Côte d’Ivoire : Nicolas Tenzer contre la libération de Gbagbo, Patrice Dama lui répond !!!


Dans une publication du journal Le Monde, en ligne, du mercredi 10 mai 2017, M. Nicolas Tenzer a plaidé pour le maintien de Laurent Gbagbo à la CPI. Patrice Dama, spécialiste de la Côte d’Ivoire et Consultant à Afrique Sur 7, dénonce la vision de la justice qu’il trouve particulièrement étroite de ce fonctionnaire français, président du Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique (CERAP).

Nicolas Tenzer « Gbagbo ne doit en aucun cas être libéré »

 M. Nicolas Tenzer veut que Laurent Gbagbo continue de croupir en prison pour la crédibilité de la CPI. La démarche des dirigeants africains, lesquels brandissent la menace de quitter cette cour de justice s’ils ne sont pas entendus sur le cas Gbagbo, ne serait donc qu’une demande d’un ticket à l’impunité.

Et donc comme ça il existe en France un individu du nom de Nicolas Tenzer qui s’inquiète de l’avenir de la justice dans le monde ? L’on aurait pu croire en un naïf angélisme de cet homme, mais non, ne préside pas qui veut l’Initiative pour le développement de l’expertise française à l’international et en Europe (IDEFIE). Ce dernier connait forcément le monde dans lequel il cherche à imposer un peu plus la voix de son pays. Il ne se serait donc pas risqué à évoquer Gbagbo s’il n’avait pas sa petite idée derrière la tête.

Le propos de Nicolas Tenzer résume bien ce côté du français qui exaspère la nouvelle génération d’ Africains. Cette arrogance, cette indélicatesse doublée d’une grande dose de prétention n’a plus à être tolérée . Si tel est que M. Tenzer se soucie de l’état de la justice dans le monde, qu’il commence par demander à Nicolas Sarkozy de payer sa dette à la société. Avec ses nombreux soucis judiciaires, sa condamnation éventuelle pourrait rendre la justice plus forte. Ce dernier avait fait larguer des bombes sur la résidence de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo en toute impunité. La résolution 1975 de l’ONU utilisée pour justifier ce coup de force de Licorne n’a jamais confirmé la lecture qu’en a fait Sarkozy. M. Tenzer pourrait aussi plaider pour la lecture du droit sur ce cas précis, la justice ne s’en portera que mieux.

Nicolas Tenzer a-t-il déjà encouragé la CPI à enquêter sur la provenance des armes qui ont servi aux rebelles ivoiriens entre 2002 jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo ? Une opposition armée a brûlé la Libye. La provenance de leurs armes et sur la base de quel droit elle a bénéficié de l’aide de la France, peut aussi permettre au monde d’avancer vers plus de justice.

Qu’auraient dit les Français si les jeunes de Banlieues avaient été armés par un autre pays en 2005 ? Ils semblaient pourtant bien énervés et déterminés à en découdre avec l’autorité. Ces enfants se sentaient surtout exclus dans ce pays. C’est ce même prétexte qu’avaient trouvé légitime les dirigeants français qui se vantent aujourd’hui encore d’avoir mis sur un même pied d’égalité des rebelles et le pouvoir de Gbagbo à Lenas Marcousis…

Parce que c’est Gbagbo, parce que c’est un Africain, Fatou peut mettre la charrue devant les boeufs ?

M. Tenzer savait-il que cette fameuse CPI avait demandé à sa procureure Fatou Bensouda, la négresse qu’on utilise pour châtier ses congénères, d’aller chercher de vraies preuves d’un procès contre Gbagbo ? Si tel est que celles dont elle disposait n’étaient pas suffisantes, pourquoi M. Gbagbo n’a-t-il pas eu droit à une liberté provisoire ? Un accusé est pourtant présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. Pourquoi a-t-on maintenu Gbagbo en prison près de 5 ans avant l’ouverture de ce procès en forme de cirque géant auquel assiste le monde ?

Mais qu’est-ce qui permet à cet individu, écrivain comme un certain Bernard-Henri Lévy, des pseudo-visionnaires sans aucune vue, de trouver logique que Laurent Gbagbo demeure dans les cordes de la CPI alors que les grands témoins censés le confondre l’ont tous innocenté chacun après l’autre ? Et que Fatou nous fait son cinéma avec des hommes qui n’ont rien vu, rien attendu et donc qui ne savent rien de ce qu’a pu faire ou non Gbagbo ? Si Gbagbo n’a pas fui les bombes de la rébellion – France – ONU, pourquoi fuirait-il la CPI en cas de liberté conditionnelle ? Pourquoi des chefs d’État qui sont partenaires de la Côte d’Ivoire du Pr Ouattara prendraient-ils le risque de le voir fâché avec eux en adoptant cette posture ?

L’Africain est-il condamné à attendre qu’un Tenzer vienne lui dire qui il a droit de prendre comme symbole ou qui est son bourreau ? Des dizaines de millions d’Africains sur le continent et ailleurs dans le monde se tromperaient donc en plaidant la cause de Gbagbo ? Pas M. Nicolas Tenzer ?

Les tribunaux pour les présidents africains

Laurent Gbagbo n’a pas à rester en prison juste pour la crédibilité de la CPI. M. Tenzer devrait s’occuper de la suite que va donner la justice de son pays aux innombrables affaires Bismuth, Libye, Bettencourt, Bygmalion dans lesquelles est empêtré Nicolas Sarkozy. Si lui peut être intouchable, alors les dirigeants africains peuvent vouloir leur part d’impunité que le ciel ne se décrochera pas.

Des journalistes qui tronquaient à souhait l’histoire de la Côte d’Ivoire sont aujourd’hui aussi découverts que les incohérences de la CPI. Cette cour miroite au monde une justice qu’elle n’a aucun moyen de lui offrir. Lorsque la Russie, les USA ou encore Israël seront membres de la CPI, les dirigeants africains n’auront plus de raison de déserter ce tribunal auquel ils n’auraient jamais dû adhérer. Pour l’heure, le média qui a publié ce papier (pute à clics) savait qu’il ferait bourdonner rien qu’en utilisant le nom de Laurent Gbagbo. Sinon que croit-il que va nous faire l’avis de M. Nicolas Tenzer, un homme du système français ?

Patrice Dama, spécialiste de la Côte d’Ivoire et Consultant à Afrique Sur 7.

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