La kyrielle des journées mondiales…

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…Ou comment tenter de palier au calendrier chrétien.

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Saviez-vous que le 19 janvier est la Journée internationale du pop corn ? Et le 17 octobre, comment fêtez-vous la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté ? N’oublions pas les plus incongrus, comme la Journée mondiale de la marionnette, le 21 mars, ou enfin, apogée de la bêtise d’un siècle ridicule, la Journée de la fesse, le 19 juin.

La journée de tout et n’importe quoi

On compte plus de 400 journées mondiales de quelque chose –qui n’est souvent rien. Dans un monde où l’on rechigne à laisser son dimanche au Bon Dieu, le manque de fêtes à célébrer pousse à créer les excuses les plus absurdes pour donner un semblant de rythme liturgique aux années qui passent. Nous voici à consacrer la Journée internationale de la femme, aux malades, aux migrants, à la paix, aux câlins…  Et ce ne sont que les fêtes répertoriées par l’Unesco. Si vous avez la chance d’user des réseaux sociaux, vous avez pu constater qu’il existe des #nationalhugday,#nationalpuppyday… Mais ces derniers ne sont même pas à critiquer ici, tant ils respirent tout naturellement le manque d’intérêt et de superbe.

Le calendrier liturgique a choisi chaque jour de célébrer tel saint pour que l’Église entière se souvienne du martyre de telle jeune vierge sous les persécutions de Néron, du règne bienveillant d’un pieu souverain, ou de celui d’un bon Pape… Des fêtes instaurées en l’honneur de belles âmes, méritantes, en somme.

Que deviennent les saints du calendrier ?

Comprenez : il n’y a rien d’intrinsèquement mauvais à célébrer la femme, les migrants, ou la paix. Accorder un jour à un saint permet de méditer sur la vie de ces héros de chrétienté, et surtout de prier chaque jour l’intercession de l’un d’eux. Si l’on ne prie pas pour les femmes, les migrants, ou la paix, que fait-on ? On se lève le matin, on écoute bêtement une chaîne de radio vous dire que c’est la journée de telle idiotie, et puis… voilà. La sensibilisation aux problèmes que soulignent ces journées me direz-vous ? Si ce n’est un vague sursaut qui peut durer quatre à cinq jours avant de se noyer dans un quotidien rasant, ces sensibilisations sont stériles.

Mais vous comprenez, une journée mondiale ça vous donne l’illusion d’appartenir à une communauté, une assemblée… Mais d’ailleurs, ecclesia en latin, avant de désigner l’Église, ça ne voulait pas dire assemblée ? Puisqu’on ne se veut surtout pas membre du corps du Christ (c’est si XIIesiècle…), on se veut citoyen du monde, dont on célèbre les différentes journées, qui rivalisent de vacuité. On n’est pas vraiment « libre », on change de maître. Combien de temps faudra-t-il pour se rendre compte que le Bon Dieu est un Seigneur infiniment plus bienveillant que la déesse laïcité ?

Personnellement, j’ai commencé à m’en douter quand j’ai vu que le 19 juin, on avait le choix entre mettre une photo de son postérieur pour la journée de la fesse sur les réseaux sociaux, ou prier saint Jude, apôtre, et saint patron des causes désespérées…

Le 19 juin, pensez donc à prier saint Jude pour le monde moderne.

Source. fr.aleteia.org