Détruire la Suisse, mode d’emploi…

Détruire la Suisse, mode d’emploi…

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PHILIPPE BARRAUD

C’est un livre lucide, grinçant et formidablement percutant. Il s’intitule «Comment détruire un pays». L’auteur, Rolf Zwicky, au fil d’un deuxième degré dévastateur et jubilatoire, distille ses conseils à ceux qui veulent détruire la Suisse. Un livre qui fait du bien, et dont aucun média ne parlera, évidemment.

Pour détruire la Suisse, explique Rolf Zwicky dans son mode d’emploi*, il faut tout faire pour favoriser la mondialisation, l’immigration de masse, la disparition de la culture et des valeurs de la Suisse, l’intégration européenne, et l’évolution des droits populaires vers une post-démocratie où le citoyen déléguera ses droits à une entité supérieure non-élue, les fonctionnaires de l’Union européenne.

Ce dernier point doit être essentiel aux yeux des destructeurs.

En effet, observe l’auteur, ils doivent s’engager en faveur de l’UE, «car pour la Suisse et ses citoyens qui attachent tant d’importance au référendum et à l’initiative populaire, ainsi qu’à son respect par l’autorité exécutive, ce serait un élément de destruction essentiel.»

Et l’auteur de citer un allié objectif utile, le NOMES, qui promet aux Suisses, en échange de l’abandon de leur souveraineté, «de nouveaux droits démocratiques», comme celui «d’adresser des pétitions au parlement européen pour lui demander de proposer des lois», ou «de lancer et soutenir une initiative populaire européenne avec un million de signatures.»

Sachant que le Parlement européen n’a aucun pouvoir, et que les rarissimes initiatives populaires passent à la poubelle, le remède est effectivement efficace. De la même manière, l’utilisation habile des droits de l’homme pour affaiblir la souveraineté de la Suisse est recommandée.

L’immigration est évidemment une arme de destruction massive dont on ne doit pas se priver, car elle contribue efficacement à la disparition de l’esprit communautaire helvétique:

«Pour celui qui, comme vous, cherche à anéantir notre pays, la disparition de l’esprit communautaire helvétique et la submersion de la culture locale, la nôtre, par un tutti frutti mondialisé est donc une étape essentielle. Vantez, valorisez le multiculturalisme, cette fraternité nouvelle qui doit amener chacun à comprendre que dorénavant toutes les cultures sont égales sur notre sol – le nôtre surtout – et que c’est un destin inévitable pour notre pays.»

Au passage, l’auteur offre un intéressant contre-pied à une déclaration de Pascal Couchepin, selon lequel «le métissage culturel est une formidable chance pour le renouvellement de nos sociétés.»

RolfZwicky ose l’impensable: «Pourquoi un métissage culturel serait-il une chance, au demeurant formidable ? Nulle explication, pas le début du commencement de la moindre justification, seulement des affirmations de style fin de banquet, des lieux communs infiniment répétés qui finissent par lassitude à s’imposer comme des quasi-vérités, alors que leur lecture attentive démontre leur manque de fond et d’éléments argumentaires. Pourquoi notre culture, sans apport congolais, sri-lankais ou balkanique, serait-elle soudain devenue impropre à satisfaire notre population ? »

Est-ce un crime de vouloir rester ce l’on est, demande l’auteur ? «N’est-ce pas ce que désire la majorité de notre peuple plutôt que de subir des métissages culturels ? Et des métissages avec quelles autres cultures ? Et choisies par qui ? Et désirées quand par le «souverain» ?

A la fin de chaque chapitre, Rolf Zwicky résume ses conseils à ceux qui veulent détruire la Suisse. Au sujet du multiculturalisme, cela donne ceci:

«N’hésitez pas à répéter que:

  • L’immigration massive et ses conséquences telles que le métissage de notre culture est une chance pour notre pays.
  • Sans ce métissage, il n’y a pas d’avenir.
  • Ceux qui restent accrochés à nos cultures sont des peureux et c’est cette peur qui les empêche de comprendre.
  • Rappelez en permanence que c’est indispensable à l’économie de notre pays, le pouvoir d’achat de chacun en dépend (Suscitez un sentiment d’inquiétude en cas de réduction même minime de l’immigration).
  • Répétez que l’accueil est une tradition à laquelle la Suisse ne peut se soustraire (Insistez sur la fidélité à nos valeurs).
  • Soulignez que c’est de plus un indispensable enrichissement culturel.
  • Dénoncez la haine et l’égoïsme qui SEULS s’opposent aux bienfait de cette immigration.»


LE POUVOIR DES MOTS

On l’aura compris: dans l’arsenal de ceux qui veulent détruire la Suisse telle qu’elle est (encore), les mots jouent un rôle-clé, et c’est pourquoi Zwicky y insiste: «Pour mieux souligner le dynamisme qui anime votre action, il vous faut utiliser des idées de marche et d’élan dans lesquelless’inscrivent vos idées. Evoquez l’inévitable évolution de nos sociétés, les indispensables changements, l’adaptation aux exigences d’aujourd’hui. (…) Ceux qui militent dans votre sens sont évidemment ouverts sur l’avenir, conscients des problèmes d’aujourd’hui (ou mieux: de demain). L’idée devision et de visionnaires doit apparaître.» Aux adversaires, il faut attribuer de la haine, les accabler de la honte du rejet de l’autre, leurnationalisme étriqué.

L’auteur donne encore ce conseil: «Souvenez-vous que votre critique ne doit jamais porter sur ce que disent vos adversaires mais sur unecaricature extrême de leurs positions ou de leurs propos.»

Si les destructeurs de la Suisse n’ont pas encore gagné, Rolf Zwicky donne à penser que cela viendra. «Ainsi, par vos efforts, notre pays ne sera bientôt plus qu’un théâtre sur la scène duquel nos politiciens, devenus acteurs, réciteront un texte composé ailleurs. Ils joueront pour une assistance résignée la pièce imaginaire de la souveraineté et de l’indépendance sauvegardées, alors que tout ne sera plus que subordination et soumission. Sur le plateau aux décors évoquant fierté, traditions et grandeur du passé, ils n’en seront que plus discoureurs et verbeux. Dans leurs dialogues, chaque acte d’allégeance sera glorifié comme une avancée au bénéfice de tous, chaque reculade sera un avantage inespéré, et au grand final l’asservissement ultime sera vanté comme le triomphe de notre politique de sagesse et d’ouverture.»

L’ouvrage de Rolf Zwicky, qui est solidement étayé et pétri d’une ironie roborative, est extrêmement utile: nous n’entendrons plus désormais les gens des médias et les politiciens de la même manière, car il aura instillé définitivement le doute critique dans notre esprit ! Et il est peut-être excessivement pessimiste: les Suisses ne se laisseront pas faire. Enfin, espérons-le…

Puisque les médias ne parleront probablement pas de cet ouvrage qui les met si cruellement en cause, il faut le faire connaître par d’autres moyens. A chacun donc de participer à la propagation virale de cet indispensable antidote à la destruction de ce à quoi nous tenons.

* “Comment détruire un pays”. De Rolf Zwicky. Editions Voix libre.

Source: lesobservateurs.ch

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