aut_4020Ulrich Gellermann
Traduit par Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Depuis des années, la lutte contre le terrorisme une discipline guerrière qui exige des experts. Les experts sont des gens qui savent tout sur leur sujet, et mieux que quiconque. Quand par exemple, l’attentat terroriste se produit, ils se font remarquer dans les médias par des discours super-intelligents. Et tandis que l’expert normal a lui-même travaillé dans son domaine d’expertise, on ne peut supposer que l’expert en terrorisme a lui-même été un terroriste avant de commencer à donner des leçons sur cette branche de la criminalité. Même si sa présence médiatique a certainement des traits de psycho-terreur.

Malgré les différentes écoles de pensée, il y a certaines notions basiques sur lesquelles tous les experts en terrorisme sont d’accord. Avant tout, cette phrase-clé : le terroriste, c’est toujours l’autre ! Déjà dans la lutte des forces spéciales britanniques contre l’organisation terroriste irlandaise IRA, une chose était claire pour les experts anglais : le terro, c’était le catholique irlandais. Les Irlandais catholiques avaient beau raconter en long et large la terreur des troupes britanniques dans les quartiers catholiques d’Irlande du Nord. Mais ça ne sortait tout simplement pas dans les médias généralistes. C’est aussi parce que l’autre a été naturalisé comme coupable de la terreur. Si on peut en outre prouver la couleur de peau, la langue, la religion ou la culture de L’AUTRE, l’affaire est déjà à moitié entendue.

L’expert de la terreur sait aussi que le terroriste ne commet jamais que des lâches attentats. Dans le cas des attentats-suicide l’adjectif est particulièrement étrange : le terroriste a quand même mis sa vie en jeu. Mais peut-être qu’après tout, celle-ci ne valait rien et que le terroriste l’a simplement jetée lâchement aux orties. On n’a jamais entendu des experts en terrorisme parler de lâches meurtres par drones. Bien que le tueur par drones est assis bien au chaud et au sec dans un bureau inattaquable, avec la machine à café juste au bout du couloir à gauche. Tandis que la lâche réunion de famille pour des funérailles ou un mariage, que le chasseur de terroristes a fait sauter en l’air avec une propreté clinique, hébergeait probablement quelques lâches terroristes et que la meilleure preuve de son altérité était qu’elle ne disposait mêmes pas d’une machine à café.

Toute une collection de principes anti-terroristes trouve dans le mot PLUS. L’expert en terrorisme a à cœur ce principe médical antique: le plus sera le mieux! Plus de caméras, plus d’armes, plus de lois de sécurité, plus de police, plus de réseautage … et bien sûr plus de drones, ça aide aussi. Moins est aussi parfois utile: mais seulement moins d’AUTRES! Si on observe les discussions d’experts, plus de voix pour tel ou tel parti pourraient aussi être utiles. En Allemagne, la CSU et l’AfD prétendent avoir trouvé la recette totale contre le terrorisme. Si le tour des deux partis venat, tout serait certainement plus total.

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L’EXPERT : le Dr Shlomo Shpiro, coordinateur du Manuel SAFE-COMMS de Communication de crise terroriste pour les pouvoirs publics

Tous ceux qui ont suivi la soirée de terreur à Berlin dans les médias ont découvert dans un média sur deux l’expert israélien en terrorisme Shlomo Shpiro. D’Israël, nous savons que cet État contrôle entièrement le terrorisme. Sur l’attribution du terrorisme à L’AUTRE, pas besoin de réfléchir longuement : depuis la fondation de l’État, on connaît le malheureux Palestinien qui macule de manière injustifiée et terroriste le sol sacré israélien. Le Palestinien a été et est AUTRE, donc terroriste.

Mais AUSSI le principe du PLUS trouve sa place dans la philosophie anti-terroriste israélienne : on répond volontiers à quelques jets de pierres avec des bataillons entiers de policiers, pour chaque roquette, le terroriste de Gaza doit s’attendre à beaucoup de tapis de bombes Et s’il passe la frontière, que ce soit pour aller au Liban ou en Syrie, ce sont des armées israéliennes entières que le suivent : là, la guerre n’a même pas besoin d’être expliquée, les Arabes comprennent déjà comme ça.

Les résultats israéliens dans la lutte anti-terroriste sont remarquables: depuis le début l’État investit toujours PLUS dans cette lutte et récolte toujours PLUS de terreur. Ceci est un modèle commercial convaincant. Du moins pour les experts en terrorisme. Un public allemand a écouté avec le souffle coupé le politologue et expert Shlomo Shpiro. Par un pur hasard on avait sous la main le brave Schlomo après l’attentat de Berlin pour nourrir les médias allemands de la sagesse du PLUS. Le professeur est un expert des questions de terrorisme, de renseignement et de sécurité. Shpiro est le chef adjoint du département d’études politiques à l’Université Bar Ilan à Tel Aviv et Président de l’Association internationale pour l’histoire du renseignement. Par le même hasard que celui de sa présence au moment de l’attentat de Berlin, cet homme futé a dirigé de 1999 à 2001 un projet de recherche financé par l’OTAN visant à améliorer la coopération en matière de renseignement dans la région méditerranéenne. Et logiquement Shpiro a été nommé en 2009 chef d’un projet de l’UE sur la « crise du terrorisme ». Tout le monde sait que le terrorisme en Europe est devenu clairement PLUS depuis ce temps-là. Sacrée réussite !

Ce dont les experts du terrorisme ne parlent jamais : les causes sociales du terrorisme. Pourquoi le devraient-ils, aussi? Si on parlait sérieusement des causes, alors peut-être qu’on pourrait les éliminer. Et des experts comme Shlomo Shpiro ne seraient plus nécessaires et devraient aller bosser. Et ça, toute la branche anti-terroriste ne veut pas en entendre parler.

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?ref

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