« Les droits de l’homme érigés en religion détruisent les nations » : J.-L- HAROUEL ( à ne pas manquer)

« Les droits de l’homme érigés en religion détruisent les nations » : J.-L- HAROUEL ( à ne pas manquer)

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Source : Grand Entretien du FigaroVox avec Jean-Louis Harouel à propos de son dernier livre : « Les droits de l’homme contre le peuple ».

 «Les droits de l’homme érigés en religion détruisent les nations»
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    • Par Alexandre Devecchio

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – À l’occasion de la sortie de son livre Les droits de l’homme contre le peuple, Jean-Louis Harouel a répondu au FigaroVox. Il dénonce une nouvelle religion séculière centrée sur l’obsession de la non-discrimination qui paralyse la politique des pays occidentaux.

Jean-Louis Harouel est professeur agrégé de droit à Paris II et auteur de «La grande falsification. L’art contemporain», «Le vrai génie du christianisme» et «Revenir à la nation» (Editions Jean-Cyrille Godefroy). Son dernier ouvrageLes droits de l’homme contre le peuple est paru aux éditions desclée de Brouwer.

FIGAROVOX. – Après le massacre d’Orlando, les commentaires et les mises en accusation se sont succédé. On s’est focalisé sur l’aspect homophobe du crime, on a pointé du doigt les mouvements conservateurs et les religions monothéistes. L’islamisme est passé au second plan. Les démocraties occidentales sont-elles de nouveau tombées dans le piège de ce que vous appelez «la religion des droits l’homme»?

Jean-Louis HAROUEL. – Autant il est aisé de condamner au nom de l’Évangile les violences provoquées ou cautionnées par la religion chrétienne, autant il n’est guère possible de condamner la violence musulmane au nom des textes saints de l’islam, dès lors que l’invitation à la violence y est expressément et abondamment inscrite.

Concernant l’homosexualité masculine – la seule ayant été prise en compte -, les sociétés chrétiennes l’ont certes longtemps réprouvée et punie sévèrement au motif que la Bible (Genèse, 19) rapporte que Yahvé a lancé le feu du ciel sur Sodome et Gomorrhe.

Mais, déjà dans la France de Louis XV, ainsi que l’a constaté l’historien Maurice Lever dans son livre Les bûchers de Sodome (1985) où il notait l’absence des bûchers à cette époque, la royauté de droit divin faisait preuve d’une grande modération.

Au contraire, les textes saints de l’islam sont féroces. Il y a en particulier un hadith terrible du Prophète qui invite les croyants à tuer les homosexuels: «L’envoyé d’Allah – Bénédiction d’Allah et Salut sur Lui – a dit: Qui que vous trouviez qui agit à la manière des gens de Loth, tuez l’actif et le passif». Ce texte figure dans la Sunna (rassemblant les actes, dires et approbations de Mahomet: les hadiths) dont la réunion avec le Coran constitue la Charia. Or celle-ci est le guide de ceux qui veulent revenir au respect de la loi divine. Le lien avec le massacre d’Orlando est plus qu’évident.

C’est un déni de réalité que de mettre systématiquement sur le même plan les religions monothéistes afin de ne pas avoir à prononcer de critique envers l’islam.

C’est un déni de réalité que de mettre systématiquement sur le même plan les religions monothéistes afin de ne pas avoir à prononcer de critique envers l’islam. Ce déni de réalité est pratiqué par les démocraties occidentales au nom d’un «politiquement correct» qui n’est qu’un aspect d’une religion séculière que l’on peut appeler religion des droits de l’homme.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, cette religion a très largement occupé le vide creusé en Europe occidentale à la fois par l’effondrement de la pratique religieuse chrétienne et par l’implosion du communisme soviétique.

Avatar de la religion de l’humanité, le culte des droits de l’homme a remplacé depuis quelques décennies le communisme – dont il partage la nature de religion séculière – dans son rôle d’utopie censée instaurer le règne du bien sur la terre. Dans cette nouvelle religion séculière, les droits de l’homme sont en charge de la promesse du royaume de Dieu sur la terre, en charge du projet d’une humanité réconciliée grâce à l’instauration d’une société parfaite, au moyen de la mutation du monde ancien en un monde nouveau entièrement cosmopolite et fondé exclusivement sur les droits des individus.

À la suite de François Furet, l’historien américain Samuel Moyn a confirmé en 2010 dans The last Utopia que l’hégémonie de l’idéologie des droits de l’homme depuis les dernières décennies du XXe siècle s’est édifiée sur les ruines des idéologies révolutionnaires. C’est de l’implosion des utopies antérieures qu’est née la «dernière utopie» que sont les droits de l’homme comme norme suprême censée faire advenir un monde meilleur.

En quoi les islamistes se servent-ils des droits de l’homme pour accroître leur influence?

Dans la mesure où ils favorisent le succès des revendications musulmanes, les droits de l’homme contribuent à la montée en puissance de l’islam en France et dans les autres pays occidentaux.

Lorsque, au nom du principe de non-discrimination, des droits individuels sont reconnus (par la loi, le juge ou l’administration) à des membres d’un groupe identitaire au titre de leur appartenance à ce groupe, ces droits deviennent des droits du groupe, et donc des droits collectifs.

La sacralisation des droits individuels par la religion séculière des droits de l’homme aboutit finalement à la mise en place de droits identitaires, ce dont l’islam a su tirer un grand profit.

L’islam ne manque jamais d’utiliser l’arme des droits de l’homme pour contraindre les pays européens à adopter un profil bas face à la population musulmane qui y vit. Sous couvert de non-discrimination et de respect de la liberté religieuse, c’est une civilisation antagoniste de la civilisation européenne qui poursuit son entreprise de conquête et de domination.

En Europe occidentale, l’islam a profité à plein des droits de l’homme. C’est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans.

En Europe occidentale, l’islam a profité à plein des droits de l’homme.

C’est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans, lesquelles relèvent en réalité d’une prise de pouvoir de nature politique, d’une appropriation de territoires, d’une domination de secteurs de la société. L’islam combinant en lui le politique, le juridique et le religieux, toute concession faite à l’islam comme religion est aussi une concession faite à l’islam politique et juridique, avec pour effet de transformer peu à peu les pays européens concernés en terres musulmanes.

Selon vous, les droits de l’homme sont mis au service d’une «immigration colonisatrice». Beaucoup d’immigrés viennent en Europe et en France pour mieux vivre ou par attrait pour le modèle occidental et non pour nous coloniser ….

Je suis bien d’accord avec vous: beaucoup d’immigrants s’introduisent et s’incrustent en Europe occidentale simplement pour des raisons d’intérêt personnel, pour jouir d’un niveau de vie et de conditions d’existence infiniment meilleurs que dans leur pays.

Ils n’ont pas d’arrière-pensées colonisatrices ou conquérantes. Mais les Wisigoths, les Burgondes et les Francs jadis autorisés par le pouvoir impérial à trouver refuge et à s’installer sur le territoire de l’Empire romain d’Occident n’avaient pas non plus d’intentions conquérantes. Simplement, deux générations plus tard, ils avaient pris le pouvoir et s’étaient taillé des royaumes sur le territoire de l’Empire anéanti. L’histoire montre par de nombreux exemples qu’une immigration numériquement minoritaire mais vigoureuse peut s’emparer durablement du pouvoir et dominer la population autochtone.

Aussi bien certaines personnalités musulmanes ne cachent-elles pas leurs intentions conquérantes en Europe. Tel le cheikh Youssouf al Quaradawi, l’un des principaux de l’UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont la branche française est l’UOIF), qui déclarait en 2002: «Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques nous vous dominerons.»

Que faites-vous des réfugiés?

On ne peut pas ne pas secourir les réfugiés.

Pour autant, nous n’avons pas les moyens de les accueillir sur la base des niveaux de vie et modes de vie occidentaux.

Ils ne peuvent raisonnablement attendre de nous que des conditions de logement ainsi que des prestations sociales et médicales minimales. De plus, il ne faut pas leur laisser penser qu’ils vont s’installer durablement chez nous.

Il faut leur faire savoir que, dès que la situation sera rétablie dans leur pays, ils seront invités à y repartir. D’ailleurs, autant l’accueil s’impose moralement pour les enfants, les mères et les vieillards, autant la place normale des hommes jeunes et adultes n’est pas ici mais dans leur pays, sur le sort duquel ils semblent avoir bien vite tiré un trait. Dans bien des cas, la qualité même réelle de réfugié dissimule plus ou moins une immigration motivée par la recherche d’une vie plus facile, c’est-à-dire une immigration économique.

Étant donné l’énorme accroissement démographique au sud de la Méditerranée, l’Europe doit s’attendre à voir prochainement déferler une immigration économique d’une ampleur encore jamais vue.

Or, étant donné l’énorme accroissement démographique au sud de la Méditerranée, l’Europe doit s’attendre à voir prochainement déferler une immigration économique d’une ampleur encore jamais vue, se comptant en dizaines de millions d’individus s’invitant dans nos pays dans l’espoir d’y améliorer leurs conditions de vie.

Mais l’Europe occidentale sera incapable d’absorber une telle masse d’immigrés. Elle périra à moins que les immigrants économiques ne soient systématiquement reconduits dans leur pays.

Cependant, pour que les États concernés acceptent de favoriser la reconduite de leurs ressortissants, il est évident qu’il sera indispensable de rétribuer leur bonne volonté par une énorme augmentation de l’aide au développement. Spécialiste reconnu des questions de développement, Claude Sicard, dans un article de la Revue politique et parlementaire (n° 1076, décembre 2015), préconise la création par les pays européens d’une taxe de 50% sur les dépenses publicitaires, destinée à financer le retour le retour dans leurs pays respectifs des immigrants économiques reconduits chez eux.

En quoi les droits de l’homme nous condamnent-ils à l’impuissance collective?

Pour mettre fin à l’appel d’air permanent qui attire par millions les immigrants d’origine extra-européenne, il faut restaurer la discrimination fondatrice de l’idée de cité: celle qui traite différemment le citoyen et le non-citoyen, le national et l’étranger. Il faudrait idéalement qu’il n’y ait plus d’intérêt matériel à s’incruster illégalement sur le sol français. Or cela va à l’encontre de la religion séculière des droits de l’homme.

Dès l’aube des années 1980, Marcel Gauchet avait bien vu que, si les démocraties européennes faisaient des droits de l’homme leur politique, elles se condamneraient à l’impuissance collective. La religion des droits de l’homme handicape très dangereusement la France face au déferlement de l’immigration et à la présence sur son sol d’un islam de masse. Instaurant une morale d’État vertueusement suicidaire, la religion des droits de l’homme interdit à nos dirigeants d’envisager ces problèmes et d’y répondre d’un point de vue politique.

La religion des droits de l’homme est la négation des droits collectifs des nations européennes. Elle refuse à la collectivité nationale le droit de vivre comme elle le souhaite. La souveraineté démocratique consiste dans la propriété d’un groupe humain sur lui-même, son destin, son identité, son sol, son patrimoine matériel et immatériel. Refusant cette souveraineté, la religion des droits de l’homme détruit l’idée de patrimoine d’un groupe humain, elle prétend le contraindre à le partager, le mettre en commun. Bref, c’est une nouvelle forme de communisme.

Pour combattre la menace islamiste, faut-il renoncer à ce que nous sommes, nous trahir? Les droits de l’homme ne font-ils pas partie des fondamentaux de l’Occident au même titre que les racines chrétiennes?

La religion séculière des droits de l’homme n’est pas, malgré les apparences, d’origine chrétienne, car elle découle de deux grandes hérésies: la gnose et le millénarisme. Les droits de l’homme comme religion ne sont pas un prolongement du christianisme: c’est un système de croyances post-chrétien.

La religion (ou utopie) des droits de l’homme qui règne aujourd’hui ne relève pas des «fondamentaux de l’Occident» au même titre que ses racines chrétiennes. Inspirée par une compassion cosmique indifférente aux États et aux nations, sa conception des droits individuels est profondément différente de la conception classique, celle des déclarations américaines et française de la fin du XVIIIe siècles, lesquelles ont établi avant tout les libertés publiques des citoyens au sein des États-nations démocratiques.

D’ailleurs, ces deux réalités très différentes sont désignées dans la langue anglaise par des appellations distinctes: pour les droits de l’homme actuels, human rights, terme apparu seulement au milieu du XXe siècle ; tandis que, pour les droits individuels reconnus aux citoyens en 1776 et 1789, on parlait de rights of man. À cela répond en France la distinction entre d’une part les «libertés publiques», centrées sur les seuls nationaux, et d’autre part les «droits fondamentaux» – terme introduit dans les années 1970 – dont les grands bénéficiaires sont les étrangers, systématiquement admis à tous les acquis et avantages des peuples européens

Nous sommes confrontés à deux impératifs vitaux : bloquer d’urgence les flux migratoires et arrêter le processus de la conquête musulmane.

La fidélité aux «fondamentaux de l’Occident» passe par le rejet du délire anti-discriminatoire suicidaire de la religion séculière des droits de l’homme et le retour aux droits de l’homme conçus comme protecteurs des citoyens contre le pouvoir, c’est-à-dire aux libertés publiques – centrées sur les seuls nationaux – qui sont notre patrimoine juridique.

Pour «résister» aux droits de l’homme, vous allez jusqu’à prôner des mesures dérogatoires ou discriminatoires. Le risque n’est-il pas tout simplement de renoncer à la démocratie pour aller vers des régimes autoritaires, voire totalitaires?

Nous sommes confrontés à deux impératifs vitaux: bloquer d’urgence les flux migratoires et arrêter le processus de la conquête musulmane. Pour cela, il nous faut résister à la religion séculière des droits de l’homme qui favorise notre submersion par une immigration extra européenne sans limite et la domination d’une civilisation musulmane conquérante qui veut imposer ses mœurs et son droit. Pour tenter de survivre comme peuple, nous n’avons pas le choix: nous sommes dans l’obligation de rétablir ou de créer des discriminations, lesquelles ne contredisent d’ailleurs nullement la démocratie, bien au contraire.

Les fanatiques d’une immigration érigée en droit de l’homme prétendent mener en faveur des étrangers entrés clandestinement un combat citoyen. C’est une imposture: leur combat est un combat contre la cité et la citoyenneté, un combat anti-citoyen et anti-démocratique.

La démocratie repose sur l’idée de discrimination. En son article 3, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 énonce que «le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation». Il n’y a pas de démocratie possible en l’absence d’un cadre territorial et humain bien précis. Ainsi que l’écrit Rousseau au début de l’Émile, «où il n’y a pas de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens». Patrie, démocratie: dans les deux cas, il s’agit du peuple, d’un peuple particulier. L’existence d’une démocratie suppose une discrimination entre citoyens et non-citoyens, entre nationaux et étrangers.

Quant à une discrimination à l’égard de l’islam, elle n’est pas davantage contraire à la démocratie. D’ailleurs, c’est la démocratie la plus ancienne et la plus exemplaire du monde, la démocratie helvétique, qui nous en donne l’exemple et nous montre la voie. En interdisant la construction de minarets, le peuple suisse n’a aucunement restreint la liberté religieuse, il a instauré une discrimination d’ordre symbolique destinée à faire comprendre aux musulmans vivant dans le pays que la Suisse n’était pas une terre d’islam, que la civilisation arabo-musulmane n’y était pas chez elle et ne devait pas chercher à y imposer ses mœurs et ses règles de droit prétendument divines.

Dans le même esprit, il est vital d’adopter en France et dans les autres pays européens des mesures discriminatoires l’égard de l’islam.

C’est une discrimination amplement justifiée par le fait que l’islam est avant tout un système politique et juridique, qui fonctionne en France et dans les autres pays européens comme une machine de guerre dirigée contre la civilisation européenne dans le but de lui substituer la civilisation arabo-musulmane.

De toute manière, si nous laissons se poursuivre la conquête musulmane, nous sortirons purement et simplement des droits de l’homme, car les textes fondateurs de l’islam sont porteurs d’un système structurellement ultra-discriminatoire (à l’encontre des non-musulmans, des femmes, des esclaves) et négateur de la liberté d’expression. La Déclaration sur les droits de l’homme en islam de 1990 interdit d’exprimer toute opinion «en contradiction avec les principes de la Charia».

Source: lesobservateurs.ch

4 Replies to “« Les droits de l’homme érigés en religion détruisent les nations » : J.-L- HAROUEL ( à ne pas manquer)”

  1. Ainsi, l’Occident continuera de piller les africains; les chinois et les russes empêchés d’y venir faire leurs affaires aussi.
    MCHOUNECHE ELMATKAOUK·MERCREDI 22 JUIN 2016
    La finitude de plus en plus proche de tous ces groupes terroristes armés en Syrie et en Irak, devant la détermination des deux armées, arabe syrienne renforcée par l’aviation de guerre russe, et irakienne, avec leurs alliés du camp de la résistance, Hezbollah libanais et irakien, et les experts militaires iraniens, le tout renforcé par des milices populaires regroupant toutes les confessions, toutes les ethnies. Face à cette force, et au milieu de sociétés refusant la guerre de religion, refusant le sectarisme. A quoi faut-il s’attendre et voir venir, comme signes précurseurs annonçant des agissements américains, plus directes, comme utilisant eux-mêmes des groupes du mouvement kurde syrien démocratique en apparence pour combattre Da3ach en frontière entre la Syrie et l’Irak, ou plutôt pour le remplacer par ces forces militaires kurdes, afin que Da3ach puisse se diriger vers la bataille d’Alep et combattre à la place l’armée arabe syrienne. Ennuyés d’attendre quelques résultats pour le coup d’état contre Bachar el-Assad, dont étaient chargés les saoudiens, les turcs, les qataris, cette fois-ci le découpage de la Syrie est toujours d’actualité, sous forme d’une entité kurde syrienne séparant l’Irak de la Syrie, et donc le Hezbollah libanais de l’Iran. Pour être claire, les américains combattent le terrorisme de Da3ach, sans intention de l’éliminer radicalement. Il y a donc chez les américains deux orientations, l’une idéologique et l’autre pragmatique ; et donc le terrorisme doit être rentable, là ou ailleurs. Il doit offrir des opportunités d’interventions militaires par voie aérienne, par des drones, des avions bombardiers, par l’ingérence dans les affaires internes des états, spécialement ceux qui prétendent être souverains. Ce qui a foiré en Syrie pour les américains, ce sont les vétos consécutifs des russes et des chinois au Conseil de Sécurité de l’Onu, passer outre, c’est la troisième guerre mondiale directe. Ceux qui sont à la tête de Da3ach connaissent la tactique et la stratégie des américains, puisqu’ils sont leurs propres produits des services secrets américains, anglais, allemands et français. Les américains et Da3ach bougent et manœuvrent en coordination les uns avec les autres. L’offensive de l’armée irakienne et la libération de la ville de Fallouja a fait fuir un grand nombre de terroristes DA3ch, dans quelle direction ? Puisque le vis-à-vis côté syrien, par la réaction rapide de l’armée arabe syrienne en direction de l’aéroport syrien de Tabqa occupé par Da3ach depuis deux années, maintenant à portée d’obus de canons de l’armée arabe syrienne. De même pour la banlieue de la ville syrienne de Raqqa proche, occupée par Da3ach est désormais encerclée par la même armée arabe syrienne. Cette manœuvre militaire de l’armée arabe syrienne a totalement perturbé le plan américain, de vouloir séparer la Syrie de l’Irak par une entité kurde à leur service en territoire syrien. Empêchant ainsi les fuyards de Da3ach de Fallouja, ville irakienne presque sur le point d’être entièrement débarrassée de la présence de Da3ach, de venir renforcer la défense de l’aéroport de Tabqa, ainsi que de la ville de Raqqa ; tous deux prévus pour être occupés par les forces démocratiques kurdes syriennes aidées par des forces spéciales américaines, françaises et allemandes au sol, et américaines et anglaises, par leurs aviations de guerre, dont la présence de toutes ces forces appartenant à l’OTAN est sans autorisation du gouvernement syrien et donc en pleine violation de sa souveraineté. Pour encore démontrer la tactique américaine, lorsqu’en Irak, Da3ach de lui-même s’était dirigé vers le Kurdistan irakien, relativement autonome du reste de l’Irak, aussitôt les américains sont intervenus par leur aviation de guerre pour l’en empêcher; par contre, lorsque Da3ach se dirigeait en direction du territoire syrien depuis l’Irak, l’aviation de guerre américaine le couvrait, en faisant mine de le bombarder devant l’opinion publique. A le repousser vers l’Est et le sud géographiquement parlant, pour aller massacrer, détruire et brûler des zones habitées par chiites ou par des chrétiens, ou par des sunnites, ou par d’autres minorités ethniques, cela provoque indéniablement le plus de chaos possible dans les milieux sociaux visés en Irak et en Syrie, toujours dans le cadre des guerres de religions, des groupes ethniques et cultuels différents entre eux. Ce plan de diviser pour régner a échoué en Irak, et bien en Syrie, puisqu’il ne s’y trouvé aucun milieu réceptif à cette stratégie machiavélique américaine. Ainsi les terroristes de Da3ach se sont retrouvés la plus part du temps isolés parmi une population qui les refuse de la population. Les études et statistiques disent que seulement 10% de ces populations envahies par Da3ach, ont sympathisé avec l’envahisseur, celles qui étaient incarcérées et élargies par Da3ach de leurs cellules bien entendu, pas la majorité de la population, qui sera torturée, assassinée, enfermée, à cause de son attachement à son gouvernement, et qui tente par des moyens divers de fuir, ou de communiquer toutes sortes d’informations à l’armée arabe syrienne non loin là, sur leur quartier général pour que l’aviation puisse le bombarder, afin de les libérer de l’occupant terroriste. Maintenant, nous entendons que Da3ach veut frapper le cœur de l’Europe, et face à ces défaites consécutives, c’est dans cette direction via le territoire libyen par sa côte maritime méditerranéenne que cela est possible. Donc, qu’est qui restera de Da3ach après sa défaite en Irak et en Syrie. Sans attendre d’être complètement anéantie dans ces deux pays du Moyen-Orient, Da3ach prend déjà ses dispositions pareilles aux criquets nuisibles et migrateurs, pour se déplacer ailleurs et retrouver des moyens, comme les puits de pétrole en Libye, pour financer et continuer son aventure infernale dans le monde. Les penseurs de ce groupe terroriste dont l’origine remonte à Ben Laden en Afghanistan, Un certain Abdallah Ben-Mohamed proposa un concept en deux ailes, en 2011. D’abord établir une base forte en Irak; ensuite s’emparer du Yémen, et enfin prendre pied au pays du Levant, c’est à dire la Syrie et le Liban, et la Jordanie. Ainsi l’Arabie Saoudite sera encerclée ; et ensuite se diriger vers la Palestine, selon sa théorie, ce dont je m’en doute. Deux ailes donc, qui disposent de pétrole et de gaz, qui disposent de grands fleuves, d’agriculture, et du contrôle de voies de passages maritimes et terrestres, d’importance mondiales, obligeant les états-uniens de composer et d’accepter de traiter avec. Ben Laden tué, ce plan est resté inachevé. Le coup fatal que Da3ach a reçu en Irak, par la perte de Falloudja, et les mésaventures qui lui sont arrivées en Syrie, par la perte de Tadmur (Palmyre), l’ont laissé boiteux, songeant à un autre plan, un plan de rechange, car la bataille d’Alep, avec la présence de l’aviation russe est certainement impossible. Le Sinaï égyptien ? Bien que Da3ach dépend pour ses déplacements massifs de la Turquie vers la Libye ; mais vers le Sinaï, alors que l’Arabie Saoudite a relativement de bonnes relations avec l’actuel pouvoir politique dirigé par El-Sissi. Les deux iles égyptiennes dans le détroit de Tiran données aux saoudiens, pour construire un pont routier reliant l’Asie mineure à l’Afrique ; cela est assez pesant pour détourner le passage des terroristes de Da3ach par le nord du Soudan depuis le Yémen, et ensuite vers la Libye en frontière pour éviter l’Egypte, ce qui est le plus que probable, et presque indispensable à sa survie, vue les puits de pétrole qui s’y trouve . Déjà des transports par voies aériennes de la Turquie, ou du territoire saoudien en bordure de l’Irak, furent accomplis par les saoudiens discrètement pour un grand nombre de terroristes de Da3ach et déposés au Yémen. Les turcs par voies aériennes et maritimes ont également fait évacuer un très grand nombre de ces mêmes terroristes de la Turquie vers la Libye. Cependant le Sinaï proche du Yémen ainsi que le nord du Soudan, seront des zoned de passage vers le Sahel, l’Afrique du Nord, et donc vers la Libye. Ainsi, les pays d’Afrique du Nord qui ont une bonne armée comme l’Egypte et l’Algérie auront fort à faire face à ce nouveau phénomène en force, tendis que la Tunisie sans tutelle américaine ne pourrait pas survivre ; de même pour les pays du Sahel et d’Afrique noire qui seront les prochaines victimes, sans oublier la côte maritime qui s’ouvre sur l’Occident. Ainsi, les français et les américains continueront de piller les africains, et éloigneront les chinois de venir faire des affaires profitables pour eux et pour les africains.

  2. Mon second article sur les migrants, syriens ne passe pas, pourquoi ? Alors que son contenu est une réponse à l’auteur de cet article, qui de par son nom ne peut-être qu’israélite, et l’orientation idéologique du contenu de son article est sioniste, plus français que les français, sans gène pour les français qui ne sont que français, et qui parle du droit de l’homme comme une nouvelle religion, comme un nouveau communisme, alors qu’il est divin en Palestine aussi, ce que les occupants sionistes ne respectent pas. Dire que c’est un nouveau communisme, alors que le communisme est humaniste avant tout, et ce qui le rend déplaisant, c’est son côté barrière au capitalistes sauvages. L’orientation du contenu de son article est islamophobe, puisque, il ne parle que des effets et non les causes de ces effets. Le pourquoi ces syriens ont quitté leur pays. Pour l’installation d’Israël est en terre sainte, si l’on est islamophobe, pourquoi donc soutenir cette entité coloniale en terre sainte. A mon avis, vous me transmettez un signal qui défini votre opinion.

  3. Daesh et les homosexuels
    par Thierry Meyssan
    Revenant sur la tuerie d’Orlando, Thierry Meyssan rappelle que le conflit entre Daesh et la République arabe syrienne est d’abord une lutte entre deux formes de sociétés, dominée par les hommes pour la première, égalitaire en droits pour la seconde. C’est aussi l’occasion pour lui de souligner que la civilisation syrienne a une longue histoire méconnue d’intégration des homosexuels que Daesh tente de détruire.

    RÉSEAU VOLTAIRE | DAMAS (SYRIE) | 20 JUIN 2016
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    En 2011, alors que la guerre commence en Syrie, un blog apparait sous le nom de « Gay Girl in Damascus » (une fille gay à Damas). L’auteure raconte à la fois sa vie de femme libre dans la capitale syrienne et critique le « régime de Bachar ». En décembre, un message est posté sur le blog par un de ses cousins affirmant que la jeune fille vient d’être arrêtée par les « mukhabarat » (Renseignements généraux). Les associations gays occidentales —qui ignorent tout de la Syrie— se mobilisent contre la « dictature ». On apprendra plus tard que la jeune fille n’a jamais existé. Le blog était en réalité tenu à des fins de propagande par Tom MacMaster depuis l’université d’Edinbourg, probablement pour le compte du MI6.
    La tuerie d’Orlando a poussé sous le feu des projecteurs le traitement des homosexuels par Daesh. Pourtant, l’assassin qui se réclamait du groupe terroriste était lui-même un client de la discothèque gay et avait eu des relations sexuelles avec au moins un autre client. Il semble donc qu’il avait ciblé une discothèque et non pas une discothèque gay.

    Quoi qu’il en soit, le massacre des homosexuels n’est pas l’apanage de Daesh, c’est une pratique de nombreux groupes sectaires se réclamant de diverses religions, et plus particulièrement des groupes islamistes. C’était le cas par exemple de l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda dans les années 90 —qui se réclamait de Jésus— ou aujourd’hui des jihadistes —qui se réclament de Mahomet—. D’une manière plus générale, une grande partie des juifs, des chrétiens et des musulmans considèrent la sexualité entre personnes de même sexe comme un « péché », tout en admettant que l’on ne choisit pas de qui on « tombe » amoureux.

    D’un point de vue ethnologique, la condamnation de l’homosexualité au nom de ces religions est concomitante d’une vision de la société où les hommes dominent les femmes. Elle n’existe pas dans les sociétés où les individus sont égaux en droits.

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    L’élection de « Monsieur Gay Syrie » 2016 a été organisée par Subhi Nahas au mois de mai à Istanbul et non pas à Deir ez-Zor. Un visa Schengen a été refusé au lauréat qui ne pourra donc pas concourir à l’élection de « Monsieur Gay Monde » à Malte.
    © Bradley Secker / Daily Mail
    Daesh et le Baas : deux conceptions de la société

    Comme je l’écrivais, il y a un an, « le soutien dont Daesh bénéficie parmi certaines populations n’a rien à voir ni avec le Coran, ni avec la lutte des classes. C’est la révolte d’un mode de vie en train de disparaître, d’une société violente dominée par les hommes, contre un mode de vie respectueux des femmes et contrôlant les naissances » [1]. Dès lors, le massacre des homosexuels est devenu pour les jihadistes un argument pour « conquérir les cœurs et les esprits ».

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    Mohammed Allouche, négociateur-en-chef de l’opposition modérée aux négociations de Genève, est parvenu à cette responsabilité en jetant lui-même des homosexuels depuis les toits de Douma (Damas).
    Le négociateur en chef des « modérés » aux négociations de Genève, Mohamed Allouche, s’est rendu célèbre en précipitant des personnes accusées d’homosexualité des toits de Douma, dans la banlieue de Damas, sans provoquer la moindre protestation de ses sponsors occidentaux. Bien que son groupe, l’Armée de l’islam (Jaysh al-Islam), soit financé par l’Arabie saoudite et encadré par des conseillers militaires britanniques, il était assisté en permanence durant les négociations par le chargé d’affaire français pour la Syrie. Ce diplomate —d’une République laïque— est intervenu pour que l’hôtel suisse qui les hébergeait retire des tableaux et couvre des statues dont la nudité aurait pu choquer ce modèle de « démocrate ». Probablement pensait-il —et il se trouve qu’il vit lui-même en couple gay avec un autre diplomate— que les exactions de Mohammed Allouche étaient moins graves que celles du « régime de Bachar ».

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    Le 13 juin, François Hollande diffuse un Tweet : « L’effroyable tuerie homophobe d’Orlando a frappé l’Amérique et la liberté. La liberté de choisir son orientation sexuelle et son mode de vie ». Le président français ne conçoit pas que l’on puisse « tomber amoureux » d’une personne de même sexe, pour lui, c’est une question de « choix ».
    Or, aujourd’hui, dans le monde arabe —qui est minoritaire par rapport aux musulmans du monde entier—, seuls la Syrie, le sultanat d’Oman et certains Émirats arabes unis intègrent les homosexuels.

    Il faut ici rappeler que, contrairement à une image qui a été imposée sans être discutée, jamais la République arabe syrienne n’a persécuté qui que ce soit pour des motifs d’ordre privé. Tous les crimes, réels ou plus souvent imaginaires, qu’on lui attribue sont exclusivement liés à la répression des islamistes, que ce soit les Frères musulmans ou plus récemment leurs extensions d’al-Qaïda et de Daesh. En février dernier, le quotidien libanais financé par l’Union européenne, L’Orient-Le Jour, connu pour son parti pris systématiquement anti-syrien, consacrait une série d’articles à une comparaison entre la vie gay au Liban et en Syrie. Alors qu’au Liban, la police arrête des jeunes gens souvent dénoncés par leur famille, fouille leurs téléphones portables à la recherche de photographies compromettantes, convoque leurs amis, fait passer à tous les suspects un examen médical censé déterminer la dilatation de leur anus, et les tabasse jusqu’à ce que l’un d’entre eux accuse les autres, en Syrie observe le journal, « sous le régime de Bachar el-Assad, la communauté gay coulait des jours heureux » [2].

    Les Syriens n’envisagent pas la question de l’homosexualité sous l’angle de la tolérance ou de l’intolérance, mais sous celle de la vie privée. Et, des milliers d’années de civilisation leur ont appris qu’ils ne peuvent survivre dans cette région du monde qu’en vivant ensemble, et qu’ils ne peuvent y parvenir qu’en respectant la vie privée de chacun. Il est donc possible de déclarer mépriser les homosexuels en général tout en s’interdisant d’accuser quiconque en particulier d’être gay.

    Même si les dispositions du Code pénal de 1949 n’ont pas été abrogées, le parti du président Bachar el-Assad, le Baas, a installé une culture presque unique dans un pays arabe, basée sur le respect des différences. De sorte que L’Orient-Le Jour s’étonnait d’entendre un réfugié syrien gay évoquer son service militaire comme les « plus belles années de sa vie », et raconter « les fêtes dans des salles de mariage louées par des couples gays pour célébrer leur union ». Ce n’est qu’à l’arrivée de Daesh qu’il est contraint de « cacher ses pantalons roses et jaunes, et de s’entraîner à marcher d’une façon masculine ».

    Bien que les fondateurs du Baas se soient d’abord inspirés de la Révolution française, leur idéologie est surtout le fruit de la culture syrienne. Et contrairement aux autres pays arabes, la Syrie a une longue tradition de respect des différents modes de vie.

    Les religions bibliques et la sexualité

    Le judaïsme a été fondé au royaume de Jérusalem. Le christianisme par Paul de Tarse à Damas. L’islam a été donné à Mahomet en Arabie, mais le Coran n’a été écrit qu’une vingtaine d’années après sa mort, sous l’autorité du troisième calife, Othmân, à Damas. De fait, les trois religions bibliques ont été créées dans la Syrie géographique.

    Trois passages de la Torah évoquent explicitement l’homosexualité. Selon le Lévitique : « Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination » (18:22) et « L’homme qui couche avec un homme comme on couche avec une femme : c’est une abomination qu’ils ont tous deux commise, ils devront mourir, leur sang retombera sur eux » (20:13). Enfin le Deutéronome : « Qu’il n’y ait point de prostituée entre les filles d’Israël, et qu’aucun des fils d’Israël ne se prostitue à l’infamie » (23:17).

    Replacés dans leur contexte, les deux premiers versets ressortent de la conception patriarcale des tribus de l’époque, le troisième est une condamnation de la prostitution sacrée pratiquée par dans les temples d’autres tribus et donc assimilée à de l’idolâtrie. Aujourd’hui, les juifs réinterprètent leur religion pour abandonner les aspects tribaux et n’ont pas de difficulté à intégrer les homosexuels. Ils comprennent souvent la relation entre Ruth et Naomi et celle entre le roi David et Jonathan comme des relations homosexuelles. Cependant, ceux qui se réclament de l’Alliance de Dieu avec les seules Tribus d’Israël persistent à y voir une « abomination ». Ainsi, l’État d’Israël intègre les homosexuels, toutefois le groupe Levaha proteste chaque année contre la Gay Pride et, en 2015, un juif ultraorthodoxe y a poignardé six gays.

    Selon les Évangiles, Jésus de Nazareth n’a pas cessé de critiquer les interdits et le formalisme du judaïsme antique, alors même qu’il n’a jamais critiqué le paganisme romain. Il a promu une forme de spiritualité fondée sur l’amour et le sacrifice et n’a jamais abordé de question sexuelle. Il n’y a donc aucun fondement scripturaire aux condamnations de l’homosexualité par les Églises chrétiennes.

    Les premiers chrétiens étaient divisés en deux groupes distincts. Les juifs qui considéraient Jésus comme leur Messie, et les gentils (les païens) qui le voyaient comme l’exemple d’un homme parfait. Les premiers étaient organisés à Jérusalem autour de Jacques, « frère de Jésus », tandis que les seconds se structurèrent à Damas et à Antioche. Les premiers refusaient de célébrer la messe avec les seconds qui, en tant que goyim, étaient « impurs » à leurs yeux. Le premier groupe fut tué lors de la répression romaine à Jérusalem, seul le second a survécu.

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    Saint Serge (ou Sarkis en arabe) et Saint Bacchus sont considérés au Levant comme des exemples pour les chrétiens. C’est le seul cas d’un couple qui ait été canonisé, un honneur qui n’a pas été reconnu à des couples mariés.
    Durant l’antiquité, y compris durant les premiers siècles du christianisme, les amants de même sexe étaient intégrés dans la société et donc dans l’Église. Au IIIe siècle, le commandant de la Schola gentilium (troupe d’élite qui remplaça la Garde prétorienne), Sarkis, et son aide de camp, Bacchus, furent martyrisés par l’empereur Maximien près de Rakka (l’actuelle capitale de Daesh) pour s’être convertis au Christ et avoir refusé de sacrifier aux dieux romains. Les deux hommes étaient amants et avaient été reconnus comme tels par l’Église qui célébra pour eux l’adelphopoiia, un rite équivalent à celui proposé aux couples de même sexe dans la société romaine. Bacchus, qui avait été dégradé, puis flagellé à mort, apparut en songe à Sarkis lorsque celui-ci fut à son tour torturé. En tenue d’officier romain, il encouragea son amant à ne pas abjurer sa foi et à mourir en soldat du Christ. Par la suite, le culte de Saint Sarkis et Saint Bacchus se répandit dans tout le Levant.

    Ce n’est qu’à partir du XIème siècle et spécialement avec la Contre-Réforme que les chrétiens condamnèrent l’homosexualité. Rome reprit alors la philosophie vitaliste de la fin de l’Empire romain pour qui le but de la sexualité est la reproduction de l’espèce. Les chrétiens d’Occident justifièrent ce retournement en s’appuyant sur les épitres de Paul aux Corinthiens (VI:9-10) et aux Romains (I:26-28), voire en retournant au Lévitique et au Deutéronome. Or, outre que ces textes ont probablement une signification bien différente, ils n’ont pas l’autorité du Christ. Quoi qu’il en soit, l’intégration des homosexuels se poursuivit parmi les chrétiens du Levant jusqu’au XVIIIème siècle.

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    En septembre 2015, Daesh exécute des personnes accusées d’homosexualité à Hreitan (Alep) en les jetant du haut des toits. L’un des suppliciés était âgé de 15 ans.
    L’islam se présente comme une intervention de Dieu clarifiant la confusion théologique qui régnait en Arabie. Le Coran, reprenant le mythe de la Genèse (19) évoque en six occasions le mythe de Sodome et Gomorrhe (7:80-81, 21:74, 26:165-166, 27:54-55, 29:28-30 et 54:33-34). Ces versets n’ont été interprétés que récemment pour condamner le « crime de Loth », lapider les homosexuels ou les jeter du haut de falaises. En réalité, le mythe de Loth ne porte pas sur les relations entre personnes de même sexe, mais stigmatise à la fois le non-respect de l’hospitalité et le viol que les Bédouins considéraient comme une marque d’asservissement. En outre le Coranù ne condamne pas Loth —qu’il présente comme un des prophètes de l’islam—, ni les visiteurs qui s’avèrent être des anges, mais les habitants de Sodome. De nombreux artistes de l’âge d’or de l’islam ont célébré des amours homosexuels et plusieurs califes ont affiché leurs amours avec d’autres hommes (par exemple Al-Amîne, Al-Muʿtas̩im et Al-Wathiq).

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    Lors de la réunion du Conseil de sécurité du 24 août 2015, la représentante permanente des États-Unis, Samantha Power, fit auditionner Subhi Nahas, le leader d’une organisation gay syrienne en exil en Turquie. Le jeune homme décrivit les horreurs de Daesh. Mais, à la grande déception de l’ambassadrice, il expliqua avoir fui le pays pour échapper aux jihadistes et refusa de condamner la République arabe syrienne.
    Qui est à l’aise avec l’homosexualité ?

    Aujourd’hui, Daesh mène campagne contre ceux qui pratiquent « le crime de Loth ». Le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu, le 24 août 2015 à l’initiative de Washington et de Santiago, une réunion sur les exécutions que l’organisation terroriste avait pratiqué pour homosexualité, en Irak et en Syrie.

    Cependant plusieurs membres du Conseil ont hésité à condamner les exactions des jihadistes. L’Angola (chrétienne à 80 %) et le Tchad (à majorité musulmane) ont demandé à leurs ambassadeurs de ne pas participer à la réunion, tandis que d’autres membres du Conseil ont exigé le huis clos, de sorte qu’on ne dispose pas du procès-verbal de séance et que le Conseil s’est abstenu de toute conclusion publique.

    On ignore donc s’il a examiné uniquement les exactions de Daesh ou s’il a étendu ses investigations aux autres groupes jihadistes. En septembre 2013, le Front al-Nosra (al-Qaïda), encadrés d’officiers turcs et français, tenta de prendre la petite ville de Maaloula (à 40 kilomètres de Damas). Cet objectif n’avait aucune valeur stratégique, ni même tactique, mais est le symbole des Chrétiens d’Orient. C’est la plus ancienne ville chrétienne au monde, convertie en l’an 35 par Paul de Tarse et Sainte Thècle. Maaloula prétend conserver la tradition du christianisme originel, indépendamment du schisme entre catholiques et orthodoxes. Les jihadistes s’acharnèrent contre toutes les représentations chrétiennes, particulièrement contre la grande statue de la Vierge (pourtant célébrée par le Coran), les reliques de Sainte Thècle (que les catholiques ne reconnaissent plus comme sainte parce qu’elle donnait les sacrements comme un homme, mais que les orthodoxes considèrent comme le treizième apôtre) et les deux monastères de Saint Sarkis et Saint Bacchus. Les Églises catholique et orthodoxe, qui ont soutenu les habitants de Maaloula, se sont bien gardées de revenir sur cet aspect des événements.

    En définitive, les Occidentaux paraissent bien peu sincères dans leur intégration des homosexuels. Ils en ont fait un symbole des sociétés libres et ont manipulé ce sujet pour inculquer l’idée que la République arabe syrienne serait un régime répressif. Mais, l’intox de la « Gay Girl in Damascus » comme la tentative de manipulation de Subhi Nahas ont échoué. Par contre, ils n’ont eu aucune retenue à soutenir al-Qaïda lorsqu’il a attaqué les monastères de Saint Serge et Saint Bacchus, ou Mohammed Allouche lorsqu’il jetait des gays depuis les toits.

    Thierry Meyssan
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    [1] « La CIA dépassée par le soutien de civils à Daesh », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 16 mars 2015.

    [2] « J’ai caché mes pantalons roses et jaunes, et je me suis entraîné à marcher d’une façon masculine », Chérine Yazbeck, L’Orient-Le Jour, 8 février 2016.

    Thierry Meyssan
    Thierry Meyssan Consultant politique, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Dernier ouvrage en français : L’Effroyable imposture : Tome 2, Manipulations et désinformations (éd. JP Bertand, 2007). Compte Twitter officiel.

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