L’Islande envoie ses banquiers en prison et fait un bras d’honneur à la finance


par Verdi (son site)

Contrairement à l’incroyable servilité des peuples et des gouvernants d’Europe, face à la dictature de la finance, un pays a repris fermement son destin en main : l’Islande. Il a refusé de payer sa dette et renoncer à l’Europe. Aujourd’hui, les Islandais ne s’en portent que mieux. Quel pays, quel dirigeant, montrera la même volonté que les Viking ?

 

Alors que l’Europe corrompue continue de protéger ses banquiers véreux, un pays a pris son destin en main, et décider de s’attaquer aux racines du mal : la finance. Ce petit pays, qui s’est fait remarquer par l’enthousiasme de ses supporters vikings, pendant l’Euro de foot 2016, en France, et la bravoure de son équipe nationale, fait aujourd’hui figure de modèle, pour ne pas dire figure de proue, dans la lutte contre le mondialisme étouffant, imposé par les capitalistes ultra-libéraux, favorables à une loi de la jungle sans merci entre les êtres humains. Au passage, un modèle socio-économique, ardemment préconisé par Fillon, le candidat chrétien de droite extrême à la présidentielle de 2017.

Que s’est-il passé dans cette île septentrionale, perdue dans l’Atlantique Nord, entre la Norvège et Groenland ? Qu’est-ce qui a fait se révolter ses 330 000 habitants, au point de faire vaciller les politiciens en place, et, fait rare et peut-être unique au sein du monde occidental, d’envoyer les neufs principaux banquiers du pays en prison ? La crise des subprimes de 2007 et le tsunami financier qui a suivi en 2008 ! Là où, partout ailleurs, en Europe et dans le monde, politiciens corrompus et banquiers se sont entendus pour faire payer les centaines de milliards de pertes aux citoyens des pays, comme ce fut le cas en France, avec Sarkozy, l’Islande, elle, a tout bonnement refusé de faire payer les victimes et, à l’inverse, a choisi de s’en prendre aux responsables indélicats : ses propres banquiers.

L’Islande relève la tête, la Grèce s’agenouille

En Europe, les banques ont été sauvées par les contribuables des Etats, grâce aux décisions désastreuses des gouvernements de les renflouer. Non contente d’asphyxier l’économie et les peuples, une directive européenne, prise à cette époque, autorise de surcroît les banques à se payer sur leurs clients en cas de difficultés ou de faillite. Qui était président de la Commission Européenne à l’époque ? Un certain Barroso, qui a rejoint depuis Goldman Sachs. Qui lui a succédé à ce poste ? Un certain Juncker, ancien Premier ministre de l’un des plus importants paradis fiscaux de la planète : le Luxembourg.

Une directive retranscrite, sans sourciller, dans le droit français, en 2015, par Valls, sous la présidence de Hollande. La même année, la Grèce -confrontée aux mêmes difficultés que l’Islande- cédait à la pression de la troïka, et capitulait en rase campagne, au moment où le monde attendait qu’elle prenne la tête de la résistance à l’oppression de la finance mondiale. Un cuisant revers, en dépit de l’arrivée au pouvoir de Syriza et Tsipras, qui promettaient de renverser le système !

Contrairement à la Grèce, de son côté, l’Islande décidait de s’affranchir de la tutelle des banques et renonçait à intégrer l’Union européenne, avec laquelle elle était en négociation depuis quelques années. Après la faillite des trois principales banques, Kaupthing, Landsbanki et Glitnir, le secteur bancaire a été nationalisé. Il a été décidé de ne pas payer la dette contractée par ces dernières auprès de banques de Grande-Bretagne et des Pays-Bas, dettes générées par leurs mauvaises politiques financières.

93% des Islandais refusent de payer la dette

Une assemblée populaire a été créée pour réécrire la Constitution. Une nouvelle constitution est élaborée par une assemblée constituante à partir de 2011, qui instaure, notamment, le recours direct au peuple souverain. Mais celle-ci ne verra finalement pas le jour.

En 2008, après la nationalisation de la principale banque du pays, la monnaie (couronne islandaise) s’est effondrée, la bourse a cessé son activité, le pays s’est trouvé en banqueroute.

En 2009, la protestation citoyenne a provoqué des élections anticipées. S’en est suivi la démission du Premier ministre et de son gouvernement. La situation économique désastreuse du pays a persisté à cause d’une loi qui contraignait les citoyens à rembourser mensuellement les 3500 millions d’euros de dette sur 15 ans, moyennant un intérêt de 5%.

En 2010, le peuple descend dans la rue et demande l’abrogation de cette loi par réferendum. Le NON au paiement de la dette l’emporte avec 93% des voix. Ce qui pousse le gouvernement (social-démocrate et vert) à examiner les responsabilités juridiques à l’origine de la crise. S’appuyant sur une enquête d’Interpol, plusieurs banquiers et cadres supérieurs sont placés en détention.

Les banquiers envoyés en prison, le pays respire à nouveau

En octobre 2016, neufs grand banquiers écopent de 46 ans de prison cumulés, par la Cour suprême de Reykjavik. Même si tout n’est pas rose, l’activité économique, à travers le tourisme notamment, a repris de belles couleurs. Les Islandais ont vu leurs salaires progresser, ils ne sont plus surendettés et ils ne consomment plus à crédit.

Affranchis des puissances financières, l’Islande a montré la voie. Qui veut suivre son exemple, parmi les candidats à l’élection présidentielle de 2017 ?

Inquiétudes et euphorie dans l’Islande d’après-crise.

Source: agoravox.fr