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La liquidation du siècle ébranlée au rythme des victoires syriennes

Par le Général Amine Htaite

Beaucoup a été dit sur ce que l’on appelle le « Deal du siècle », dont les détails n’ont pas été révélés de façon certaine, mais dont le contenu ou les objectifs ont été fuités aux médias ; et l’on connait approximativement les parties et les milieux concernés par sa mise en œuvre et qui, eux-mêmes, ne savent que ce qui est nécessaire, selon la fameuse règle de sécurité dite « savoir juste ce qu’il faut ». Si nous assemblons ce qui a été fuité et ce qui a été attribué à telle ou telle partie, nous pouvons  reconstituer le puzzle pour affirmer que ce soi-disant « Deal du siècle » n’est rien d’autre que le cadre de conduites et de mesures qui imposent aux Arabes la renonciation totale à leurs droits en Palestine et, à l’entité sioniste, la reconnaissance du droit d’y établir une nation juive, comme stipulé dans la Déclaration Balfour de 1917, mais en dépassant le plan de partage objet de la Résolution 181, la seule résolution sur laquelle se réfère Israël pour asseoir sa prétendue légitimité.

Ce que les Etats-Unis et Israël prétendent être un accord entre les Arabes et les Palestiniens d’une part et les Etats-Unis et Israël de l’autre, n’est en fait que la renonciation aux droits légitimes des Arabes qui se trouvent dépouillés de tout. Il ne s’agit même que de désistement et de concessions en faveur de l’occupant sioniste usurpateur. Et c’est parce que ce processus est ainsi fait qu’il est nécessaire d’appeler honnêtement et justement les choses par leur nom ; c’est la « Liquidation du siècle » et non le « Deal du siècle » que leurs médias essaient de promouvoir. Cette liquidation de la cause palestinienne est soumise aux conditions et aux normes israéliennes qui n’ont aucun égard au droit naturel ou légal ni à une quelconque règle du droit international.

Quelqu’un qui suit et examine les fuites ou ce qui a été révélé des mesures relatives au prétendu « Deal du siècle » n’a aucun mal à constater que ce processus est basé sur des principes fondamentaux.

  • ledealdusiecleLe premier : toute la Palestine est considérée comme étant un Etat pour les juifs et seule la bande de Gaza en est exclue. C’est dans cette exclusion que réside l’intérêt israélien pour pouvoir appliquer le « nationalisme de l’Etat » tel que nous le démontrerons.
  • Le deuxième : Jérusalem entière, aussi bien Jérusalem-Est que Jérusalem-Ouest, est pour Israël la capitale éternelle.
  • Le troisième : le déni total du droit au retour des Palestiniens et leur implantation dans les pays arabes où ils se trouvent, en particulier au Liban, en Syrie, en Jordanie et en Egypte ; tout en reconnaissant à Israël le droit de dénaturaliser quiconque n’est pas juif dans les terres colonisées en 1948 et en lui octroyant la possibilité d’accorder la résidence provisoire ou permanente sur « son territoire » ou de l’expulser après l’avoir dépouillé de ses droits à la citoyenneté.
  • Enfin, introduire Israël dans la structure organique du système régional, notamment sur les plans sécuritaire et économique, pour être aux avant-postes et diriger la région selon les orientations américaines et sous leur tutelle.

Pour l’exécution, les Etats-Unis ont fait le premier pas dans ce sens, en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en y transférant leur ambassade. Puis, le Knesset israélien a adopté la « loi nationaliste » discutée durant des décennies sans que personne n’ait osé l’entériner. Mais, après le lancement de la « liquidation du siècle » avec l’approbation arabe, en particulier celle de l’Arabie Saoudite, cette loi a été adoptée sans craindre qui que ce soit, bien qu’elle stipule ouvertement l’établissement d’un système de discrimination raciale bien pire que celui qui existait en Afrique du Sud au siècle dernier.

En outre, les Etats-Unis et Israël se préparent à tirer deux flèches empoisonnées contre la Palestine et la région. La première consiste à l’appel pour l’établissement d’une « alliance militaire » entre « Israël la juive » et les Etats arabo-musulmans, dénommée l’OTAN arabo-israélienne, afin de protéger le projet de liquidation face à la résistance, l’axe de la résistance en général et l’Iran en particulier ; une alliance qui réunit Israël et les Etats du Golfe, ainsi que l’Egypte et la Jordanie qui avaient signé des traités de paix avec Israël. La seconde est ce qui est appelée l’initiative de Netanyahu pour la bande de Gaza. Par cette initiative, l’ennemi cherche à remettre la bande de Gaza à l’Autorité palestinienne conformément aux accords préjudiciables d’Oslo, afin d’y instaurer le système de sécurité en vigueur en Cisjordanie et en faire un terrain de coordination sécuritaire avec Israël, aboutissant ainsi à la liquidation finale de la résistance armée palestinienne, à la déclaration de de la bande de Gaza Etat palestinien démilitarisé et à considérer tout Palestinien dans le monde citoyen de cet Etat, même s’il n’y est pas résident, afin d’anéantir les justifications légales de revendication du droit au retour. Il s’agit d’une initiative visant à réduire la cause palestinienne et à la restreindre à la bande de Gaza pour pouvoir l’étouffer et la liquider.

Il ne fait aucun doute que ce plan diabolique appelé le « Deal du siècle » a été soigneusement préparé et élaboré par de nombreux centres de pouvoir et de décision afin d’assurer son succès, mais sa réalisation exige l’existence de conditions essentielles qui ne peuvent être contournées. La première est l’approbation du peuple palestinien, la seconde est le silence de la résistance et sa non-confrontation, la troisième est l’assurance de l’arrêt de la résistance palestinienne et la quatrième est l’assurance du démantèlement de l’axe de résistance et le contrôle sur ce qu’Israël appelle le front nord pour empêcher toute explosion dans la région qui ramènerait les choses au point de départ et pourrait conduire à une guerre régionale ouverte que les Etats-Unis et Israël ne pourront terminer.

Ceux qui examinent les conditions requises pour la réussite de la « liquidation du siècle » constatent que leur réalisation est pratiquement impossible.

Commençons par la première condition : nous ne pouvons nier l’existence de Palestiniens qui acceptent cet accord et qui, par leur consentement, ne font que prolonger les concessions commencées à Oslo et qui ont porté un coup à la cause palestinienne, mais le climat palestinien dominant est favorable à la position populaire arabe majoritaire, attachée à l’intégralité de la Palestine et au principe de sa  reprise du Jourdain à la Méditerranée, ce principe affirmé par toutes les positions arabes et palestiniennes sans ambigüité. La confiance des Palestiniens en l’avenir et la revendication de leur droit à leur patrie en Palestine augmentent au rythme des défaites infligées aux agresseurs dans la région et en Syrie en particulier.

Quant à la seconde condition, il va sans dire que l’axe de la résistance a son propre projet pour résoudre la question palestinienne. C’est un projet que l’imam Khamenei propose depuis des années et qui est basé sur le principe de l’établissement d’un seul État palestinien dans lequel un citoyen est issu de cette terre ou est descendant de ses propriétaires légitimes, et les migrants et colons doivent quitter le pays et le laisser à son peuple qui choisira son État sans pression et sans oppression. Ainsi, la liquidation du siècle américano-sioniste n’a pas sa place dans l’esprit de l’axe de la résistance qui continuera à soutenir le peuple palestinien et à exiger toute la Palestine en travaillant dans ce sens, convaincue de sa restitution.

Pour ce qui est de l’arrêt de la résistance palestinienne, nous constatons la réponse simple et efficace en la créativité du peuple palestinien qui est passé par-dessus les prétendus leaders pour organiser son intifada, l’une après l’autre, puis ses manifestations et ses marches pour le retour qui, aujourd’hui, épuisent Israël moralement et psychologiquement, en plus des dommages matériels qui lui sont infligés et dont elle tient compte très sérieusement. La résistance palestinienne continue certainement et, pour s’en assurer, il n’y a qu’à écouter la jeune militante aux 17 printemps, Ahed Tamimi, promettant à Israël de continuer le combat et la résistance, alors qu’elle venait de quitter les geôles israéliennes après huit mois de détention.

Quant au coup fatal porté contre le projet de « liquidation du siècle », il se déroule en Syrie et est représenté par l’effondrement des agresseurs et des groupes terroristes devant l’armée arabe syrienne et ses alliés de l’axe de la résistance et avec eux la Russie. Sept ans durant, la Syrie a pu résister d’abord, puis contenir l’agression mondiale contre elle et ensuite contre-attaquer et libérer la terre syrienne et la réintégrer au sein de l’Etat. Elle en est aux derniers mois  de sa mission de libération et de nettoyage pour revenir au point géostratégique où elle se situait avant l’agression pour jouer plus efficacement le rôle stratégique qui lui est dévolu pour servir la Palestine et les causes arabes.

La victoire de l’axe de la résistance en Syrie a fait avorter le projet de la division de la région et a empêché sa reconfiguration sur une base raciale, ethnique et sectaire, faisant ainsi obstacle au passage de tout projet de liquidation de la cause palestinienne. En Syrie, il ne s’agissait pas seulement de faire face à la conspiration mondiale pour défendre la Syrie, mais aussi pour défendre la Palestine et toute la région. Par conséquent, celui qui gagne la principale bataille défensive ne permettra pas à l’ennemi de s’infiltrer par des portes dérobées pour imposer ses volontés, quelle que soit la somme des énergies et des efforts qu’il consent pour ce faire. Si Israël va à l’affrontement et ouvre le front nord, ce sera le désastre stratégique assuré pour l’entité sioniste qui peut certes commencer une guerre, mais ne peut la terminer. Par contre, et comme le lui a promis Sayed Hassan Nasrallah, l’axe de la résistance pourra la finir et changer la face de la région.

Par conséquent, ce qu’il faut maintenant, c’est avoir confiance en soi, confiance en notre victoire, car nous sommes les vainqueurs et nous sommes ceux qui décident du sort de la région. Les vaincus et leurs vassaux et outils n’ont aucun rôle à jouer dans la construction de cet avenir.

Article en arabe : http://www.al-binaa.com/archives/article/194199

traduit par Rania Tahar

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