Le Parti démocrate a bien refusé que ses serveurs soient expertisés, confirme le directeur du FBI


10 janv. 2017, 21:55
Le Parti démocrate a bien refusé que ses serveurs soient expertisés, confirme le directeur du FBI
Le directeur du FBI James Comey devant le sénat américain le 10 janvier 2017, photo ©Reuters/Joshua Roberts

Le torchon brûle entre le FBI et les responsables de l’équipe de campagne d’Hillary Clinton. Le DNC ayant affirmé que le FBI n’avait jamais demandé à examiner les serveurs piratés, le directeur du FBI a fini par sortir de sa réserve.

Le directeur du FBI l’affirme devant le sénat américain, à l’occasion de la présentation du rapport de la communauté du renseignement américaine accusant la Russie d’ingérence dans la politique des Etats-Unis : le Comité national démocrate (DNC), organisation en charge de la campagne d’Hillary Clinton, a refusé d’accéder aux demandes répétées du FBI.

L’agence souhaitait en effet pouvoir examiner les serveurs piratés du DNC afin de tenter d’établir l’origine et les auteurs du piratages des correspondances électroniques du directeur de campagne John Podesta. Au lieu de cette procédure d’enquête, la plus directe, le FBI a du recourir aux services d’une entreprise tierce de cyber-sécurité, CrowdStrike.

La déclaration du directeur du FBI fait suite à la publication du rapport de la communauté du renseignement, présentée tour à tour à Barack Obama et à Donald Trump. Le DNC a affirmé à BuzzFeed News le 4 janvier 2017 que le FBI n’avait jamais demandé à examiner ses serveurs. De quoi piquer au vif l’agence de renseignement qui ripostait au DNC dès le 6 janvier 2017. C’est maintenant James Comey qui le confirme, alors qu’il s’y refusait jusque-là.

Un rapport à charge mais sans aucune preuve directe

La version déclassifiée du rapport du renseignement américain ne donne aucune preuve directe d’une supposée implication de la Russie et ne s’appuie que sur des arguments circonstanciels, des opinions et des jugements de valeur. Parmi ces «preuves» et au banc des accusés, Russia Today, dont le traitement journalistique de la campagne, à savoir relayer les révélations concernant Hillary Clinton, est jugé par le rapport, comme un «piratage» de l’opinion publique et donc, par extension abusive, d’un «piratage», bien technique et informatique, cette fois-ci, des serveurs de mails du DNC.

Une réthorique martelée depuis plusieurs semaines, contre vents et marées, et en dépit des contre-preuves produites notamment par Wikileaks. Ce 10 janvier, le chef du renseignement américain James Clapper continuait ainsi d’enfoncer le même clou, répétant devant le sénat américain que la Russie avait tenté d’influencer les élections dans une «douzaine de pays».

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Failles dans le dispositif anti-russe

La Russie est encore et toujours un acteur audacieux dans le cyber-espace global, a-t-il déclaré, semblant confondre influence éditoriale supposée et piratage informatique. Mais les dissensions entre le DNC et le FBI, lesquels se renvoient la faute, n’est pas de nature à convaincre les sceptiques d’une «piratage russe» de l’élection américaine.

Les plus complotistes pourraient même en déduire que le DNC pourrait avoir quelque chose à cacher. James Clapper a d’ailleurs déclaré qu’ils ne «serait pas surpris» d’apprendre que la Russie aurait introduit de la pédopornographie dans les ordinateurs du DNC.

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