurseur du gallicanisme, s’opposa vigoureusement au pontife romain Nicolas Ier (858-867, « le seul grand pape entre Grégoire Ier et Grégoire VII ») qui brandissait répétitivement les Fausses Décrétales pour justifier sa supériorité illégitime. Le conflit survint lorsque Rothad, évêque papiste de Soissons, excommunia un prêtre sur le motif illégal qu’il avait une épouse. Vers 862, un concile dirigé par Hincmar à Soissons destitua Rothad qui se réfugia auprès de Nicolas Ier, lequel invoqua les Fausses Décrétales qu’Hincmar rejeta dans ses écrits (dont son De Jure Metropolitanorum) même si Rothad revint mourir à Soissons. Finalement, la suprématie pontificale ne devint effective qu’après la Réforme grégorienne dont les objectifs furent réalisé en France en XIème siècle, en Angleterre au XIIème puis en Germanie au XIIIème à l’issue de la longue Lutte du sacerdoce et de l’Empire.

C’est aussi au Haut Moyen Âge que s’est imposé le culte des saints, acte d’idolâtrie qui vient annuler le christianisme salvifique. Nombre de saints  dans l’Église romaine sont en fait des calques d’anciennes déités païennes. On peut, par exemple, se référer à sainte Brigitte, déesse de la fécondité, et à « Grégoire de Tours [qui] relata l’initiative pastorale d’un évêque auvergnat qui, impuissant à déraciner une fête païenne se déroulant sur le mont Helarius, construit sur les lieux une église en l’honneur du saint chrétien Hilarius » (ASSR).

Autour de l’An Mil, s’il est avéré que du point de vue temporel tout n’était pas noir — révolution agricole, essor urbain, pacification féodale, innovation technologique (cathédrales gothiques) — au plan spirituel, c’est vraiment l’âge des ténèbres européen. Le polythéisme papal s’est imposé depuis plusieurs siècles, et les dernières poches de résistance ont été neutralisées. Mais la redécouverte de la doctrine apostolique par les pré-réformateurs dès le XIIème siècle (Vaudois français et italiens, Wyclifites anglais, Hussites tchèques) annonce la Réformation protestante du XVIème siècle.

Plus proche de nous dans l’histoire, le dogme de l’immaculée conception ne fut décrété qu’en 1854, le pontife romain n’est devenu « infaillible » (!) qu’en 1870, la première communion à sept ans n’a été fixée qu’en 1910, la « vierge » Marie n’est devenue « corédemptrice » (!) qu’en 1943, et le récit non-biblique de l’assomption ne fut officiellement adopté qu’en 1950. Finalement les limbes furent solennellement abolies par le Vatican en 2006.

Démonstration faite, il n’est pas erroné de dire que les Pères de l’Église furent calvinistes dans de multiples domaines de leurs théologies.

En guise de réponse supplémentaire, je renvoie aux documents suivants ma détractrice qui exploite l’idée de la vraie-fausse problématique du canon néotestamentaire comme légitimation d’une tradition extra-scripturale :

 

Source : https://monarchomaque.org/2012/02/03/juridiction/

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