15 janv. 2017, 17:10

Opposé à un traitement multilatéral de la crise israélo-palestinienne, Benjamin Netanyahou a dénoncé la tenue du sommet international de Paris sur le sujet, le 15 janvier, tandis que le Crif a organisé une manifestation dans la capitale française.

Plus de 70 Etats et organisations internationales se réunissent à Paris, le 15 janvier, dans le cadre d’une conférence visant à défendre solennellement la solution à deux Etats (palestinien et israélien) au Proche-Orient et la paix entre les deux pays, a rapporté l’agence AFP. Une conférence à laquelle ne participaient pas les représentants des deux nations concernées.

Dans un communiqué publié à l’issu du sommet, ses participants ont exhorté Israéliens et Palestiniens à «démontrer leur engagement pour la solution à deux États et à s’abstenir d’actions unilatérales qui préjugeraient du résultat de la négociation, notamment sur les frontières, Jérusalem, les réfugiés». Le document précise que dans le cas où de telles actions étaient prises, «ils ne les reconnaîtront pas».

Les Palestiniens ont immédiatement salué cette conclusion, le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) Saëb Erakat estimant que les participants à la conférence de Paris avaient «souligné la nécessité de mettre fin à l’occupation israélienne».

Les autorités israéliennes, en revanche, ont conspué la conférence «éloigne» la paix. Avant même la conclusion du sommet, le Premier ministre Benjamin Netanyahou avait conspué une «imposture» et une conférence «inutile». L’Etat hébreu, en effet, s’oppose à tout règlement international de la question israélo-palestinienne.

Cette crise, à ce jour, n’est pas prête d’être résolue : loin de remettre en cause l’occupation des territoires palestiniens, le gouvernement israélien a étendu celle-ci au cours des dernières années – une politique qui a conduit en décembre dernier le Conseil de Sécurité de l’ONU à voter une résolution condamnant la colonisation israélienne, au grand dam de Tel Aviv. En outre, la région est régulièrement ensanglantée par des attaques palestiniennes visant des militaires ou des civils israéliens.

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Un millier de personnes rassemblées à Paris en solidarité avec Israël

Les autorités israéliennes n’étaient pas seules à dénoncer l’organisation de la conférence parisienne : près de mille personnes, selon les chiffres de la police cités par l’agence AFP, se sont réunies à l’appel du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France ) afin de protester contre la tenue du sommet international.

Le député-maire du XVIe arrondissement de Paris Claude Goasguen (Les Républicains) et le député des Français de l’étranger Meyer Habib (UDI) ont rejoint les rangs de la mobilisation, à une dizaine de mètres de l’ambassade israélienne.

«Nous sommes venus dire que personne ne pourra imposer à l’Etat d’Israël un statut autre que celui qu’il s’est délibérément et démocratiquement choisi et […] que la paix ne pourra être l’aboutissement que de négociations directes, comme cela a été le cas avec l’Egypte et la Jordanie», a déclaré Francis Kalifat, le président du Crif.

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L’élection de Trump soulève des inquiétudes sur la question israélo-palestinienne

La conférence de Paris survient à la veille d’un changement de présidence aux Etats-Unis, qui pourrait avoir d’importantes répercussions sur la situation israélo-palestinienne : le président élu Donald Trump entend en effet bouleverser la tradition diplomatique de son pays en transférant l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Une décision qui irait également à l’encontre de la position officielle de l’ONU, selon laquelle le statut de Jérusalem, que les Palestiniens revendiquent également comme capitale de leur futur Etat, doit se régler par la voie de la négociation.

En marge du sommet international, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, s’est inquiété de l’impact que pourrait avoir un tel transfert d’ambassade. «Ce serait extrêmement lourd de conséquences. Quand on est président des Etats-Unis, sur cette question on ne peut pas avoir une position aussi tranchée, aussi unilatérale, il faut chercher à créer les conditions de la paix», a-t-il déclaré, selon l’agence AFP. Le président palestinien Mahmoud Abbas, de son côté, a fait savoir qu’il pourrait revenir sur la reconnaissance d’Israël si Donald Trump prenait une telle décision. Celle-ci «non seulement priverait les Etats-Unis de toute légitimité à jouer un rôle dans la résolution du conflit, mais elle réduirait à néant la solution des deux Etats», s’est-il indigné dans un entretien au journal Le Figaro, ce weekend.

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