Emile Guiriéoulou-

L’actuel président de l’AssembléeGuillaume Soro  envisage de se rendre à la Haye pour demander pardon  à Laurent Gbagbo, comme il l’a annoncé à son retour de mission en Europe.

« Pour ma part je veux ici même encore demander pardon  aux Ivoiriens pour ce que j’ai pu faire, les fautes que j’ai pu commettre, les offenses que j’ai pu faire à ce peuple qui a tant souffert. Je demande pardon. Je prends aussi l’initiative aujourd’hui d’aller demander pardon à mes aînés Henri Konan Bédié, au Président Alassane Ouattara et même au PrésidentLaurent Gbagbo ; toutes les fautes que j’ai pu commettre, mon entourage ou certains parmi mes partisans ont pu commettre à l’endroit des uns et des autres, j’irai demander pardon et me réconcilier avec chacun d’entre eux spécifiquement », avait-il déclaré devant la presse à sa descente d’avion.

Une déclaration qui continue de susciter des réactions et des observations tant dans le camp des partisans de Laurent Gbagbo  que de celui de Ouattara.

Après Damana Pickass, c’est l’ex ministre de l’intérieur du gouvernement Aké N’Gbo Gilbert, Emile Guiriéoulou qui réagit également depuis Accra où il exilé depuis 2011.

Dans un texte publié ce jeudi dans un media proche de l’ex président ivoirien et dont KOACI.COM a pu se procurer copie via ses réseaux, il fait le décryptage de cette importante déclaration du chef du parlement ivoirien.

« Concernant la demande de pardon  aux Ivoiriens, je ne vois dans cette déclaration aucune demande de pardon. Parce que quand on demande pardon de façon sincère, c’est qu’on reconnait avoir commis une faute ou fait du tort à quelqu’un. Or ici, Soro Guillaume ne reconnait aucune faute. Il ne dit pas « JE DEMANDE PARDON AUX IVOIRIENS POUR LES FAUTES QUE J’AI COMMISES ». Il dit plutôt demander pardon pour les fautes et offenses que lui et ses partisans « ONT PU COMMETTRE ». Il y a nuance importante », fait il observer avant de poursuivre. « C’est d’ailleurs pour cela qu’il fait référence aux Evangiles. En substance, ce qu’il veut qu’on comprenne c’est que lui, Soro Guillaume, n’a rien fait de mal à quelqu’un mais, comme il est magnanime et homme de paix, il est prêt à demander « ENCORE »pardon s’il se trouve des personnes qui lui reprocheraient quelque chose ; ceci afin que « son offrande », certainement pour 2020, ait grâce aux yeux de Dieu. »

Pour le cadre de l’ouest du pays,Guillaume Soro a déjà bouclé tout le scénario du pardon  et de la réconciliation avec ses aînés et s’explique :

« J’irai demander pardon et me réconcilier avec chacun d’entre eux spécifiquement.». Il n’offre aucune initiative à ces aînés. Ce qu’il attend d’eux c’est d’accepter telle quelle sa demande de pardon  et de se réconcilier chacun avec lui », ajoute –t-il avant d’interroger sur le cas de son mentor. « Pourquoi quand il s’agit du Président Laurent Gbagbo, monsieur Soro Guillaume dit« MEME GBAGBO » ?

Pour lui, ce message que l’ex premier ministre veut transmettre est que pour, « SA réconciliation » ce dernier est prêt à « consentir tous les sacrifices » y compris celui « suprême » d’aller demanderpardon Rechercher pardon à Gbagbo, « le dictateur, le criminel »pour reprendre des termes dont il est familier », rappelle-t-il.

« J’estime que ces déclarations médiatisées de monsieur Guillaume Soro  le sont à des fins de communication pour polir son image et tenter de se rapprocher des partisans du Président Laurent Gbagbo  au moment où il est en difficulté avec son mentor Alassane Ouattara et le RDR. Le Président Laurent Gbagbo a dit « un homme quand il marche, il laisse des traces ». Celles de monsieur Soro Guillaume sont si fraîches qu’elles ne sauraient s’effacer par de simples déclarations dont le manque de sincérité frappe aux yeux à mille lieues. Ce serait une insulte à la mémoire et aux souffrances des nombreuses victimes de ces traces à travers la Côte d’Ivoire, dix années durant, dont les gendarmes de Bouaké, les danseuses d’adjanou de Sakassou, les victimes de Duékoué-carrefour, Guitrozon, Petit-Duékoué, Nahibly, Fengolo, Zouan, Béoué, Doké, Zou, Dah, Soumahé, Gbohobly, Toulepleu-village, Anonkoua-Kouté, Sago, Sinfra, Korhogo, », souligne le président de la coordination du Front Populaire Ivoirien en exil, avant de conclure.

« Non, la réconciliation est un sujet de survie de la Côte d’Ivoire en tant que nation. Et ce n’est certainement pas Soro Guillaume, l’homme utilisé par Ouattara pour déstructurer notre beau pays qui peut servir de canal acceptable par tous. Nous n’avons pas oublié que c’est bien avec lui que Laurent Gbagbo  aura avalé toutes les potions amères dans la recherche effrénée de la paix et de la réconciliation pour son pays, avant d’être payé comme il l’a été et déporté à la Haye », a conclu Emile Guiriéoulou.

 

Donatien Kautcha, Abidjan

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