La politique migratoire d’Angela Merkel désavouée par la chargée des droits de l’homme de son parti


18 janv. 2017, 14:45
Erika Steinbach, porte-parole des droits de l’homme de la CDU (à gauche), accompagne Angela Merkel lors d’une exposition consacrée aux réfugiés en mars 2012, photo ©REUTERS/Thomas Peter

Alors que la chancelière brigue un quatrième mandat dans des conditions difficiles, la CDU peine à contenir la grogne. Erika Steinbach, après 43 ans de fidélité au parti, a claqué la porte, fustigeant l’accueil massif de migrants et ses conséquences.

C’est un nouveau coup dur pour Angela Merkel, qui n’avait pas été investie en décembre 2016 par son parti avec la même unanimité que par le passé. Erika Steinbach, député de la CDU (Union démocrate chrétienne) a claqué la porte du parti et désavoué la politique migratoire de la chancelière : «Merkel, ça lui est égal ce que veut son parti», a-t-elle lâché dans une interview au quotidien allemand Die Welt. Un désaveu qui n’est pas anodin : la femme politique était jusque-là porte-parole chargée des droits de l’homme du parti conservateur allemand.

Et un compagnon de route de longue date d’Angela Merkel. Pas moins de 43 ans passé au sein de la CDU pour cette femme de 73 ans. «Voterais-je aujourd’hui pour la CDU ? Rejoindrais-je la CDU ? Non. Je ne peux qu’en tirer la conclusion honnête selon laquelle je me dois de quitter» le parti, a-t-elle fait savoir.

L’unité de la CDU derrière Angela Merkel menacée ?

En cause, la politique d’immigration de masse et d’accueil illimité de réfugiés de la chancelière en 2014, qui a provoqué un appel d’air d’envergure à travers le continent européen et en Europe centrale en particulier, le long de la «route des Balkans», avec des conséquences en matière de sécurité qu’Erika Steinbach déplore : «Au Bureau fédéral de l’immigration, des milliers et des milliers de passeports ont été identifiés comme étant falsifiés», dénonce-t-elle dans le Welt, «sans que les migrants concernés n’en supportent les conséquences», précise-t-elle, accusant même le gouvernement d’Angela Merkel d’avoir volontairement encouragé l’immigration : «Il y a une volonté politique derrière tout ça».

La campagne s’annonce difficile pour Angela Merkel, les attentats de l’été 2016 et l’attaque du marché de Noël de la place Breitscheid à Berlin ont profondément choqué l’opinion, confrontée au réel, et changé la donne. Angela Merkel a même dû effectuer un revirement à 180 degrés, admettant des erreurs mais tout en fustigeant les positions anti-immigration de l’AfD (Alternative pour l’Allemagne).

La sortie fracassante d’Erika Steinbach publiée, le parti souverainiste s’est dit prêt à l’accueillir dans ses rangs. «Vous serez toujours la bienvenue dans l’AfD», a tweeté la porte-parole de l’AfD au Bundestag Beatrix von Storch. Tandis que le vice-président Alexander Gauland précisait qu’il s’entretiendrait «sûrement» avec Erika Steinbach au téléphone prochainement.

Liebe Frau Steinbach,konservative EX-CDU’ler sind in der AfD immer herzlich willkommen.

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