Le Maïdan 3.0 et l’offensive ukrainienne contre le Donbass dans les starting blocks – L’Ukraine court vers sa désintégration

Après l’annonce par l’armée de la RPD de la volonté du commandement ukrainien de lancer un bombardement sous faux drapeau contre Marioupol avec 160 roquettes de Grad, afin d’en faire porter la responsabilité à la RPD et à la Russie (mais après la divulgation de l’information l’opération a été annulée), l’armée ukrainienne continue de se renforcer tout le long de la ligne de front.

À Marioupol, d’importants convois militaires ont été vus allant vers l’Est de la ville, comme sur cette vidéo :

Les unités de reconnaissance de la RPD ont aussi détecté le long du front les armes suivantes :
– Près d’Ivanopolye (à 16 km de la ligne de contact) ont été détectés six obusiers automoteurs ;
– Près de Maryinka (à 1 km de la ligne de contact) ont été détectés 13 chars d’assaut ;
– Près de Novomikhailovka (à 5,5 km de la ligne de contact) ont été détectés deux obusiers automoteurs Akatsia de 152 mm ;
– Près Novokalinovo (à 16 km de la ligne de contact) ont été détectés trois lance-roquettes multiples Grad ;
– Près de Primorskoye (Sartana) (à 7 km de la ligne de contact) ont été détectés deux lance-roquettes multiples Grad ;
– Près d’Ivanovka (à 37 km de la ligne de contact) ont été détectés huit lance-roquettes multiples Grad.

La découverte de l’arrivée de 28 pontons mobiles dans la région de Lougansk contrôlée par l’armée ukrainienne en dit aussi long sur sa volonté d’offensive contre la deuxième république populaire. Il faut se rappeler qu’en République Populaire de Lougansk (RPL), une bonne partie de la ligne de front se trouve sur la rivière Seversky Donets, et que l’armée ukrainienne a besoin de ces pontons pour franchir cet obstacle naturel afin de mener une offensive contre la RPL. Un déploiement qui en dit long sur la volonté de « paix » des autorités ukrainiennes.

Comme annoncé dans un article précédent, la mobilisation générale a aussi commencé en Ukraine, puisqu’à Kramatorsk, les bureaux d’enregistrement et d’enrôlement militaires de la ville et de ses environs ont envoyé des avis d’enrôlement aux hommes en âge d’entrer dans l’armée, y compris les étudiants.

L’évolution de la situation a poussé Vladimir Poutine à s’entretenir par téléphone avec Angela Merkel à propos de l’escalade qui a lieu dans le Donbass, prévenant la chancelière allemande que Kiev a l’intention de saboter les accords de Minsk dont elle est l’un des garants.

« Vladimir Poutine a attiré l’attention d’Angela Merkel sur les données de la Mission spéciale d’observation de l’OSCE ainsi que sur les déclarations des représentants officiels de Kiev qui attestent des tentatives des militaires ukrainiens de changer la situation sur la ligne de contact à leur profit par des moyens militaires. Il y a une volonté claire des autorités de Kiev de perturber la mise en œuvre des Accords de Minsk, ainsi que l’envie d’utiliser le Format Normandie comme une couverture de ses démarches destructrices », a indiqué le service de presse du Kremlin.

Une mise en garde qui intervient après que le délégué permanent russe auprès de l’OSCE, Alexandre Loukachevitch, ait déclaré que la décision du Groupe de contact à Minsk de retirer les armes et d’instaurer un nouveau cessez-le-feu dans le Donbass aux alentours du 5 février n’avait pas été pu être mise en œuvre à cause des provocations des militaires ukrainiens.

Et la communication officielle de Kiev a beau nier que l’armée ukrainienne soit à l’offensive, il suffit de lire la déclaration du vice-ministre ukrainien de la Défense, Igor Pavlovski, annonçant que « mètre par mètre, pas par pas, saisissant l’occasion, les gars ont héroïquement avancé », pour bien se rendre compte que l’armée ukrainienne ne se défend pas mais attaque bel et bien.

Si on rajoute à tout cela le survol pendant 10 h de la ligne de front du Donbass par un drone de reconnaissance américain, on comprend mieux la raison de l’évaluation surprise imposée à 9 h ce matin aux forces aérospatiales russes sur décision de Vladimir Poutine. Histoire de rappeler que la Russie ne restera pas les bras croisés si l’Ukraine franchit la ligne rouge.

Ces tests de préparation au combat ont porté une « attention particulière à l’alerte au combat, au déploiement de systèmes de défense anti-aériens en temps de guerre et la préparation des groupes aériens à repousser l’agression, » a déclaré Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense.

De son côté, le président américain ne semble pas aussi pressé que sa représentante à l’ONU d’accuser la Russie de ce qui se passe. Ainsi, interrogé par un journaliste de Fox News sur la situation dans le Donbass, Donald Trump a déclaré « nous ne savons pas exactement ce qui se passe là-bas ». Les USA semblent jouer à un drôle de jeu avec l’Ukraine, soufflant le chaud et le froid selon les interlocuteurs et le moment, alors que la Pologne ferme toute possibilité à l’Ukraine d’entrer au sein de l’Union Européenne tant qu’elle vénérera Bandera comme un héros national.

Le problème est que l’Ukraine d’aujourd’hui ne tient plus que grâce à ces mythes nationalistes, qui sont en train de miner la base même du pays. Car comme on pouvait le craindre, les mouvements nationalistes radicaux ukrainiens (pour ne pas dire nazis) sont en train de cristalliser et de rassembler les différents mécontentements populaires et appellent désormais ouvertement à un troisième Maïdan.

Dans ce qui ressemble à un mauvais remake du Maïdan précédent, des représentants des groupuscules radicaux, appellent à des législatives anticipées faut de quoi le 20 février ils lanceront des actions de protestation dans toute l’Ukraine.

« Le gouvernement actuel est le plus dégoûtant de toute l’histoire de l’Ukraine. Si les autorités n’acceptent pas des élections législatives anticipées pour le 20 février, il y aura des actions résolues », a annoncé un représentant de la droite nationaliste, qui dénué toute légitimité à l’actuelle coalition au sein de la Rada.

Un mouvement qui semble être suivi par la Fédération des syndicats ukrainiens, qui a promis que ses représentants participeraient aux protestations.

Un groupe de radicaux qui se surnomme lui-même « les vétérans du front de l’Est » a appelé à manifester, après que des affrontements aient eu lieu entre des forces de police spéciales dépendant du ministère de l’Intérieur et des membres de groupuscules radicaux organisant le blocus du Donbass.

Profitant de cette gabegie, Vlodomir Parasiouk, député de la Rada et ancien commandant du bataillon Dniepr-1, a exhorté les meneurs du blocus à utiliser leurs armes à feu contre la police, afin de rejouer sans doute le massacre des Berkouts sur la place du Maïdan :

« Si la force est utilisé contre les vétérans de l’OAT, les volontaires, les activistes et que des tentatives de libérer les rails ont lieu, ce sera le début de la fin. La fin de l’empire oligarchique du chocolatier. Cela amènera à une résistance plus intensive qu’en 2013, quand des étudiants ont été brisés par la force. À tous ceux qui participent au blocus : chers frères, vous avez des armes légalement enregistrées et vous êtes totalement autorisés à les utiliser si votre vie est en danger. Vous avez survécu à l’aéroport de Donetsk, à Ilovaïsk et Debaltsevo. Vous n’avez rien à craindre. Je demande aux unités actives des FAU et aux bataillons de volontaires de soutenir leurs frères autant que faire se peut », a exhorté Parasiouk sur les réseaux sociaux.

Le pays est désormais au bord de l’éclatement, et les autorités actuelles espèrent sauver leur tête pendant un temps en déclenchant une offensive qui occupera la population et les bataillons nazis, mais qui signera la mort définitive de l’Ukraine dans la honte de la défaite et le sang de ses soldats.

Christelle Néant

source:https://dnipress.com/fr/posts/le-maidan-3.0-et-loffensive-ukrainienne-contre-le-donbass-dans-les-starting-blocks-lukraine-court-vers-sa-desintegration/

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