Par IvoireBusiness – CPI. Le communiqué de presse de Mme. Fatou BENSOUDA ou la tentative pathétique d’un Procureur aux abois…, Par Dagbo Raphaël.

Dagbo Raphaël.

Le 5 octobre 2017, Madame Fatou BENSOUDA Procureur de la CPI a publié un communiqué de presse sous la pression des révélations de MEDIAPART et d’autres journaux. Ces révélations qui ne nous surprennent en rien mettent gravement en cause la CPI avec des preuves difficilement contestables en ce qu’elle a fait du faux et usage de faux pour obtenir l’arrestation, la détention et le procès contre le Président Laurent GBAGBO et Charles BLE Goudé. Que retenir de ce communiqué de presse ?

Madame le Procureur nous fait d’abord état de son inquiétude. « Je considère ces allégations avec inquiétude et les prends très au sérieux». C’est bien le moins qu’on puisse dire. Nous ajouterons que le « je » du Procureur est totalement inapproprié. Ce n’est pas Madame BENSOUDA qui nous intéresse dans ces agissements corrompus et iniques. C’est bien l’institution CPI qui est complètement en porte à faux dans sa mission de rendre la justice en identifiant clairement les véritables responsables des crimes et leurs complices. C’est précisément parce que les fondements du procès qui est conduit à la Haye sont corrompus qu’il n’y a rien d’autre à faire que de l’interrompre immédiatement au moins par respect pour les victimes.

Ensuite Madame le Procureur affirme avoir pris des mesures conservatoires à l’encontre de certains de ses propres auxiliaires. « J’ai pris des mesures conservatoires pour protéger les intérêts de l’Office et de la Cour. » Là aussi, Madame le Procureur est totalement « hors sol ». Nous nous autorisons à lui rappeler que ce que révèle les médias, c’est précisément que « son Office et sa Cour » détiennent Laurent GBAGBO sans aucun mandat d’arrêt et au terme d’une compromission politico-haineuse entre la CPI qu’elle sert et l’Etat français. Il nous semble que sa tâche à ce poste de Procureur devrait consister plutôt à protéger la Vérité pour servir les victimes et non une institution qui a
complètement erré de toute évidence. Poursuivant, le Procureur nous dit avoir recadré son prédécesseur M. Ocampo. « J’ai personnellement exprimé ma position à M. Ocampo et lui ai demandé en termes non équivoques de s’abstenir de toutes déclarations…»

Nous sommes ici en pleine hallucination. Voilà une auxiliaire de justice, et pas des moindres, qui dit chercher la VÉRITÉ. Elle demande ensuite à la personne la plus informée de la forfaiture ayant conduit Laurent GBAGBO et BLE Goudé en détention de se taire. Tout cela, elle le fait tranquillement aux mépris des sept ans d’emprisonnement de ces détenus pourtant présumés innocents au regard de la loi. En d’autres termes, Madame le Procureur veut protéger « sa vérité » et non la VERITE judiciaire au terme de laquelle Laurent GBAGBO et Charles BLE Goudé auraient dû être libres depuis longtemps déjà. Enfin, Madame Fatou BENSOUDA nous fait état de l’objectivité et de l’impartialité avec lesquelles les informations révélées par les médias et qui concernent ses propres collaborateurs seront évaluées. «Les allégations seront évaluées de manière objective et impartiale ».

Nous serions presque tentés de la croire s’il ne s’agissait pas de la même CPI qui a déporté le Président Laurent GBAGBO hors de tout cadre
juridique. Nous aurions cru Madame le Procureur de la CPI s’il ne s’agissait pas de la même Fatou BENSOUDA qui a tenté d’utiliser des faits concernant le Kenya pour alourdir les accusations contre le Président Laurent GBAGBO. Le monde entier a découvert au fil du procès que ce dossier
était désespérément vide. En sept ans bientôt, nous avons appris à comprendre que dans la bouche de Madame le Procureur de la CPI les mots ont le sens contraire de celui qu’ils ont dans le dictionnaire.

Au total, ce communiqué de presse du 5 octobre 2017 dont l’objectif était peut être d’essayer de sortir la tête de l’eau fonctionne clairement comme une preuve supplémentaire d’un Procureur aux abois qui nage en eaux troubles. L’institution CPI titube sur du sable mouvant. La solution de prudence qui s’impose désormais à elle c’est de libérer au plus vite Laurent GBAGBO et Charles BLE Goudé puis de repenser totalement son rapport à la corruption et à l’influence funeste des grandes puissances politiques.

Par Raphaël DAGBO
Enseignant /chercheur en relations internationales option études
stratégiques et politiques de défense.

NB : Le communiqué de Presse que nous avons consulté (traduction en français) est la version qui figurait encore sur le site de la CPI jusqu’à 23h le jeudi 19/10/2017 et qui, pour des raisons que nous ignorons, a été modifié dans la forme depuis.

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