Publicités
DES SÉNATEURS RÉTICENTS FACE À LA CANDIDATURE DU DIRECTEUR DE LA CIA

DES SÉNATEURS RÉTICENTS FACE À LA CANDIDATURE DU DIRECTEUR DE LA CIA

Mike Pompeo sera-t-il le secrétaire d’Etat américain?

Par 
Le candidat a déjà du souci à se faireLe candidat a déjà du souci à se faire

Sur la présence continue des troupes américaines en Syrie, Trump s’était heurté à plusieurs reprises à son ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson, partisan du statu quo et homme du sérail républicain pur et dur qui ne voit pas d’un bon oeil un Moyen-Orient où les Etats-Unis seraient «absents».

Le président américain Donald Trump qui accueille en grande pompe pour une visite d’Etat de trois jours son homologue français Emmanuel Macron déterminé selon la presse hexagonale à aborder les principaux sujets qui fâchent, notamment ceux du nucléaire iranien, de la présence en Syrie et des récentes décisions sur de nouvelles taxes imposées aux produits chinois, mais aussi européens, a beaucoup de soucis à se faire.

A propos de la présence continue des troupes américaines en Syrie, il s’était heurté à plusieurs reprises à son ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson, partisan du statu quo et homme du sérail républicain pur et dur qui ne voit pas d’un bon oeil un Moyen-Orient où la superpuissance occidentale serait «absente». Au bout du compte, le président Trump a eu raison de son contestataire, même s’il a dû quelque peu réviser sa copie après avoir annoncé à plusieurs reprises que les soldats américains «n’ont plus rien à faire en Syrie, puisque Daesh a été vaincu».

Faisant une nouvelle pirouette dont son invité a d’ailleurs tenté de tirer profit en claironnant urbi et orbi que c’est bien lui qui a convaincu Donald Trump de «rester en Syrie», il a donc consenti à s’accorder un délai avant d’ordonner le rappel des troupes mais, dans la foulée, il a choisi un homme susceptible de mieux coller à sa vision des enjeux et des défis que les Etats-Unis doivent gérer: le directeur de la CIA. C’est bien lui que le président Trump a désigné comme nouveau secrétaire d’Etat capable de tenir les rênes de la diplomatie américaine et, pour justifier son choix, il n’a pas trouvé mieux que de l’envoyer, la semaine dernière, discuter avec le leader nord-coréen Kim Jong-Un du sommet historique qui réunira les deux hommes en juin prochain dans un lieu encore «secret».

Or, cet homme, Mike Pompeo, est aujourd’hui confronté à un obstacle totalement imprévu dans le processus d’intronisation qui se déroule au niveau du Congrès, démarche obligatoire pour accéder à ce genre de fonction capitale. Des rumeurs de plus en plus crédibles ont fuité depuis la commission des Affaires étrangères du Sénat américain pour dire qu’un avis défavorable n’est pas à exclure pour cette candidature de Mike Pompeo au poste de secrétaire d’Etat.

En effet, il a contre lui non seulement tous les membres démocrates de cette commission qui lui reprochent son radicalisme droitier, mais le sénateur républicain Rand Paul est également hostile à sa habilitation. Et ce n’est pas un hasard si ce fils d’un congressiste républicain s’oppose à lui, comme il s’est toujours opposé aux élites conservatrices traditionnelles. Il professe des opinions très personnelles en réclamant une réduction de l’ingérence des autorités fédérales tant dans les affaires intérieures du pays autant que dans les événements internationaux. Hostile aux frappes en Syrie, il considère que «les Etats-Unis devraient bâtir leurs relations avec la Russie sur la base du respect mutuel.

Certains de nos alliés sont tellement enlisés dans l’époque de la Guerre froide qu’ils cherchent à corriger constamment le comportement de la Russie, mais ce n’est pas une très bonne idée», déclarait-il déjà en février 2014, dans une interview au Washington Post. Bien sûr, il a fait quelques concessions pour s’intégrer dans le moule traditionnel des Républicains mais il n’a pas perdu son franc-parler et son cavalier seul sur plusieurs questions nationales et internationales.

Si cette position annoncée se confirme lors du vote qui a lieu dans la soirée du lundi au mardi, M. Pompeo sera victime d’un retentissant game over, car l’avis de la commission n’est pas totalement décisif. Sur un plan strictement moral, il faut savoir qu’aucun candidat à ce poste de secrétaire d’Etat n’a, depuis un siècle, essuyé l’affront d’un avis défavorable de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain.
Ce qui revient à dire, dans ce cas de figure avéré, que sa nomination devant un Sénat convoqué au grand complet portera malgré tout les stigmates d’une réserve, voire d’une défiance, qui pèsera lourd durant l’exercice de son nouveau mandat.

Pour l’heure, nombre de sénateurs n’ont pas indiqué clairement leur intention de le soutenir alors que le président Trump n’a pas cessé de vanter ses qualités à travers de nombreux tweets, le dernier louant «ses qualités remarquables» et demandant au Sénat de «le confirmer au plus vite» parce qu’il «sera un grand secrétaire d’Etat». Des tweets que d’aucuns analysent comme la preuve d’une certaine anxiété du chef de la Maison-Blanche qui tient à garder auprès de lui son émissaire secret à Pyongyang pour des discussions capitales avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

 

Source : http://www.lexpressiondz.com/internationale/291183-mike-pompeo-sera-t-il-le-secretaire-d-etat-americain.html

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :