Parfum d’arnaque à Abidjan, où les rendements de l’agrobusiness étaient trop beaux pour être vrais

Près de 40 000 Ivoiriens auraient investi dans des schémas pyramidaux et craignent de perdre leur argent. Le président de Monhevea.com, la plus connue des entreprises incriminées, a quitté le pays pour la France.

Fèves de cacao, à San-Pédro, en Côte d’ivoire, en janvier 2016.

« L’Etat veut nous brigander ! », hurlent les quelque 200 manifestants réunis, ce mercredi 25 janvier, non loin de la Banque des dépôts du Trésor, à Abidjan. Ici, pas de mutins ni de fonctionnaires grévistes, mais une myriade de particuliers qui craignent de perdre l’argent qu’ils ont investi dans des sociétés dites d’agrobusiness. La veille, une manifestation similaire s’est tenue à Bouaké.

Ces investisseurs particuliers ne décolèrent pas depuis que le procureur de la République Richard Adou a ordonné, mi-janvier, le gel des comptes bancaires de 27 de ces structures, afin « de cerner tous les contours de ces opérations financières », selon un communiqué publié par le Trésor public le 23 janvier. Trois dirigeants de ces entreprises ont également été incarcérés.

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Officiellement, certaines sociétés d’agrobusiness proposent aux particuliers d’acheter des parts dans des plantations « clefs en main », en échange d’un retour sur investissement (RSI) compris entre 300 % et 1000 % après 3 à 6 mois. Ces taux, que même Bernard Madoff n’a pas osé proposer, éveillent les suspicions de schéma de Ponzi, un montage financier illégal qui consiste à rémunérer les investissements des clients grâce aux dépôts des nouveaux épargnants.

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