par GHEDIA Aziz  / vendredi 23 décembre 2016.

En tant que citoyen d’un pays musulman, l’Algérie en l’occurrence, qui a vécu dans les années 90, les affres du terrorisme islamiste, je trouve navrant le fait que certains titres de la presse nationale s’alignent de façon presque aveugle sur les médias occidentaux et parlent de « chute d’Alep ».

 

Un exemple parmi tant d’autres. Aujourd’hui même, un journaliste algérien vient de poster son article sur sa page Facebook.

Le titre à lui seul en dit long sur l’état d’esprit de celui-ci. Cela prouve aussi, même au profane que je suis, que l’influence des « spécialistes ès- » de la presse occidentale est indéniable dans le milieu de la presse algérienne. Tout ce qui est dit sur les plateaux des chaînes satellitaires françaises est gobé sans esprit critique par nos élites de la plume. Incroyable !

Notre diplomatie a, quant à elle, sauvé la face, en prenant de façon nette et sans ambages, fait et cause pour l’Etat syrien. Quoique tardivement. Et, probablement, c’est à la lumière du chamboulement politique dans les pays pivots qui décident des affaires du monde que l’Algérie s’est rangée sagement du côté de l’Etat syrien. Car, il faut bien l’admettre, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis est de nature à changer la donne politique non seulement en Syrie, mais dans tout le Moyen-Orient. En effet, contrairement à ses prédécesseurs, celui-ci n’entend pas entraîner l’armée américaine dans des guerres inutiles et sans fin. Il a déjà fait savoir, par exemple, qu’il n’entendait pas donner un blanc-seing à l’Arabie Saoudite dans sa guerre au Yémen.

D’un autre côté, le rapprochement politique et diplomatique qui commence à s’opérer entre les deux pays engagés pourtant l’un contre le régime d’Al-Assad et l’autre pour son maintien au pouvoir, à savoir la Turquie et la Russie et cela malgré l’assassinat de l’ambassadeur russe, a dû entrer en ligne de compte dans la décision de l’Algérie de dire que ce qu’il se passe en Syrie est une guerre contre le terrorisme.

Non, Alep n’est pas « tombée » ! Alep a été plutôt reprise par l’armée syrienne après de longs mois de siège par les obscurantistes d’un autre temps. Alep, deuxième ville de Syrie, est plutôt revenue dans le giron de la mère-patrie. Elle est certes en ruine, mais elle renaîtra de ses cendres. Pas de doute. Ses habitants ont été plutôt libérés et ne vivent plus le calvaire et la peur d’être les prochaines victimes des hordes sauvages sans foi ni loi.

Ceux qui parlent de la sauvagerie de l’armée syrienne se trompent lourdement et l’histoire va le leur prouver. On ne combat pas les soi-disant « rebelles modérés » qui sont, par ailleurs, soutenus politiquement pour des questions de géostratégie évidentes par la coalition occidentale et armés jusqu’aux dents par cette même coalition, avec des pétards.

On ne part pas à la guerre le fusil en bandoulière. Dans une situation pareille, le moins que l’on puisse faire est de ne pas faire dans la dentelle, de ne pas faire de quartier quitte à provoquer des dommages collatéraux. Il est clair que sans cette détermination dans le combat contre les différentes milices terroristes, sans l’appui de l’aviation russe, les forces armées syriennes n’auraient pas pu arriver à bout de ces terroristes.

A. G.

Source: agoravox.fr

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Une pensée sur “Non, Alep n’est pas « tombée » !”

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