Marche pour la vie à Washington : « La présence du vice-président est historique »

baby in the kitchen with food around his mouth
ARTICLE | 28/01/2017 | Par Antoine Pasquier 

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Les jeunes sont très présents et nombreux chaque année à défiler dans les rues de Wsahington à l’occasion de la March for life.

 

La 44e édition de la Marche pour la vie américaine, qui s’est déroulée le 27 janvier à Washington, a été marquée par la présence du vice-président, Mike Pence. Entretien avec Jeanne Mancini, la présidente de la March for life.

Que représente à vos yeux le soutien de Mike Pence, le nouveau vice-président des Etats-Unis, lors de la 44eédition de votre Marche pour la vie ?

Le soutien de la Maison Blanche à la Marche pour la vie est un moment historique. C’est historique d’avoir accueilli le vice-président des États-Unis à venir parler sur le podium de la Marche pour la vie, ainsi que la conseillère principale du président Trump. Surtout dans la première semaine de leur mandat ! C’est une manière pour eux de signaler la direction qu’ils comptent donner à l’administration sur les politiques prolife.

Donald Trump a annoncé en début de semaine l’interdiction de subventionner les activités du planning familial international avec des fonds fédéraux. Quelles seront les prochaines étapes ?

Donald Trump doit nommer un nouveau juge à la Cour suprême dans les jours à venir. La prochaine étape sera ensuite de travailler avec le Sénat pour obtenir la confirmation de ce juge. Notre seconde priorité est d’obtenir la fin du financement par les contribuables américains de l’avortement aux Etats-Unis. Le texte est déjà passé par la Chambre des représentants et le Sénat. Le président Trump devrait bientôt le signer pour obtenir le non-subventionnement du Planning Familial, le plus grand fournisseur d’avortements du pays, et ce tant qu’il continuera à faire des avortements. Notre troisième priorité – mais il s’agit de la première en fait – est de faire passer au Congrès un projet de loi capable d’interdire les avortements tardifs. Cette initiative est très soutenue aux Etats-Unis. 80% des Américains ne sont pas d’accord avec les avortements entrepris après les trois premiers mois de la grossesse

Pourquoi est-ce si important d’obtenir la fin du subventionnement du Planned Parenthood, le Planning familial américain ?

Le Planned Parenthood offre des services divers, mais il travaille principalement sur l’avortement et la contraception. Or, il existe beaucoup d’autres fournisseurs qui offrent des services qui sont peu soutenus, comme les services prénataux, les services postnatals, les tests de maternité, les tests de diabète. Nous pensons que les dollars des contribuables devraient payer ces cliniques au lieu de se limiter à celles qui prospèrent avec l’avortement et la contraception.

Pensez-vous possible un revirement prochain de la jurisprudence Roe v. Wade de la Cour suprême ?

Je ne sais pas. L’objectif le plus important à nos yeux est de changer les cœurs et les esprits en créant une culture où l’avortement deviendrait impensable, où il n’y aurait plus de besoin ou de désir d’avorter. Les lois suivent ce qui se passe dans la culture. En changeant les cœurs, nous changerons la loi. Dans notre pays chaque année, près d’un million d’avortements sont pratiqués contre seulement 22 000 adoptions d’enfants. Nous plaidons pour que se développe une vraie politique en faveur de l’adoption.

Comment expliquer la forte implication des jeunes dans les mouvements prolife américains ?

Les jeunes sont des survivants de l’avortement. Il manque beaucoup de leurs pairs. Depuis 1973, les Etats-Unis ont perdu 58 millions d’Américains à cause de l’avortement. Dans leur salle de classe, ils regardent autour d’eux, et savent qu’il manque un tiers d’entre eux à cause de l’avortement. Ces jeunes ont également grandi avec la technologie de pointe : ils se sont vus sur les photos de leurs échographies, et ils ont vu aussi leurs frères et sœurs. Ils savent qu’un bébé n’est pas un amas de cellules sans vie, mais un vrai bébé ! Les études scientifiques et technologiques sont du côté de la vie. Ces jeunes ont également grandi avec l’expérience des femmes qui regrettent d’avoir été impliquées dans l’avortement. Ils sont aussi très enthousiastes à l’idée de défendre les droits de l’Homme. Les jeunes sont attachés aux questions de justice sociale. Ils veulent devenir les avocats de causes juste, et celle-ci est la leur.

Vous affirmez que le mouvement prolife est un mouvement pro-femme. Pourquoi ?

La capacité de la femme à devenir une mère n’est pas une aliénation. Les féministes pro-avortement voient cela comme une chose négative, et essayent de « libérer » la femme pour la rendre en tous points semblables à un homme. Mais la maternité ne déstabilise pas les femmes. Au contraire, elles doivent embrasser pleinement qui elles sont, et tous les aspects de ce que signifie être une femme. Les femmes et les hommes sont égaux en dignité, mais complémentaires.

Quelle est la place de la prière dans le combat prolife ?

C’est la chose la plus importante. La mission et l’apostolat découlent de la relation et de la contemplation de la prière avec Dieu. Nous sommes engagés dans une bataille spirituelle. Personnellement, si je ne prie pas tous les jours, c’est comme si je ne recevais pas mon oxygène. J’en ai besoin, surtout à l’époque de la Marche pour la vie ! Dans ma prière, je demande au Seigneur de faire de moi son instrument. Le Seigneur nous donne la force, nous donne les mots à utiliser dans les différents médias, les interviews et les discours. Notre relation avec Dieu est plus importante que le travail que nous faisons.

Source: Famillechrétienne.fr

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