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Notre-Dame : des interrogations quant à la piste accidentelle discrètement soulevées

L’incendie maîtrisé, de nombreuses questions se soulèvent. Principalement : comment cela s’est-il passé et maintenant comme faire pour rénover. Macron nous propose d’en faire une « autre » finalement, encore plus belle, en 5 ans. Avant les JO. Ce que le feu n’a pu réussir, cette précipitation peut l’achever.

Avec beaucoup de précipitation, la presse et les politiques, dans une incantation unanime et répétitive, en appellent à l’incendie accidentel, ce que le Procureur sous-entend également, excluant a priori la piste volontaire. Avant l’enquête. Si pour nous, non spécialistes, il est difficile d’apprécier, des voix de personnalités travaillant justement dans le domaine s’élèvent pour s’interroger sur la facilité, la rapidité et la violence avec laquelle du bois de plusieurs siècles, quasiment transformé en pierre avec les années, a pu s’enflammer, l’ai dirait presque, si facilement. Surtout que, contrairement à ce qui est répété en boucle sur les plateaux, tout le système de sécurité de Notre-Dame a été remis à plat, notamment des portes coupe-feux ont été installées et le système électrique à neuf. Donc, la petite étincelle venant des travaux ne peut en aucun cas être la source d’un tel incendie, il faut une charge calorifique importante de départ pour lancer un tel incendie. L’accident semble improbable …

Voir les déclarations de Benjamin Mouton, architecte en chef de Notre-Dame jusqu’en 2013 :

Par ailleurs, la question de la responsabilité des travaux, qui fragilisent les structures et ouvrent la porte aux risques d’incendies, ici aussi, tourne court – puisqu’ils n’avaient pas encore débuté. Ils étaient en cours de préparation, les échafaudages étaient montés.

Maintenant, la seconde question qui se pose est celle de la rénovation ou de la reconstruction. Et ce n’est pas innocent : la reconstruction libère l’État de toute contrainte dans la forme ou les matériaux, la rénovation oblige. La presse aussi insiste, peut-être par hasard, sur la reconstruction, comme dans Sud-Ouest où l’on peut lire cette phrase :

Or, la structure du bâtiment a été sauvée, les plans existent, il doit être rénové. Ce qui oblige l’État à respecter certaines règles et à ne pas faire n’importe quoi. Je vous incite à lire cet excellent texte rappelant la situation de Didier Rykner dans la tribune de l’Art :

Et l’on appréciera aussi beaucoup l’intervention dans C dans l’air de Maryvonne de Saint Pulgent, rappelant que les concours internationaux et les « foires aux idées » doivent strictement entrer dans le cadre de la législation sur la rénovation, d’un bâtiment qui appartient à l’Eglise et celle-ci a donc son mot à dire, qu’une commission de spécialistes doit être consultée par le ministre de la Culture. Bref, ce n’est pas aussi simple pour Macron d’enfiler pour un instant le costume des bâtisseurs de cathédrales, sa souveraine volonté n’a pas ici de place.

Il reste à espérer que l’envie de marquer son temps et son besoin de trouver un « projet pour la France » cachant sa mission néolibérale ne permettront pas à Macron de terminer ce que le feu n’a pu réaliser : totalement défigurer Notre-Dame, en faire une caricature à touristes. C’est un travail minutieux qui se prépare, de longue haleine, qui n’a rien à voir avec les besoins médiatiques frénétiques d’un président en peine d’image.

Karine Bechet-Golovko

source:http://russiepolitics.blogspot.com/2019/04/notre-dame-des-interrogations-quant-la.html

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