Comment expliquer la bi-nationalité ou la multi-nationalité du Juif ?

Publié le 6 avril 2017 – par

Suite à mon dernier article diffusé sur Riposte Laïque et titré : « Le cri lancinant et vain de la Shoah », quelques lecteurs ont trouvé le besoin de pointer du doigt certains juifs dont Soros, Attali, Cohn-Bendit que l’on ne peut traiter d’antisémites… À mon avis, ils en ont omis plusieurs, car l’antisémitisme au sein de quelques juifs est notoire, j’en parle dans ma dernière étude « L’origine non-biblique du peuple juif aux sceptiques ». Il s’agit bien sûr d’une minorité, mais nul d’entre nous ne l’ignore, ni ne peut contester ses méfaits.

http://ripostelaique.com/le-cri-lancinant-et-vain-de-la-shoah.html

Un autre lecteur a critiqué ma bi-nationalité que je vais essayer d’expliquer. Je suis née au Maroc après la seconde guerre mondiale. De mon temps les juifs vivaient dans des Mellahs, sorte de ghettos que les souverains musulmans marocains avaient érigés pour y parquer leurs juifs, ou pour les protéger. En matière de protection, il s’avère que ces Mellahs ne suffisaient pas puisqu’en dépit de leurs ceintures de remparts, il y eut des pogroms et des conversions forcées à l’Islam – Une description méticuleuse du juif dhimmi se trouve dans mes œuvres sur le Maroc (Il était une fois… Marrakech la Juive, et La Chasse à l’arc-en-ciel).

Lors de ma naissance, et ayant refusé le sein de ma mère, celle-ci n’eut d’autre alternative que de se rendre chez les sœurs catholiques pour solliciter leur aide… Elle avait sciemment omis de mentionner qu’elle est juive. Les sœurs m’avaient prise sous leur aile me baptisant Marie-Thérèse.

Toute notre vie au Mellah s’est déroulée sous l’égide de la crainte du musulman. Dès l’ouverture des portes du Mellah, ils circulaient librement dans les rues du quartier juif, dûment armés de leurs k’miah (glaive) en bandoulière, qu’ils n’hésitaient pas dégainer à la moindre occasion, ou à toute amorce de dispute. Nous avions, en quelque sorte, développé une stratégie défensive pour vivre à leur côtés… Tous n’étaient pas mauvais… Il y en avait même de très bons dont je me souviens avec nostalgie. Mais alors, pourquoi avons-nous quitté le Maroc ? Il faut noter ici en passant que le Maroc abritait une des plus grandes communautés juives du monde.

« C’était d’abord cette impression de non-appartenance, cette peur de s’aventurer le soir en dehors du Mellah sans être accompagné d’un ou deux hommes. C’était ce besoin de se coller aux murs, de devenir transparent lorsque des émeutes éclataient et qu’elles menaçaient de se répandre et de couvrir le meurtre accidentel des juifs, parce que les juifs représentaient toujours les proies les plus tentantes, les boucs émissaires préférés, et l’histoire nous offre bien des exemples. Les juifs des pays arabes vivaient sur leurs valises… Une vérité que nul ne peut contester. Avaient-ils tort ? De toutes les grandes communautés juives des pays arabo-musulmans, il ne reste plus de juifs – 1500 à peine au Maroc.

Mais il faut attendre les guerres d’Israël pour comprendre que les juifs du Maroc et de tous les pays arabo-musulmans, vivent perpétuellement sous l’épée de Damoclès. Dès que la guerre entre Israël et les pays arabes a éclaté, les juifs furent tous contraints de se barricader. Le roi du Maroc, qui n’ignorait pas cette haine patente du juif, avait intelligemment dispersé ses soldats à tous les coins des rues…
Cela n’empêcha pas quelques énergumènes de caillasser les demeures de juifs… Au Maroc, il y eut très peu de dégâts, assez pourtant pour convaincre la population juive qu’il était largement temps de prendre leur destin en main et de partir. La nationalité marocaine fut mise de côté et remplacée par celle française, canadienne, américaine ou israélienne.

J’avais choisi l’israélienne.

Bon choix ou mauvais choix, nous fûmes tous à notre arrivée prévenus que la terreur et les guerres ne manquaient pas et qu’il fallait lutter pour ce lopin de terre hérité de nos ancêtres – l’unique refuge du peuple juif. Il n’existe pratiquement pas de famille en Israël qui ne compte pas de soldats morts durant les guerres, ou de civils sous la terreur.

La terreur est quelque chose que nous prenons en compte quotidiennement, là où nous nous trouvons, là où nos pas nous guident. Les sorties organisées par les écoles de nos enfants, sont aussi un gros problème, et très souvent, les parents sont appelés à se rallier à ces excursions…

Dans un sens nous avions gagné une identité, une nation, mais il fallait payer cher pour ces privilèges et pour les conserver. Pas tous n’étaient prêts à ce sacrifice et donc, quelques uns décidèrent de tenter leur chance ailleurs. Mon époux choisit le Canada et c’est là que je compris que le panorama du juif ne changerait jamais ailleurs qu’en Israël. Au Canada, les soldats canadiens étaient postés aux portes des synagogues les jours des fêtes… Et les juifs vivaient majoritairement dans des quartiers peuplés de juifs… Une autre nationalité qui ne signifiait plus rien, puisqu’elle se heurtait à notre identité ethnique.
Les juifs ne sont pas des juifs français mais bien des français juifs… Il faut les voir se battre pour leur patrie la France pour comprendre l’erreur. S’ils fuient la France, ce n’est surement pas par carence de nationalisme ou de patriotisme, mais bien par crainte d’une répétition de l’histoire. Nous savons tous qu’il existe au sein des Français, des antisémites auxquels s’amalgament, des musulmans, Français tout frais. L’identité juive par nécessité, a repris le dessus. Le juif français n’est donc plus considéré français, mais juif d’abord.

Mais attendez, ce n’est pas fini. Cela va devenir le cas des Français non musulmans. Les Français, les européens ont ouvert démesurément leurs portes à une invasion islamique… Tant qu’il s’agissait d’une minorité, les chefs d’état pouvaient la superviser, l’intégrer et même l’amadouer… De nos jours, elle possède tous les composants qui l’aident à devenir en l’espace de quelques années seulement une majorité… Alors, le Français, l’européen, qu’il soit athée, chrétien ou juif, ne pourra plus trouver sa place dans son pays natal….

Réfléchissez bien à ce problème, il se trouve juste au tournant…

Thérèse Zrihen-Dvir

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Riposte laïque.com

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