Scandale: 700 camions bourrés de cacao garés au port d’Abidjan. Les 80 milliards du fonds de réserve introuvables


Travailleurs de la filière cacao au port autonome d’Abidjan. Image d’illustration.

Environ 700 camions bourrés de cacao sont actuellement garés au port autonome d’Abidjan, le long des voies bordant la zone portuaire de Treichville et Vridi. En cause, un dysfonctionnement du système d’achat, et les prix imposés par le gouvernement.

Moussa Koné, le président du Syndicat national des producteurs pour le progrès, confirme l’information à la BBC: « il y a près de 700 camions qui sont bloqués ici au port à Abidjan ».

La situation est devenue intenable en Côte d’Ivoire où les producteurs et des exportateurs de cacao dénoncent depuis vendredi, l’immobilisation de plusieurs milliers de tonnes de cacao au port d’Abidjan, à la suite du blocage du système d’achat mis en place par les autorités de la filière. Alors que le cacao représente 15% du PIB, plus de 50% des recettes d’exportation. Comme on le voit, il est vital pour l’économie ivoirienne. Et selon la Banque mondiale ce secteur pourvoit les deux tiers des emplois et des revenus de la population.

Les planteurs déplorent aussi l’attente infligée aux camions chargés de cacao depuis de longs jours à San Pédro, le deuxième port du pays.

Selon Moussa Koné, le problème vient de la différence de 470 FCFA qu’il y a entre le prix du cacao à la Bourse de Londres qui est de 1.380 FCFA et le prix de vente à l’exportation imposé par le Conseil café-cacao qui régule la filière, qui est de 1.850 FCFA.

« C’est le Conseil qui donne les autorisation d’exportation. Mais comme il ne veut pas soutenir le gap de 470 FCFA, il ne donne plus d’autorisation à l’exportation (document qui permet aux exportateurs d’acheter le cacao), explique un autre exportateur.
Albert Guéhi Sibi, producteur de cacao, affirme que les sacs de fèves entassés au soleil ont pris de l’humidité et que les exportateurs refusent de les acheter. Il appelle donc l’Etat à dédommager les producteurs.
Silence radio du coté de l’Etat et du Conseil du café-cacao. Pire, les 80 milliards de FCFA du fonds de réserve de la filière restent introuvables selon L’Eléphant déchaîné, alors que c’est le moment pour ces fonds d’être utilisés pour dédommager les planteurs.

Eric Lassale

Les 80 milliards de Fcfa du fonds de réserve volatilisés.