Temer au bord de la destitution sur fond de corruption et d’obstruction à la justice

Par James Petras, RT

Les rats quittent le navire – La Bourse chute de 10%

RT – 25 mai 2017

 « Le propriétaire d’une des plus grosses entreprises d’exportation de viande de bœuf dans le monde est en train de témoigner contre le président du Brésil, Michel Temer, et ceci montre bien le niveau qu’a atteint l’insatisfaction publique » dit James Petras, de l’université de Binghamton.

La capitale du Brésil est en ce moment la proie de troubles violents, avec la police utilisant des gaz lacrymogèbnes, des balles de caoutchouc et des jets de poivre pour disperser les manifestants.

La cause de ces débordements est la politique de l’actuel président Michel Temer, au pouvoir depuis le coup d’État de l’été dernier qui a renversé la présidente élue Dilma Roussef.

Ses principales promesses avaient été de combattre la corruption et d’améliorer la situation économique en difficulté du Brésil. Mais l’économie n’arrête pas de se dégrader et la corruption a échappé à tout contrôle.

Le mécontentement public a éclaté la semaine dernière, quand Temerr s’est retrouvé personnellement au centre d’une importante affaire de corruption.

RT – Beaucoup de gens, au Brésil, réclament la destitution du président Temer. Cela a-t-il des chances de se produire ?

James Petras – Je pense que c’est très probable. C’est une question de temps, quelque chose entre quelques semaines et quelques mois, mais Temer est en route pour la sortie. Selon l’opinion de la plupart des gens, il s’est emparé illégalement du pouvoir. Il l’a pris en faisant destituer la présidente élue. Il est embarqué dans une offensive de privatisations tous azimuts qui lui aliène les nationalistes. Le chômage a doublé au cours des quatre derniers mois. Il est profondément impliqué dans des scandales de corruption qui touchent aussi plusieurs ministres de son gouvernement, ses plus proches soutiens au Congrès. Je pense que la combinaison des problèmes de corruption, des problèmes sociaux, à commencer par le chômage, des problèmes économiques, et le fait qu’il ne soit pas un président élu, sans oublier qu’il a été capable de manipuler le Congrès pour obtenir la destitution de Dilma Roussef, je pense que tous ces facteurs, ajoutés au scandale de la corruption, ont fini par provoquer un retour de bâton. Je ne pense pas qu’il ait derrière lui plus de 10% de l’électorat.

RT – La semaine dernière, une bande audio a été publiée, où il discutait d’un paiement « pour réduire un témoin au silence » [chantage ? ndt]. Cela a-t-il été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour ceux qui veulent qu’il s’en aille ?

James Petras – L’enquête de corruption est en cours. Je crois qu’il faut prendre en compte le fait que le témoin principal a enregistré son entretien avec Temer et que la personne concernée est un des plus importants capitalistes du pays, qui dirige une entreprise d’exportation de viande de bœuf d’une importance mondiale. Le fait qu’il témoigne contre Temer sur base de son expérience personnelle pèse lourdement. Le fait que beaucoup des plus ardents soutiens de Temer sont en train de sauter du navire et qu’il n’a pas de véritable parti en dehors du cercle étroit de ses familiers pèse aussi très lourd. Je crois que c’est, pour lui, la fin de la route. Je crois qu’il tient encore parce qu’il dispose du soutien de grands groupes financiers internationaux… il a pour lui beaucoup des membres de la classe riche impliquée dans les opérations de Bourse, mais il n’a personne d’autre. Je pense que cela ne suffit pas pour se maintenir au pouvoir. Plus tôt il s’en rendra compte, plus tôt on pourra se tourner vers ce qui remplacera Temer, et là, ce sera une bataille avec le Congrès, où les forces conservatrices ont la majorité. À moins qu’elles ne s’ouvrent à une nouvelle élection, auquel cas, le centre-gauche, le Parti des Travailleurs, peut avoir une forte chance de faire élire un nouveau président.


La Bourse a fermé, après que l’Index ait plongé de 10%. RT a interrogé le Dr. Francisco Dominguez, qui dirige les Études latino-américaines à l’université du Middlesex.

RT – Beaucoup de monde au Brésil réclame la destitution du président Temer. Est-ce envisageable et comment ?

Francisco Dominguez – Le gouvernement est en train d’imploser et le niveau de corruption est tout simplement incroyable. Les Brésiliens sont terriblement en colère. On leur a volé leur droit électoral en destituant, par un coup d’État, la présidente qu’ils avaient élue. Les gens qui avaient destitué Dilma Roussef en prétendant combattre la corruption sont eux-mêmes absolument corrompus. Le niveau de corruption a véritablement atteint des niveaux incroyables. Les gens de l’entourage de Temer, tous, y compris Aecio Neves, le candidat qui avait disputé la présidence à Dilma Roussef, sont eux-mêmes au centre d’une grave affaire de corruption. Des gens sont arrêtés, des gens sont emprisonnés et les sommes d’argent évoquées par les médias ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Il y a peu de chance pour que le gouvernement survive, violences ou pas violences. Le mouvement de protestation gagne tous les jours en puissance, et les gens, cette fois, ne se satisferont de rien d’autre que de nouvelles élections. Directes.

RT – 25 mai 2017

Article original : https://www.rt.com/op-edge/389714-economy-curruption-braz…

Traduction:  c.l. pour Les Grosses Orchades

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