Manchester, le MI6, Al-Qaïda, Daesh et les Abedi


Cet attentat est généralement interprété comme la preuve que le Royaume-Uni n’est pas impliqué dans le terrorisme international et qu’au contraire, il en est une victime.

Salman Abedi est né au Royaume-Uni d’une famille d’immigrés libyens. Il s’est rendu plusieurs fois en Libye au cours des derniers mois, avec ou sans son père.

Ce dernier, chez qui il vivait, Ramadan Abedi, est un ancien officier des services de Renseignement libyens. Il était spécialisé dans la surveillance de la mouvance islamiste, mais deux décennies plus tard n’a pas observé que son fils avait rejoint Daesh.

En 1992, Ramadan Abedi fut retourné par le MI6 britannique et participa à un complot de la Couronne visant à assassiner Mouamar Kadhafi. L’opération ayant été éventée, il fut exfiltré par le MI6 et transféré au Royaume-Uni où il obtint l’asile politique. Il se fixa en 1999 à Whalley Range (sud de Manchester) où réside la petite communauté islamiste libyenne du Royaume-Uni.

En 1994, Ramadan Abedi retourna en Libye pour le compte du MI6. Il participa, fin 1995, à la création du Groupe islamique combattant en Libye (GICL), branche locale d’Al-Qaïda, aux côtés d’Abdelhakim Belhaj. Le GICL fut alors chargé par le MI6 d’assassiner Mouamar Kadhafi contre 100 000 livres sterling. Cette opération, qui elle aussi échoua, provoqua de vifs débats au sein des services de Sa Majesté, dont la démission de notre ami David Shayler.

De nombreux « anciens membres » du GICL ont également vécu à Whalley Range, dont l’ami des Abedi, Abd al-Baset Azzouz. En 2009, ce dernier rejoint Al-Qaïda au Pakistan et devient un des proches de son chef, Ayman al-Zawahiri. En 2011, il participe au sol à l’opération de l’Otan contre la Libye. Le 11 septembre 2012, il dirige l’opération contre l’ambassadeur des États-Unis en Libye, J. Christopher Stevens, assassiné à Benghazi. Il est arrêté en Turquie et extradé aux États-Unis, en décembre 2014, où il attend son procès.

On ignore si, en 2005, Ramadan Abedi a rejoint les membres du GICL pour former Al-Qaïda en Irak et si, en 2011, il participa à l’opération du MI6 du « printemps arabe » et au rôle de soutien au sol du GICL auprès de l’Otan. Quoi qu’il en soit, il s’installa en Libye à la chute de Kadhafi et y transféra sa famille, laissant ses grands enfants dans la maison familiale de Whalley Range.

Selon l’ancien Premier ministre espagnol, José María Aznar, Abdelhakim Belhaj participe aux attentats de Madrid du 11 mars 2004. Plus tard, il est secrètement arrêté en Malaisie par la CIA et transféré en Libye où il est torturé non pas par des fonctionnaires libyens ou états-uniens, mais par des agents du MI6. Il est finalement libéré lors de l’accord entre Saif el-islam Kadhafi et les jihadistes. Durant la guerre de Libye, Belhaj qui est exilé au Qatar, rejoint la Libye dans un avion de l’émir et commande les opérations au sol en lien avec l’Otan. Le 28 juillet 2011, il organise d’assassinat du général Abdelfattah Younès qui prétendait avoir rejoint les « rebelles », mais auquel il reprochait d’avoir commandé la lutte contre le GICL dans les années 90. En septembre 2011, Belhaj est nommé gouverneur militaire de Tripoli par l’Otan. En 2012, secondé par l’Irlandais Mahdi al-Hatari, il créé l’Armée syrienne libre, puis revient à nouveau en Libye. Le 2 mai 2014, il est reçu au Quai d’Orsay. En décembre 2013, à la suite de la découverte dans les archives de la Jamahiriya arabe libyenne d’une lettre de l’ancien chef du MI6, il lance une procédure à Londres contre le Royaume-Uni pour l’avoir enlevé et torturé neuf ans plus tôt. Les services secrets britanniques placent alors illégalement ses avocats sur écoute et seront finalement contraints de détruire ces enregistrements. Selon le procureur général d’Égypte, Hichem Baraket, en mai 2015, Belhaj devient le principal leader de Daesh en Afrique du Nord ; information reprise par Interpol. Belhaj installe trois camps d’entraînement de Daesh en Libye à Derna (dans l’ancienne propriété d’Abd al-Baset Azzouz), à Syrte et à Sebrata. En octobre 2016, il ouvre à Londres une nouvelle procédure à propos de son enlèvement et de ses torture, cette fois nominativement contre l’ancien directeur du MI6, Sir Mark Allen.

Daesh a revendiqué l’attentat de Manchester, mais sans qualifier Salman Abedi de « martyr ». Après l’attentat, Ramadan Abedi a déclaré son hostilité au jihad à des journalistes qui l’ont joint par téléphone. Il a également affirmé que son fils prévoyait de passer le mois de ramadan avec lui en Libye et qu’il était persuadé de son innocence.

source: http://www.voltairenet.org/article196454.html

 

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