Les embarrassants donateurs de la fondation Clinton

Les embarrassants donateurs de la fondation Clinton

Les embarrassants donateurs de la fondation Clinton: la candidate démocrate est accusée d’avoir été influencée par les financeurs étrangers de sa fondation familiale lorsqu’elle était secrétaire d’Etat

* J’écoute en ce moment la très excellente série américaine “House of cards”, un docu-fiction qui montre comment les industries et sociétés minières/pétrolières/nucléaires (et autres) “achètent” le vote et les faveurs du Congrès/Sénat en échange d’autorisations d’exploitation et de déréglementations. Des capitaux étrangers financent et influencent les décideurs, via l’imposante présence de lobbyistes à la Maison Blanche (même principe partout ailleurs) qui, par voie de chantage et de pots de vin, arrivent même à orienter des politiques nationales, des décisions fédérales et des manœuvres dans la politique étrangère. Le clan Clinton, via sa fondation-écran (structure légale parfaite pour cacher des fonds parce que sans droit de regard), semble nous en faire une belle démonstration! Les républicains se bavent dessus en période électorale avec un tel scandale, mais ils ne sont certainement pas étrangers à ce type de “donnant-donnant”. Pourquoi le FBI n’ouvre pas d’enquête? Probablement parce que les “tire-ficelles” ont assez d’influence pour ne pas nuire à la potentielle future présidente des États-Unis

Conflits d’intérêts
La fondation de Bill, Hillary et Chelsea Clinton est une des plus puissantes institutions caritatives du monde. Selon le Washington Post, elle aurait permis de récolter, à travers ses neuf branches, 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) depuis sa création, en 2001, par l’ex-président Bill Clinton. Elle emploierait plus de 2 000 personnes et aurait un budget annuel global de 233 millions de dollars (210 millions d’euros). La fondation finance des dizaines de projets dans le monde, de la recherche sur les traitements contre le sida et la malaria à l’insertion des jeunes filles dans le monde du travail, en passant par le développement des énergies renouvelables en Haïti.
L’an dernier, la campagne à peine lancée, des enquêtes du New York Times, du Washington Post et le livre du conservateur Peter Schweizer Clinton Cash, sorti en mai 2015, évoquaient de possibles conflits d’intérêts entre Hillary Clinton, quand elle était secrétaire d’Etat pour la première administration Obama, et les investisseurs étrangers donateurs de la fondation. L’argument a été repris rapidement par l’opposition.
Le 13 juillet, une élue républicaine du Congrès, Marsha Blackburn, a demandé à plusieurs agences fédérales qu’une enquête soit ouverte pour «corruption publique» sur les activités de la fondation Clinton. Dans une lettre adressée au FBI, au fisc américain et à la Commission fédérale du commerce, elle dénonce «une entreprise sans foi ni loi qui a opéré pendant plusieurs années sous couvert de philanthropie».
Magnat canadien
Ces soupçons de collusion sur la fondation Clinton sont un argument récurrent utilisé par les détracteurs de la candidate. Bien que, pour l’instant, aucune des accusations n’ait été prouvée, plusieurs coïncidences laissent place au doute. En 2005, Bill Clinton et Frank Giustra, un magnat canadien de l’industrie minière, voyagent ensemble au Kazakhstan. Ils dînent avec le président autoritaire, Noursoultan Nazarbaïev. Quelques jours plus tard, Giustra obtient l’autorisation d’exploiter plusieurs mines d’uranium dans le pays. Et peu après, 31 millions de dollars (28 millions d’euros) sont versés par des proches de Giustra à la fondation Clinton. Un cadeau de remerciement ? Aucune preuve ne l’atteste.
Seulement, le magnat canadien ne s’arrête pas là. Il lorgne les réserves d’uranium aux Etats-Unis et attise l’intérêt des Russes. Ceux-ci espèrent acquérir l’entreprise Uranium One de Giustra et, avec elle, un cinquième de la capacité de production en uranium des Etats-Unis. La vente a été approuvée par la Commission sur les investissements étrangers, dont fait partie le département d’Etat, alors dirigé par Hillary Clinton. Le New York Times rapporte qu’entre 2009 et 2013, alors que les Russes prennent peu à peu possession d’Uranium One, «d’importants flux financiers ont été versés à la fondation Clinton. Le président d’Uranium One a utilisé la fondation de sa famille pour faire quatre donations de 2,35 millions de dollars au total [2 millions d’euros].» Ces donations n’ont pourtant pas été déclarées publiquement par les Clinton, alors qu’Hillary Clinton avait conclu un accord avec la Maison Blanche qui l’obligeait à publier les noms de tous les donateurs.
Le manque de transparence des Clinton sur le financement de leur fondation n’a rien d’illégal. Aux Etats-Unis, aucune législation n’oblige les organisations caritatives à dévoiler l’identité de leurs donateurs. Les Clinton le font de manière volontaire sur le site internet de leur fondation. Parmi leurs donateurs, on trouve des puissances étrangères comme l’Arabie Saoudite, le Koweït ou le Qatar, mais aussi des multinationales comme Coca Cola, Monsanto ou encore la banque Goldman Sachs.
Pour l’instant, le FBI n’a pas confirmé avoir ouvert une enquête. Seulement, même si aucune preuve n’est apportée sur des conflits d’intérêts passés, la position de la fondation familiale, et ses liens avec ses nombreux donateurs, va rester problématique si Hillary Clinton est élue présidente, le 8 novembre.
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