Publié le 15 janvier 2017 – par

La liberté d’expression vient encore d’être écorchée ce vendredi 13 dans le petit village d’Espinas dans le Tarn-et-Garonne où des graines de fascistes ont empêché l’historienne Marion Sigaut, invitée par le curé de la paroisse de Saint-Antonin-Noble-Val, de s’exprimer dans le cadre d’une conférence sur les actes de pédophilie et les disparitions d’enfants dans l’hôpital général au 18e siècle géré par le parlement de Paris.

Il faut croire que le sujet était suffisamment sensible pour qu’une bande d’une vingtaine de petits fascisants trouvent à redire à un tel sujet que même Wikileaks n’a pas abordé. Par ailleurs, selon les témoins, environ quatre ou cinq véhicules de la gendarmerie et nombre de gendarmes étaient également présents pour encadrer le public et les intervenants, avant de raccompagner l’historienne jusqu’à sa voiture. Fichtre ! Tout cela pour une conférence sur un événement du 18e siècle ? Sérieux ?!

C’est qu’ils devaient sacrément s’ennuyer les petits sauvageons. S’en prendre à une femme seule en plus, quelle gloire !

Et dire que le lendemain se tenait à Paris la marche en l’honneur de Sainte-Geneviève, laquelle a rassemblé 600 jeunes patriotes, ils auraient pu venir en découdre avec nous en nous jetant de la mousse à raser – ou de préférence de la chantilly – tandis que nous criions à tue-tête et avec force conviction en pleine rue de la Montagne Ste Geneviève des « Daesh, Daesh, on t’encule ! », mais c’est vrai qu’ils ne pouvaient être à la fois au four avec Marion et au moulin avec des Identitaires. Ils ont donc courageusement et virilement opté pour la première.

Le maire d’un autre village, Verfeil-sur-Seye, avait préalablement donné son accord à l’intervention de Marion dans la salle des fêtes de la commune sans savoir qui elle était, avant de se rétracter, obligeant le curé demandeur de cette conférence à se rabattre sur l’église. Un certain « Quorentin », comme l’orthographie La Dépêche, mécontent de la venue de cette pestilentielle historienne, a décrété que la conférence ne devait pas se tenir, car Marion Sigaut est « une personne tenant des propos historiques nauséabonds ». Il a donc aussitôt prévenu quelques camarades qu’il y avait urgence à interdire.

Pensez donc, ce petitou a vu… une « affiche siglée d’un drapeau bleu-blanc-rouge et d’une fleur de lys ». Ciel ! On comprend sa terreur !

Sans doute ces canaillous gauchisants se seront-ils mépris sur le titre de son ouvrage « la Marche rouge » que ces cousins de la paramécie auront pris pour une attaque personnelle, sait-on jamais. A moins qu’ils n’aient eu à cœur de défendre l’honneur d’un Louis XV pédophile, tel les rédacteurs de Libé défendant en leur temps le droit des enfants à faire des fellations aux messieurs en mal de vices. Chacun défend les libertés à son niveau, celui de la ceinture indiquant où se situe la ligne de flottaison de l’intellect. Récemment d’ailleurs, Marion Sigaut avait dénoncé les effarants droits sexuels des enfants à partir de 10 ans, droits accordés et signés par l’ONU en la personne de Ban Ki-Moon. Il faut croire que certains extrémistes n’ont pas envie de connaître certaines vérités.

La liberté d’expression non, mais la liberté sexuelle avec les enfants oui.

Quoi qu’on pense des idées de Marion Sigaut et du mouvement dont elle est proche, puisqu’elle est éditée par le boxeur Alain Soral, de son affection pour l’idéologie islamique que nous avons coutume de compisser ici sans vergogne, l’historienne qu’elle est doit avoir comme tout un chacun le droit de s’exprimer sur un fait historique sans se voir aussitôt entartée, agressée. Mais c’est sans compter sur les petites milices fascistes qui se prétendent antifascistes en venant agresser physiquement tous ceux qui ne pensent pas comme elles.

Les fils de petits bourgeois bas du front n’apprécient manifestement pas que le peuple s’instruise car, sait-on jamais, celui-ci pourrait se mettre à réfléchir.

« On est venus pour ne pas vous écouter ! », ont lancé les trublions, sans doute fort satisfaits de leur trouvaille sémantique.

Le même jour, sur un site relayant les bienfaits de « l’œuvre » d’un artiste, à savoir une peinture montrant un bateau de clandestins en train de sombrer, tandis que j’ironisais auprès de pâmés de la victimisation sur le fait que ces bateaux ne contenaient que des hommes et que, m’étant rendue sur place je pouvais attester que la Jungle de Calais n’abritait en 2015 que des hommes, j’ai été insultée, traitée évidemment de « fachiste » (sic) et autres noms d’oiseaux. Je n’avais insulté personne, me contentant froidement d’argumenter et de fournir des éléments de preuves de ce que j’avançais. Ça a été la curée. Personne ne voulait regarder les photos ni vérifier les éléments que je donnais parce que j’étais une sale facho et que forcément je mentais, faisais évidemment le jeu du FN, etc. Il n’y avait aucune critique constructive, aucun semblant de contre argument, aucun embryon de débat alors que je le réclamais avec insistance, rien. Puisque j’étais catégorisée comme facho, il n’y avait pas à aller au-delà, l’affaire été entendue. Seules les insultes pouvaient pauvrement faire office de vade retro, d’invisible croix sur ma tête de démone, rousse qui plus est, ce qui probablement aggravait encore mon cas.

Si je fais ce parallèle, c’est parce qu’on ne peut que constater qu’il est tristement actuel de bâillonner la parole de celui qui ne dit pas comme les autres. Toute tête qui dépasse doit être coupée. Il y a l’idéologie d’un côté, le questionnement de l’autre. Or, sans questionnement, il ne peut y avoir d’évolution, et c’est bien de cela qu’il est question. Le peuple doit être soumis et silencieux, alors les élites font en sorte qu’il en soit ainsi. L’Histoire doit être oubliée, la France doit être rasée, son peuple anéanti, les faits incontestés. L’idéologie doit vaincre coûte que coûte.

Alors vendredi, des petits idéologues ont agressé une historienne, ils ont jeté ses livres préalablement volés dans la ville. Car en plus ils sont d’une stupidité abyssale. En faisant cela, ils ont finalement offert des livres gratuits aux habitants qui n’en demandaient sans doute pas tant et qui chercheront peut-être à en savoir plus sur leur Histoire, sur un M. de Voltaire qui était, semble-t-il très très loin du défenseur de la liberté d’expression qu’il est de bon ton d’encenser.

Ces petits cons auront finalement accompli, qui sait, un acte salutaire en permettant de faire connaître encore davantage les écrits et les conférences de Marion Sigaut, furtivement croisée lors des dernières rencontres de Chiré.

Sur La Dépêche, un commentaire d’un témoin précise que Marion « a reçu des œufs en plus de la crème à raser et que ces personnes s’opposant à sa venue lui ont pris ces ouvrages destinés aux participants de la conférence et les ont jeté dans le cimetière d’Espinas occasionnant quelques dégâts minimes. Ce sont les paroissiens qui ont remis de l’ordre dans le cimetière… ».

Chacun appréciera la méthode des représentants du camp du Bien.

Caroline Alamachère

Riposte Laïque.com

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