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Jean-Loup Izambert – 56 – 2/2

Jean-Loup Izambert – 56 – 2/2

Je vous présente aujourd’hui le tome 2 du livre 56 dont vous avez découvert le premier tome en septembre. Ce second tome est assez différent du premier. Le cadre reste le même, l’histoire parallèle de l’État français et de la guerre en Syrie, mais il se base sur une grille d’analyse bien particulière. Dans le tome 1, l’auteur avait analysé les réseaux djihadistes, leurs histoires et comment on pouvait retrouver leurs traces jusqu’aux plus hauts sommets de l’État français.

9782368451229_mediumCe second tome va s’attaquer à la légalité de ce qui s’est passé. Le droit international a été bafoué par les puissances occidentales depuis la chute de l’Union Soviétique et cette guerre en Syrie, après celle de Libye, aura été le sommet de ces forfaitures. Jean-Loup Izambert expose dans ce tome 2  les éléments factuels qui démontrent que ces deux guerres ont été planifiées. Il nous redessine le cadre historique et juridique du passage de l’exercice du pouvoir d’un « régime démocratique bourgeois essoufflé à un présidentialisme totalitaire ». Les derniers présidents auront fait ou laissé faire cette longue déliquescence, transformant la France en ce qu’elle est devenue, un État voyou. Une longue interview d’Alain Chouet, ancien officier, donne du corps à cette première partie, décrivant de l’intérieur comment fonctionne cette machine.

La France n’est pas seule dans cette galère. Un rapport transmis à l’ONU Crimes de guerre commis contre le peuple syrien met six pays en accusation : les États-Unis ; la Turquie ; le Qatar ; l’Arabie Saoudite, Israël et la France. À cette dream team, on pourrait sans doute ajouter nos amis britanniques jamais loin des bons coups. Depuis, deux pays ont plus ou moins changé de camp, le Qatar et la Turquie. Si, sur le plan juridique, il faut rester distant avec les éléments factuels pour que l’émotion ne submerge pas le droit, la description des atrocités est tout à fait insoutenable et rend d’autant plus inqualifiables les prises de positions droit-de-l’hommiste de ces fauteurs de guerre.

Le titre du livre tire son nom du décompte des principaux dirigeants français qui ont participé côté français à cette folie. Cinquante-six personnes, qui avaient pourtant reçu la confiance de la population, très loin de se douter de ce qui se tramait en son nom. Deux présidents, Nicolas Sarkozy et François Hollande, deux ministres des Affaires étrangères, Alain Juppé et Laurent Fabius, sont nommés et mis devant leurs responsabilités. Suivent des ministres de l’Intérieur, de la Défense, de la Justice, des directeurs de la police et des services secrets et d’autres hauts fonctionnaires qui ont tous eu la possibilité de démissionner mais qui ont choisi de rester et de participer pendant parfois des années à ces macabres manipulations.

Jean-Loup Izambert poursuit en reprenant l’historique de cette guerre, ses fake news, ses vrai-faux attentats chimiques devant justifier l’entrée en guerre de la coalition. Tout cela aura été couvert et amplifié par les médias dont les dirigeants et les « journalistes » auront aussi à répondre de ces crimes de guerre. Au delà du discrédit total de la France sur la scène internationale, dont la parole ne vaut plus que le mépris qu’elle inspire, cet acharnement atlantiste aura mené le monde au bord d’une troisième guerre mondiale, ce qui en soi devra être aussi mis sur la table quand on fera les comptes. Le dossier va peser très lourd sur les épaules de ces élites auto-proclamées dont la faillite totale aura durablement détruit le fragile équilibre construit pendant la Guerre froide.

Comme le premier tome, ce livre est très bien sourcé avec de nombreuses interviews, des citations venant d’une riche bibliographie mais aussi de documents officiels. Jean-Loup Izambert a fait un gros travail de vulgarisation et de synthèse pour appuyer son propos. Il évoque aussi longuement les conséquences à venir en France et en Europe de ces jeux de guerre au Moyen-Orient. La déroute de Daech et du front Al-Nosra-qui-fait-du-bon-boulot ne va pas se terminer là et nul doute que ces djihadistes vont maintenant venir jouer la seconde mi-temps sur le sol européen avec des attentats, des meurtres et autres exactions. La classe dirigeante responsable de ce bordel sera bien à l’abri, planquée derrière la police et les hauts murs de la République pendant que la population laissée à elle-même en payera le prix fort. Gageons que le travail de l’auteur, ce livre et bien d’autres de la part d’avocats dans divers pays permettront d’arrêter cette machine infernale et que les responsables de haut niveau paieront pour leurs crimes.

Le livre se termine sur une note plutôt positive sur la Syrie. Malgré tout, la vie démocratique aura fait son chemin sous les bombes. Une nouvelle Constitution est déjà en place. Elle a été trempée dans le sang et le courage de tous les Syriens qui se sont battus face à un ennemi que beaucoup croyaient invincible. En se sauvant, ils auront aussi sauvé beaucoup de choses jusqu’en Europe où, en cas de défaite, il est peu probable que ce genre de livres aurait trouvé son  chemin jusqu’à nous. Vous pourrez y lire l’interview d’une députée syrienne, Mariah Saadeh, qui donne un éclairage lucide des événements qui ont secoué son pays.

Je vous laisse enfin sur l’article 60 de la Constitution syrienne : La moitié au moins des membres de l’Assemblée du peuple doivent être des ouvriers et des paysans.

 Hervé

Source: le Saker Francophone

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