Des guerres et du sang pour les beaux yeux d’Israël

Le sujet n’est pas politiquement correct. Alors mettons directement les pieds dans le plat. Très peu de nos concitoyens savent à quel point les intérêts de ce petit état moyen oriental dicte notre politique militaire, mais aussi sociale et économique -entendez celle de « l’occident »-, c’est à dire de la France, de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique

Si par exemple, nous avons mis la Russie de Vladimir Poutine sous embargo et avons perdu un partenaire économique de premier plan, ce n’est pas pour la promotion de la démocratie ukrainienne, mais pour une question d’influence politique et d’intérêts stratégiques. Vladimir Poutine s’opposait à une intervention militaire en Libye, et s’oppose à l’éviction de Bachar El-Assad en Syrie, deux projets activement soutenus par l’Etat Juif, comme Tsahal vient de le montrer récemment en détruisant des cibles de la coalition Iran-Syrie-Hezbollah sur le sol syrien. Officiellement, la Russie et Israël ne sont pas des états en guerre. Mais en géopolitique, il y a des plaques tectoniques, les évènements du dessus ont leurs raisons du dessous.

 

Un peu d’Histoire géopolitique.

 

On sait que la guerre Iran-Irak – un million de mort selon les estimations hautes- était activement alimentée en sous main par les « américains » dans le but que les frères ennemis s’entretuent le plus longtemps possible. Cette version effroyable et terriblement cynique est racontée par des diplomates ayant eu fenêtre sur le conflit dans un documentaire historique diffusé sur la très sérieuse Arte.

 

Cette politique, est aujourd’hui celle du Likoud, le parti d’extrême droite au pouvoir en Israël. Elle a consisté ces dernières années à abattre tous les « dictateurs laïcs » non alignés des pays arabes sous prétexte d’opérations de libération « Freedom Irak », de « printemps arabes », au nom de la « démocratie », pour leur substituer des guerres civiles ethnico religieuse fratricides -Sunnites contre Chiites- dans lesquelles les ennemis d’Israël étaient encouragés à s’anéantir mutuellement. Effets secondaires bénéfiques : des juteux contrats d’exploitation des matières premières, d’armement ou de reconstruction au bénéfice de multinationales ; une immigration massive et artificielle qui constituera une main d’œuvre docile dans les pays de destination, principalement l’Europe ; et la création du fameux « terrorisme islamique » qui déborde largement les frontières moyen orientales et permet de justifier une politique anti musulmane dans le monde, mais aussi les « frappes préventives » de l’Etat Hébreux sur ses voisins. C’est pourrait-on dire « l’économie de la guerre » au moyen Orient telle qu’elle a été menée en France par le Ministre des affaires étrangères Laurent Fabius sous François Hollande – Souvenez vous de la phrase désormais célèbre du ministre « Le front Al Nostra fait du bon boulot ». Politique à laquelle Nicolas Sarkozy a souscrit avec la guerre en Libye, et qui avait été récusée auparavant par Jacques Chirac et Dominique de Villepin – le célèbre discours à l’ONU, qui aura accessoirement signé la fin de sa carrière politique. Politique menée comme on le sait par Bush père et fils et Barak Obama, à laquelle Donald Trump semble être opposé, ce qui pourrait être la cause première de ses problèmes d’impopularité auprès du « système » et de la presse inféodée. Qui s’oppose à cette politique dont Israël est le fer de lance fera l’objet d’un « média bashing ».

 

Une politique menée depuis longtemps…

 

Les américains finançaient Al-Qaïda, « la base », des moujahidin pour combattre les russes sur le sol Afghan dans les années 70-80 suivant une stratégie théorisée par l’ancien conseillé de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski, dans un livre de référence « le Grand Echiquier ». Objectif : créer une ceinture islamique autour de l’ennemi russe pour le repousser « roll back » sur sa face orientale, pendant que du côté occidental on tenterait de retirer l’Ukraine, « état pivot » stratégique, de sa zone d’influence. Sans l’Ukraine la Russie ne serait plus un pays Européen ce qui était le but recherché. Dans son livre Brzezinski affirmait que la Russie n’accepterait jamais de voir sortir l’Ukraine de sa zone d’influence et qu’il fallait ménager ses susceptibilités. L’objectif étant bien sûr de parvenir à lui damer le pion en opérant de manière habile à plus ou moins long terme. Intéressant de remarquer également dans ce livre que les états européens – France comprise – sont nommés « états vassaux » des Etats-Unis et le Japon « protectorat américain ». Les termes ne sont pas utilisés de manière polémique, mais avec un souci d’exactitude du point de vue de la science politique, puisque c’est le conseiller du président américain Jimmy Carter qui l’écrit, alors qu’il est à la retraite avec le désir de faire œuvre utile pour les générations futures.

 

Dans la continuité de cette politique qui n’a jamais cessé malgré les fameux attentats dit du 11 septembre, les années 2000 voient naitre « Daech » au moyen orient. Avec un acronyme qui sonne comme une marque de lessive, un nouveau groupuscule terroriste ultra violent constitué d’extrémistes religieux sincèrement fanatiques mais aussi de petits délinquants de banlieue, de simples immigrés désoeuvrés, déçus de l’immigration vont faire joujou avec des fusils d’assaut pour de l’argent frais qui abonde des pétro monarchies sunnites. L’existence de ce spectre promu et mis en scène par les médias l’état islamique ou encore « EI », permet à Israël de justifier sa politique de frappes préventives sur à peu près tous ses voisins dans un contexte ou le droit international vient enrayer ses visées expansionnistes et enfin, mais pas des moindres, de fabriquer l’ennemi musulman dans l’esprit de l’opinion publique occidentale. Samuel Huntington théorisera cette menace avec son « Choc des civilisations », un livre profondément malhonnête et médiocres mais néanmoins promus dans tous les médias. Pour les besoins de sa théorie, Huntington nous explique qu’il y aurait sept ou huit civilisations sur Terre, -retenez vous de rire-, les brésiliens constitueraient une autre civilisation que la notre… On est effaré quand on lit l’ouvrage qu’une telle bêtise ait pu prospérer et être l’objet de vifs débats dans les médias les plus sérieux. Comment un livre aussi fantaisiste a-t-il pu trouver un écho ? Eh bien parce qu’il reprend le cantique de ce petit Etat moyen oriental qui détermine notre politique et dispose de relais très solidement installées dans les chairs du pouvoir aussi bien en France qu’aux Etats-Unis d’Amérique.  En fait l’auteur confond malhonnêtement et sciemment les mots « civilisation » et « culture ». On le comprend, un livre intitulé « le choc des cultures » n’aurait pas rameuté foule.

 

Si nous ne croyons pas au concept de « choc des civilisations » avec une prétendue civilisation musulmane qui aurait des aspirations différentes des nôtre, nous ne sommes pas en train d’affirmer pour autant comme certains qui ont le gout de l’intrigue, que le Mossad pose des bombes. Le billard est un jeu qui se joue à trois bandes, il en va de même de la stratégie géopolitique. Nous affirmons néanmoins que nos interventions militaires ou stratégiques dans un certain nombre de pays arabes (Irak, Libye, Syrie) ont eu pour conséquence directe des guerres dans lesquelles ont été mutilées des millions de famille, créant ainsi de véritables pouponnières de terroristes qui, une fois financés et armés, allaient répandre la terreur islamique sur la planète entière. Par la force de ces attentats, Israël qui aurait dû ne rester qu’un micro état relativement insignifiant entouré de pays hostiles est devenu au fil des ans un « allier » incontournable au centre du jeu géostratégique planétaire. D’un point de vue géopolitique en soixante ans Israël parvenait ainsi à se placer au centre du monde.

 

En France, après les attentats de Charlie Hebdo le slogan « je suis Charlie » vient remplacer opportunément le « nous sommes tous palestiniens ».

Netanyahou, le premier ministre d’extrême droite Israélien déclare « maintenant la France est au coude à coude avec Israël ». Entendez, maintenant la France vit dans la même réalité qu’Israël. Il convient de décoder le message : on vous avait prévenu, c’est arrivé. N’allez donc plus manifester en scandant « nous sommes tous palestiniens » quand nous tuons collatéralement des enfants palestiniens dans la bande de Gaza. Vous voyez maintenant à qui nous avons à faire. Venez donc entonner « je suis Charlie » avec nous. Les français choqués par les attentats, rabattus et manipulés par les médias allaient scander en masse « Je suis Charlie » place de la République. Pour la plupart d’entre eux très peu conscients de la signification profonde de cette profession de foi au nom de la liberté d’expression. Vu que Charlie Hebdo c’était fait une spécialité d’insulter la religion des musulmans, aller scander « je suis Charlie » signifiait « moi aussi je revendique le droit d’insulter ta religion au nom de ma liberté d’expression ». Si la guerre des civilisations n’existait pas, tout était fait pour lui donner forme. Les Julien Dray et autres tenants de l’SOS racisme passaient avec une facilité déconcertante de « touche pas à mon pote » à « mon pote est un terroriste ». Le musulman après avoir été invité, excusé et assisté par le socialiste de la gauche mitterrandienne devenait le bouc émissaire responsable de tous les problèmes de la société française et le « terrorisme islamique » le sujet numéro un rabâché à longueur de journée par nos médias et par conséquent par nos marionnettes politiques en quête d’électorat facile. Des romanciers comme Houellebecq donnaient un coup d’accélérateur à leurs carrières en « chiant sur les musulmans » pour reprendre les mots de l’auteur. Tout le monde désormais était invité à cracher sur le musulman aux heures de grandes écoutes, et en premier lieu sur les chaines du « sevice public ». Cette campagne de haine était promue par les même médias de « gauche » qui promouvaient auparavant l’immigration et vous invitent aujourd’hui à l’accueil des réfugiés Syriens au nom du principe de solidarité en vous montrant pour la cause des photos d’enfants morts sur nos rivages méditerranéens. Je nomme à titre d’exemple le très pervers « Libération » propriété de Patrick Drahi. Une opération rondement menée sur trente ans. Si nos élites politiques de « gauche » et de « droite » ont une vision à 5 ans de ce que sera leur politique, l’état profond qui les finance fait lui ses plans sur des périodes de temps beaucoup plus longue que ces intermèdes électoraux insignifiants puisque c’est toujours lui qui gouverne.

 

Il est possible de faire un dessin qui synthétise la situation dramatique qui a été fabriquée en France ces vingt dernières années par la presse subventionnée avec votre argent. Imaginez une scène de corrida telle que représentée habituellement sur les bonne vieilles gravures : voyez à la place de la grosse bête à corne épuisée et ensanglantée, les yeux mi clos, le « français de souche », comme on l’appelle. Je vous laisse deviner qui tient l’épée et mène la dance, avec son beau costume de lumière. Et qui est le chiffon rouge que l’on agite sous les yeux de la bête. Le taureau avec la cocarde bleu blanc rouge va-t-il charger le toréador en habit de lumière ou le chiffon rouge avec un croissant jaune ? Nul ne le sait, mais la pauvre bête est au milieu de l’arène, jeu de toutes les spéculations.

 

J’accuse cette presse subventionnée de nous abreuver de haine et de nous conditionner à la guerre. J’accuse Libération, La Parisien, Le Monde, Le Figaro, Le Journal du Dimanche, les échos, TF1, France Télévision, BFMTV, de distiller le mensonge avec notre argent en construisant jour après jour une opinion publique « anti musulman », « anti russe », et on l’a vue dernièrement « anti chinois », pour préparer le terrain à la guerre contre des prétendus ennemis, qui sont d’abord les ennemis d’Israël : les pays arabes musulmans, la Russie, et bientôt, la Chine. Emmanuel Macron, ex Rothschild, n’a-t-il pas pour programme de rétablir le service militaire ? La petite mesure à 15 milliards d’euros de ce candidat -qui a emprunté des millions aux banques pour financer sa campagne sans que ça n’émeuve personne – fait rire aujourd’hui et suscite les moqueries. Elle n’est pourtant pas anodine dans le contexte belliqueux dans lequel nous sommes entraînés et pourrait bien faire pleurer beaucoup de monde demain. Tout cela évidemment constitue la politique des « progressistes » et des « démocrates ». Car la guerre parfois doit être faite au nom de la paix comme nous l’explique Zbigniew Brzezinski dans Le Grand Echiquier. C’est le glaçant « La guerre, c’est la paix » de 1984, le livre d’anticipation de Georges Orwell qui décrit l’Etat totalitaire moderne. On y est. « Vos restrictions de liberté, c’est votre sécurité » entend-on aujourd’hui. Et vous êtes d’accord, n’est ce pas ?

 

Ceci pour conclure qu’il est peut-être urgent que nos intellectuels –je parle de ceux qui ne sont pas totalement inféodés au système et même de ceux qui le sont- prennent leurs responsabilités et fassent preuve d’un peu de courage, d’un minimum d’humanité sinon de justice, ou bien tout cela risque de très mal se terminer. C’est l’avenir des générations futures qui est en jeu, probablement l’avenir de nos enfants. Si vous pensez que je suis un oiseau de mauvais augure, ou un vulgaire polémiste « conspirationniste », révisez votre histoire. Pas seulement celle qui est enseignée dans les manuels scolaires. Je ne crois pas comme Hannah Arendt à l’existence d’un mal absolu qui n’aurait pas de cause et ne souffrirait pas d’explication. L’Histoire et les grands évènements humains qui la compose répond à des causes, tout comme les phénomènes météorologiques. Si nous voulons éviter la guerre, nous devons être vigilants, d’une part à préserver nos ressources naturelles et l’accès juste à tous à ces ressources, et d’autre part à ne pas nous laisser emporter dans des luttes de pouvoir au profit de l’intérêt de minorités pour le plus grand malheur du monde. Ne pas dénoncer l’injustice, c’est en être le complice. Les guerres de demain ce sont les injustices d’aujourd’hui. Ce que nous voyons, il faut le dire. Cela nous permet de nous corriger. Si nous corrigeons nos injustices, nous pourrons éviter la guerre. Dans cette logique, nous devons suivre quelques principes fondamentaux : faire preuve d’amour, être justes avec nos semblables et bien nous informer. Ne jamais céder à la tentation de la vindicte populaire. Dire non au racisme.

Anna Campion

Agoravox.fr