La conspiration du « Pipelineistan » : le gaz n’a jamais été la cause de la guerre en Syrie


Par Paul Cochrane

La théorie selon laquelle la guerre en Syrie est une bataille par procuration opposant deux propositions de pipelines qui traverseraient le pays pour rallier la Turquie puis l’Europe ne tient pas debout

Six ans après le début d’un conflit qui a tué au moins 400 000 personnes, il est largement admis que l’effusion de sang en Syrie n’est qu’une énième guerre portant sur les ressources énergétiques du Moyen-Orient.

Selon cette théorie, cette effusion de sang est une bataille par procuration opposant deux propositions de pipelines qui traverseraient le pays pour rallier la Turquie puis l’Europe.

Alors qu’aucun pipeline n’a quitté les planches à dessin, ou même qu’aucun n’a jamais été réaliste, cela n’a pas atténué la popularité de cette théorie censée expliquer la cause fondamentale du conflit syrien.

Le premier pipeline, qui serait soutenu par les États-Unis, va du Qatar à la Syrie en traversant l’Arabie saoudite et la Jordanie. Le deuxième est un pipeline prétendument soutenu par la Russie allant de l’Iran à la Syrie en passant par l’Irak.

Le président syrien Bachar al-Assad, dit-on, a rejeté le pipeline qatari en 2009 à la demande de Moscou, souhaitant s’assurer de ne pas compromettre la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe.

Par conséquent, affirment certains commentateurs, les États-Unis et leurs alliés européens et du Golfe, y compris le Qatar, ont décidé d’organiser une rébellion contre Assad afin de s’assurer que leur rêve de pipeline devienne réalité en lieu et place de l’option iranienne. La Russie a alors soutenu la Syrie afin de garantir la prédominance de ses propres intérêts énergétiques. L’Iran est également un allié du régime actuel à Damas.

Ces affirmations ont été soutenues à plusieurs reprises : le média qatari Al-Jazeera a été le premier à lancer le concept de « guerre du Pipelineistan » en 2012.

Même la revue de l’establishment américain Foreign Affairs et le journal The Guardian ont repris la théorie, qui a encore gagné du terrain en 2016 dans un article de Robert Kennedy Jr. et qui a été défendue – entre autres – par Jill Stein, ancienne candidate du Parti vert à la présidence des États-Unis.

L’idée a été relancée après les bombardements américains en Syrie en avril. Il s’agissait alors, disait-on, d’une nouvelle « preuve » du désir de Washington d’évincer Assad et de permettre à l’Europe de diversifier ses importations afin de réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe.

Bien que les États-Unis coopèrent secrètement avec des alliés du Golfe contre le régime d’Assad, le contrôle des ressources énergétiques et des réseaux de pipelines en Syrie ne constituait pas une préoccupation principale.

Pourquoi ? Premièrement, la chronologie est mauvaise. Les agissements secrets contre la Syrie ont commencé sous l’administration George W. Bush, en 2005, bien avant l’offre qatarie présentée prétendument à Damas en 2009.

« Nous pouvons observer une action américaine contre le régime syrien bien avant la naissance de l’idée de ce pipeline », explique Justin Dargin, chercheur spécialiste de l’énergie à l’Université d’Oxford.

Deuxièmement, les hypothèses des pipelines ne reflètent pas la réalité de la façon dont l’énergie est transportée à travers le Moyen-Orient au XXIe siècle et les obstacles rencontrés par les propositions de pipelines, dont beaucoup ne se concrétisent pas. Même le gazoduc arabe, dont la deuxième phase a été lancée en 2005, est embourbé dans divers problèmes.

Robin Yassin-Kassab, auteur de Burning Country: Syrians in Revolution and War, explique que la théorie du Pipelineistan ignore également la façon dont le conflit a commencé et les premiers mois de la révolution.

« Comme toutes les théories de la conspiration, elle se nourrit de l’absence de contenu et de connaissance approfondie du pays », écrit-il.

1. La demande nationale

En 2009, la Syrie a annoncé une politique qui a peu attiré l’attention au-delà de ses frontières à l’époque. La « Stratégie des quatre mers » avait pour objectif de transformer le pays en une  plate-forme de transit de gaz entre le Golfe, la mer Noire, le Caucase et la Méditerranée en élargissant le réseau de 6 300 kilomètres de gazoducs et d’oléoducs qui traverse le pays et en exploitant le gazoduc arabe.

Le gazoduc arabe n’est pas un élément essentiel du discours sur le Pipelineistan, mais il reflète bel et bien les problèmes rencontrés lorsqu’il s’agit d’établir des pipelines dans la région.

Sur les planches à dessin depuis près de vingt ans, le gazoduc arabe a commencé à être construit en 2003. Pour un coût prévu d’1,2 milliard de dollars, il devait parcourir 1 200 km depuis l’Égypte, puis rejoindre la Jordanie et la Syrie avant d’atteindre la Turquie. Il y aurait alors été relié au pipeline Nabucco, un projet de gazoduc censé exporter du gaz vers l’Europe.

Un élément clé du projet de gazoduc arabe était l’idée que l’Égypte achemine du gaz en Syrie et en Jordanie. La Syrie aurait utilisé le gaz égyptien puis rempli le pipeline avec du gaz de ses propres gisements septentrionaux avant de l’envoyer vers le nord.

Lorsque la guerre a éclaté en Syrie en 2011, la dernière phase du gazoduc arabe – le tronçon entre Alep et Kilis, en Turquie – était en cours de réalisation : sa construction n’a jamais été achevée. En fait, des problèmes se sont posés avec le pipeline, qui a coûté 1,5 million de dollars par kilomètre, avant même le début du conflit.

Jim Deacons est un consultant en énergie écossais qui a travaillé sur le gazoduc arabe en Syrie, notamment sur la conception de la phase finale du projet.

« Quand je suis parti [de Damas en 2010], il n’y avait pas assez de gaz acheminé via la Jordanie, affirme-t-il. Les Égyptiens étaient pris au piège sur la question du gaz. Ils n’avaient pas assez de gaz à exporter même s’ils avaient signé des contrats à droite et à gauche, ce qui les a aussi empêchés de respecter leurs obligations. »

La production de gaz en Égypte est passée de 6,2 millions de mètres cubes par jour en 2010 à 2,3 millions de mètres cubes en 2011. Le gazoduc arabe a été fermé en 2012 suite à des attaques terroristes contre le pipeline dans le Sinaï et en raison du besoin croissant de gaz en Égypte pour la consommation nationale ; son activité n’a pas repris.

Sans suffisamment de gaz, le gazoduc arabe est devenu une vieillerie. « En effet, tout ce projet portait sur l’exportation de gaz de l’Égypte vers l’Europe, explique Deacons. Mais en réalité, il n’y en aurait jamais eu assez pour que cela vaille la peine. »

Le problème qui a affecté le gazoduc arabe – à savoir un manque de gaz –  affecterait également tout projet de pipeline iranien vers la Syrie.

« L’Iran essaie depuis longtemps de développer son gisement South Pars [dans le golfe Persique], précise Dargin. Toutefois, des obstacles conséquents se présentent, notamment en Iran, où il existe des théories concurrentes sur la nature des plans de développement qui devraient être prioritaires. Une idée consiste à utiliser le gaz à l’échelle nationale, car les Iraniens rencontrent beaucoup de problèmes pour répondre à leurs propres besoins. »

En effet, l’Iran ne pouvait pas satisfaire ses propres besoins en gaz avant même la signature d’un accord avec Damas en 2011.

« Tout ce qu’il faut retenir, c’est qu’alors que la Syrie parlait activement du gaz en provenance d’Iran, Téhéran importait du gaz d’Azerbaïdjan pendant les mois d’hiver », explique Deacons.

« Cela discrédite vraiment la théorie d’un accaparement du gaz. L’idée que l’Iran fournirait du gaz à la Syrie était une absurdité absolue et c’est ce que j’ai dit [à l’époque] au ministre syrien [de l’Énergie]. »

2. La pièce manquante du puzzle

La viabilité du gazoduc arabe au-delà de la Syrie dépendait également de Nabucco, une autre proposition de pipeline destinée à diversifier les importations de gaz en Europe.

Cette idée, lancée en 2002 par un consortium de compagnies énergétiques européennes et turques, devait coûter plus de 10 milliards de dollars. Le projet devait acheminer 31 millions de mètres cubes de gaz naturel par an sur un parcours d’environ 3 000 km de l’Asie centrale à Baumgarten (Autriche) via la Turquie. Mais en 2009, Nabucco n’avait toujours pas démarré et le coût estimatif de la construction s’était envolé à plus de 25 milliards de dollars.

Huit ans plus tard, Nabucco n’a pas encore progressé en raison du coût phénoménal et des politiques en jeu. « Lors de conférences sur l’énergie, Nabucco est encore soulevé. Mais c’est comme « Où est Charlie ? ». C’est extraordinaire. »

Le gazoduc de Nabucco serait essentiel pour les deux pipelines concurrents, qui auraient besoin de s’y rattacher pour que le gaz atteigne l’Europe. Mais s’il est vrai que la Russie était opposée à Nabucco et à l’idée d’un pipeline qatari, ce n’est pas suffisant pour constituer une raison du conflit, indique Dargin. « On a un mobile, une victime, mais pas d’arme du meurtre. Il n’y a pas de preuve. »

En outre, la Russie avait réussi à contrecarrer Nabucco en 2007 en annonçant son projet de gazoduc South Stream, qui devait éliminer la Turquie en traversant la mer Noire pour atteindre la Bulgarie et rejoindre l’Europe.

Le projet a été annulé en 2014 en raison de problèmes politiques avec l’Union européenne.

Moscou a ensuite proposé le projet Turkstream en 2014, qui était de nouveau censé traverser la mer Noire, mais en passant ensuite par la partie européenne de la Turquie. Il a été annulé après qu’un avion de chasse russe a été abattu par la Turquie en novembre 2015.

Si les deux projets sont retournés au stade des prévisions, en particulier Turkstream, aucun ne pouvait transporter le gaz iranien ou qatari à travers la Turquie.

3. Aucune offre qatarie à Damas

Le discours des pipelines, à partir de 2013, évoque souvent le refus par Damas d’une offre qatarie prétendument formulée en 2009 pour construire un pipeline. Cette partie de l’histoire repose sur des déclarations de diplomates anonymes dans un article de l’Agence France-Presse daté de 2013 au sujet d’une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et le Saoudien Bandar ben Sultan.

Le cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani (à droite), alors émir du Qatar, et la cheikha Mozah bint Nasser al-Missned (à gauche), première dame du Qatar, accueillent le président syrien Bachar al-Assad et son épouse Asma à l’aéroport de Doha en 2010 (AFP)

« En 2009, Assad a refusé de signer un accord avec le Qatar pour un pipeline terrestre allant du Golfe à l’Europe via la Syrie en vue de protéger les intérêts de son allié russe, qui constitue le premier fournisseur de gaz naturel de l’Europe », indique le rapport.

« Il n’y a pas de sources crédibles qui montrent que le Qatar a ne serait-ce qu’approché la Syrie en 2009 et a été repoussé au cours de ce processus, indique Dargin. Je ne dis pas que cela n’a certainement pas eu lieu, mais plutôt qu’il n’y a pas de preuve qui étaie cette affirmation. »

Des experts syriens soutiennent également la réfutation de Dargin, soulignant l’essor des liens économiques et politiques entre Doha et Damas.

« L’absurdité est que les relations entre le régime d’Assad et les Qataris ont été excellentes jusqu’à l’été 2011, explique Yassin-Kassab. Assad et son épouse et le couple royal qatari étaient également représentés comme des amis personnels. »

Bien que depuis fin 2011, Assad ait pu reprocher à plusieurs reprises au Qatar de soutenir les « terroristes », il n’a jamais déclaré publiquement que le soutien qatari aux rebelles portait sur un futur pipeline.

« Un aspect important dont nous ne parlons pas est que le gouvernement syrien n’a jamais dit que les Qataris se battaient pour un pipeline ; le fait qu’Assad n’en ait jamais parlé est révélateur en soi », affirme Jihad Yazigi, rédacteur en chef du site web Syria Report spécialisé dans l’économie.

4. La connexion Moscou-Téhéran

Ensuite, il y a l’autre partie du puzzle du Pipelineistan – le pipeline Iran-Syrie, également connu sous le nom de « pipeline islamique ».

« Il est question du pipeline islamique depuis des années, explique Yazigi. Il y a eu des mémorandums d’accord précontractuels, mais jusqu’en juillet 2011, il n’y a pas eu de signature officielle [entre la Syrie et l’Iran]. On ne peut soutenir qu’il s’agisse là d’une raison sérieuse pour détruire tout le pays. »

Bien que le projet ait été opportun sur le plan politique, celui-ci ignorait les réalités économiques et énergétiques. Premièrement, le projet a été estimé à 10 milliards de dollars, mais on ne savait pas qui allait payer la note, d’autant plus que Téhéran était – et est toujours – soumis à des sanctions américaines et internationales, tout comme la Syrie, depuis 2011.

Deuxièmement, l’Iran ne dispose pas des capacités pour exporter des quantités importantes de gaz. Les sanctions l’empêchent d’accéder aux technologies américaines avancées qui lui permettraient d’exploiter le gaz de South Pars qui borde le Qatar.

L’idée que la Russie aurait forcé Damas à opposer son veto à un pipeline qatari en faveur d’un pipeline iranien revient également à ignorer une autre réalité : Moscou et Téhéran sont des concurrents énergétiques potentiels.

« La concurrence pour l’accès au gaz dans la région ne se joue pas entre le Qatar et l’Iran, mais entre la Russie et l’Iran », explique Yazigi.

« Ceux qui détiennent la plus grande part du marché européen sont les Russes, et ils veulent assurer cette domination. Ce sont eux qui doivent craindre les Iraniens. »

Malgré les discussions sur la façon dont les guerres de pipelines permettraient à l’Europe de se diversifier vis-à-vis du gaz russe, les exportations russes de gaz vers l’Europe ont atteint un niveau record en janvier 2017.

En décembre 2016, le négociant de matières premières Glencore et le Qatar Investment Authority, le fonds souverain du pays, ont acquis une participation de 19,5 % dans Rosneft, la compagnie pétrolière d’État russe, pour un montant de 11 milliards de dollars.

Résultat : le Qatar a obtenu un accès plus facile au marché européen que ce que n’importe quel pipeline traversant la Syrie aurait jamais pu lui offrir.

5. La géopolitique rend le projet utopique

Le pipeline iranien devrait traverser l’Irak. Mis à part les problèmes liés à la construction d’infrastructures dans une zone de conflit, les projets visant à acheminer du gaz sur une courte distance de l’Irak à la Syrie n’étaient même pas viables en 2009.

Deacons affirme que les Irakiens étaient des observateurs du projet de gazoduc arabe et qu’il a également évoqué l’idée de faire venir le gaz d’Irak en franchissant l’Euphrate avec l’ambassadeur de l’UE en Irak.

« Mais tout s’est enlisé dans la politique. Et l’infrastructure irakienne a été si mal entretenue et tellement détruite qu’elle aurait dû être reconstruite et pas seulement réparée. »

« Un énorme investissement en infrastructure était nécessaire avant même d’apporter des pipelines. »

La politique allait également avoir un impact sur les projets qataris.

Ce que Dargin explique en ces termes : « Un tel pipeline aurait dû traverser le territoire saoudien, ce qui aurait peut-être été un obstacle encore plus grand que la Syrie, dans la mesure où Riyad a bloqué et entravé de nombreuses propositions de pipelines régionaux. »

En effet, au milieu des années 2000, l’obstruction saoudienne a poussé les planificateurs à redessiner les itinéraires du gazoduc Dolphin, qui achemine du gaz du Qatar vers les Émirats arabes unis. Les trois pays sont membres du Conseil de coopération du Golfe.

« L’Arabie saoudite a mis de nombreux obstacles sur la route sous-marine du gazoduc Dolphin car il aurait franchi ses frontières maritimes, précise Dargin. L’opposition saoudienne a été la principale raison pour laquelle nous ne voyons pas de pipeline entre le Qatar et Bahreïn ou le Koweït. »

En effet, l’opposition saoudienne aux gazoducs qataris a été si forte que Doha a changé sa stratégie en optant pour le gaz naturel liquéfié (GNL) à la place de pipelines de gaz sec.

Par conséquent, Doha est devenu le premier exportateur mondial de GNL sur les quinze dernières années. Le Qatar a investi plus de 11 milliards de dollars dans une flotte de transport maritime de GNL indépendante de l’infrastructure fixe de pipelines et peut transporter du GNL n’importe où. Les marchés du gaz à plus forte croissance se trouvent en Asie : ces pays sont en particulier le Japon, la Chine, la Corée du Sud et l’Inde.

Le GNL est également une option plus concurrentielle que l’acheminement de gaz sec en Europe, où la demande de gaz est stable et où les prévisions sont moins optimistes par rapport à l’Asie et au Moyen-Orient même.

« Avec l’infrastructure existante, le Qatar n’a pas assez de gaz à vendre à l’Europe via un pipeline car la plupart des contrats sont actuellement dirigés vers l’Asie et à long terme, et que la demande au Qatar augmente », explique, Naser Tamimi, expert indépendant qatari en énergie.

« Un pipeline doit être justifiable sur le plan économique et garantir la demande des acheteurs sur le long terme pour rembourser son coût. »

« Le maintien du pipeline et le versement de frais de transit aux pays hôtes, dans le scénario le plus optimiste, coûteraient entre 7 et 9 dollars par British Thermal Unit (BTU) pour atteindre l’Europe. Le GNL est moins cher, atteignant, même sans le scénario le plus extrême, 5 à 5,50 dollars par BTU. »

Ces facteurs convergent tous pour rapprocher de l’ordre de l’impossible les propositions qataries et iraniennes.

« Si la Syrie et l’Irak se stabilisent et si les relations politiques avec l’Arabie saoudite et l’Irak s’améliorent […] alors on pourrait, après tout cela, penser à un pipeline », résume ainsi Tamimi.

« Mais en fin de compte, c’est une utopie. »

Paul Cochrane | 27 mai 2017

Paul Cochrane est un journaliste indépendant basé à Beyrouth, où il vit depuis 2002. Il couvre le Moyen-Orient et l’Asie centrale pour des publications spécialisées, des magazines économiques et des journaux. Ses travaux ont été diffusés dans plus de 70 publications, dont Reuters, Money Laundering Bulletin,Accountancy Futures, Commercial Crime International, Petroleum Review etJane’s. Après avoir passé sa scolarité en Grande-Bretagne et aux États-Unis, il a obtenu une maîtrise en études du Moyen-Orient à l’Université américaine de Beyrouth.

Traduit de l’anglais (original) par  MEE

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