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Les démocrates sont en mode autodestruction

Les démocrates sont en mode autodestruction

Paul Craig Roberts

Les démocrates sont incapables d’arrêter de se couvrir de ridicule. Thom Hartmann en est le parfait exemple. Il écrit pour Common Dreams et anime une émission de radio progressiste. Au cours du régime George W. Bush, j’étais souvent invité à son émission. Il n’était pas grave de dire la vérité sur les tromperies et les guerres d’agression illégales du régime Bush. En revanche, ma façon de dire la vérité sur les tromperies et les guerres d’agression illégales du régime Obama, me rendait indésirable à cette émission.
Hartmann, comme tous les autres [qui trempent dans la supercherie du RussiaGate], ne s’est jamais libéré de son sectarisme démocrate. Il affirme que le procureur général William Barr, qu’il qualifie de ‘général dissimulateur’, a étouffé les faits découverts par Mueller sur le RussiaGate. Hartmann donne l’impression de penser que Mueller a découvert toutes sortes de preuves accablantes contre Trump, mais que nous n’en saurons jamais rien, parce que Barr, « sans nous montrer ne serait ce qu’une phrase complète du rapport de Mueller, a décidé qu’il n’y a là aucun crime. » Hartmann accuse Barr d’« enterrer le rapport de Mueller et d’avoir sélectionné des bouts de phrases pour justifier le comportement de Trump. » Il dit à ses lecteurs que « les antécédents de Barr à faire ce genre de chose, pour aider les présidents républicains en bisbille avec la justice, explique pourquoi Trump l’a remis à la tête du Département de la Justice. »
Bien qu’il n’en sache rien, Hartmann accuse Barr de ne pas divulguer le rapport de Mueller. Au contraire, le résumé qu’en a fait Barr, montre clairement qu’il s’est aperçu que les lois fédérales ne permettent pas de rendre publiques certaines informations, mais que dès que le Département de la Justice les aura identifiées, le rapport sera publié.
Je sais que les démocrates sont déçus que Mueller ne leur présente pas la tête de Trump sur un plateau d’argent, mais ils ne sont tout de même pas stupides au point de croire l’histoire de complot du RussiaGate. Tout ce binz a été mijoté par le complexe militaro-sécuritaire, pour que Trump n’aille pas normaliser ses relations avec la Russie, et fasse ainsi disparaître l’ennemi qui justifie son budget annuel de 1000 milliards de dollars.
Avant d’écrire n’importe quoi comme il le fait, Hartmann aurait dû lire le résumé du rapport fait par Barr. Il cite des passages pris directement dans le rapport de Mueller : « L’enquête n’a pas établi que des membres de la campagne de Trump ont conspiré ou se sont organisés avec le gouvernement russe dans ses activités d’ingérence électorale. »
Toujours tiré du rapport de Mueller : « Les faits n’établissent pas que le président ait été impliqué dans un délit caché relatif à l’ingérence russe dans les élections. »
Incapables de surmonter leur déconvenue, les autres démocrates disent que, bien qu’affranchi de collusion dans le vol électoral, Trump n’a pas été blanchi d’entrave à la justice. C’est sans queue ni tête, même pour les démocrates. Puisque Trump n’a commis aucun délit, à quoi a-t-il bien pu faire obstruction ? À la preuve de son innocence ? De même qu’un crime exige le corps du délit, l’obstruction exige que quelque chose ait été empêchée.
Mais, pour les démocrates, corroborer les faits est chose barbante. Ils étaient persuadés que tous les mensonges racontés par eux et la pressetituée, figureraient dans le rapport de Mueller. L’équipe de Mueller était démocrate jusqu’au trognon, et ils se sont permis tous les coups tordus répertoriés pour tenter de compromettre Trump. Sauf que ce fut tout simplement impossible.
Les démocrates ne s’en remettront jamais, tout comme ils ne se sont jamais remis de l’affaire Iran-Contra. Pour Hartmann, il a été impossible d’évoquer les « dissimulations dans l’affaire RussiaGate » sans y mêler Ronald Reagan et la « dissimulation de l’affaire Iran-Contra ».

Affaire Iran-Contra
À quelle dissimulation fait-il allusion? L’administration Reagan ouvrit une enquête qui se poursuivit sous l’administration de George Bush senior. Elle aboutit à une douzaine d’actes d’accusation et de condamnations de hauts fonctionnaires, pas à de timides protestations, comme dans l’affaire de torture à Abu Ghraib. Parmi les condamnés figuraient le secrétaire d’État adjoint, Elliott Abrams, le conseiller à la sécurité nationale, Robert C. McFarlane, le conseiller à la sécurité nationale, John Poindexter, le chef des opérations spéciales secrètes de la CIA, Clair George, le chef du groupe de travail de la CIA en Amérique centrale, Alan D. Fiers, le major général de l’armée de l’air, Richard Secord, et lieutenant-colonel Oliver North.
Le secrétaire à la Défense, Casper Weinberger, fut inculpé mais gracié par le président Bush après qu’il ait été mis à l’épreuve et se soit montré digne de confiance. La condamnation de Poindexter fut cassée. North reçut la garantie d’immunité contre son témoignage. Par la suite, à l’exception du général Secord, les autres condamnés furent graciés par le président Bush.
Avec les précédents établis par les régimes George W. Bush et Obama, aucune enquête sur l’Iran-Contra ne serait possible aujourd’hui. Au 21ème siècle, les présidents des États-Unis ont réussi mettre à l’abri du Congrès leurs prérogatives de commandant en chef. À toutes fins utiles, l’amendement Boland est une loi tombée en désuétude.
L’affaire Iran-Contra, une combine impliquant Israël, visait à empêcher ce qui fut perçu comme une prise de contrôle communiste au Nicaragua et pour obtenir la libération des otages étasuniens détenus par le Hezbollah. L’illégalité de cette affaire est très inférieure au bombardement de la Serbie par le régime Clinton, à l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak par le régime W. Bush, au renversement de Kadhafi par le régime Obama, à la tentative de renversement d’Assad par les forces armées, au renversement des présidents élus démocratiquement du Honduras et de l’Ukraine par Obama, aux menaces du régime Trump contre l’Iran et à la tentative en cours visant à renverser le gouvernement démocratique du Venezuela.
L’affaire Iran-Contra date de trois décennies. Les gens ayant moins de 50 ans ne savent rien d’elle. Néanmoins, nous entendons la gauche libérale progressiste en parler plus que des très graves abus de pouvoir et des crimes de guerre de notre époque.

Paul Craig Roberts

Original : www.paulcraigroberts.org/2019/03/28/the-democrats-are-self-destructing/

Photo: William Barr, Donald Trump et Robert Mueller

Traduction Petrus Lombard

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