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À Berlin, des migrants musulmans choisissent le Christ

À Berlin, des migrants musulmans choisissent le Christ

ARTICLE | 04/12/2015 | Numéro 1977 | Par Pierre Jovanovic

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Des cours d’étude de la Bible (ici, traduite en farsi) sont délivrés pour les migrants afghans et iraniens dans la paroisse de la Trinité, à Berlin.

©ZACHARIE SCHEURER.

EXCLUSIF MAGAZINE

– La paroisse luthérienne de la Trinité, dans le quartier de Steglitz, attire de nombreux migrants.

S’y produisent des conversions massives et sincères, que l’islamisme a préparées, bien malgré lui. Et qui réveillent…

Le pasteur Gottfried Martens est un homme très occupé. Il court partout dans les locaux de son église. En ce dimanche de novembre, le culte de l’église luthérienne de la Trinité, dans le quartier résidentiel de Steglitz, au sud de Berlin, rassemble plus de deux cents fidèles.

Noyés dans une foule de migrants, majoritairement masculine, une vingtaine d’Allemands. Le pasteur procède à trois baptêmes d’Iraniens : Sarah et Arash, un couple de réfugiés, et un jeune homme qui a choisi le prénom de Martin.

Les textes liturgiques sont lus en allemand, puis en farsi, langue persane commune aux Iraniens et aux Afghans. Malgré la foule qui se presse, l’assemblée est recueillie. Il faut une heure pour distribuer la communion, tant il y a de fidèles. Elle est reçue à genoux et dans la bouche (1).

La paroisse de Steglitz est rattachée à l’Église évangélique luthérienne indépendante (SELK). Elle ne fait pas partie de l’Église protestante d’Allemagne (EKD), qui regroupe les luthériens et les calvinistes, majoritaire dans la région de Berlin, et qui fait jeu égal avec l’Église catholique dans le reste de l’Allemagne.

Repérée par les médias, cette paroisse connaît une renommée disproportionnée par rapport à son statut minoritaire. Mais son succès en fait un laboratoire de l’évangélisation des musulmans. « L’évêque catholique de Wrocław, en Pologne, confronté aux quotas européens de migrants dans sa ville, est venu nous visiter, pour étudier notre travail missionnaire », raconte le pasteur avec une pointe de fierté.

Un pêcheur d’hommes à Berlin

Gottfried Martens est animé d’une fougue étonnante. Pendant le repas persan qui suit le culte dominical, il circule entre les groupes de fidèles pour leur parler.

Il les appelle par leur prénom, les serre dans ses bras, et reste jusqu’au soir dans son bureau à leur disposition. « En 2011, j’ai baptisé les premiers convertis de l’islam. Depuis, ils n’ont cessé d’affluer », raconte-t-il. « En 2013, nous avons décidé de reprendre cette église, qui était sur le point d’être vendue, et d’en faire une communauté pour les convertis. »

Par le bouche-à-oreille, l’église de Steglitz est devenue un point de chute et un lieu de rencontre pour des réfugiés déracinés : Iraniens, Afghans, et maintenant Érythréens et Syriens. « Nous comptons huit cents musulmans convertis parmi nos membres », explique le pasteur, qui a baptisé près de cinquante personnes pour le seul mois de novembre : « Ce n’est pas moi qui les attire, c’est le Christ ! »

La majorité des convertis sont iraniens. Souvent victimes de persécutions politiques, ils sont nombreux à s’être intéressés au christianisme en Iran.

Hadi, une trentaine d’années, est baptisé depuis quinze jours. Musicien et poète, il a été emprisonné pour avoir monté un groupe de rock metal : « Ils disent qu’on chante pour le diable », précise-t-il en riant.

À Téhéran, Hadi s’était intéressé au christianisme. Il questionnait des Arméniens, dont l’Église est la seule reconnue par le régime iranien, avec l’Église catholique chaldéen­ne. C’est en Allemagne qu’il s’est converti. « Je n’ai jamais été musulman !, explique-t-il. J’ai été élevé dans cette religion, sans y adhérer. Le Coran se contredit. Dans la Bible, Dieu vous aime, pas besoin de tuer pour faire sa volonté ! »

Arvin, son colocataire dans leur foyer de migrants, n’est pas en reste : « L’islam est une prison, avec une liste de choses à faire et ne pas faire », estime ce jeune homme, converti à Téhéran, et baptisé à Berlin.

« Nous ne sommes musulmans que parce que la loi nous y oblige. Dès qu’on peut quitter ces traditions, on n’hésite pas. Un Syrien, au contraire, s’accroche à la religion, en réaction au parti Baas laïque et aux Alaouites », affirme Hamedi, 21 ans, qui se pose la question de devenir chrétien.

Salah, lui, vient d’Ispahan, l’antique capitale de l’empire perse. Il a survécu à un accident de voiture provoqué par la police politique, en répression de sa participation à la Révolution verte, mouvement de contestation contre le régime en 2009. En Iran, il fréquentait des chrétiens évangéliques en secret.

Il a été baptisé à Berlin, après avoir découvert la paroisse de Steglitz : « Le baptême est le grand cadeau que j’ai reçu dans ma vie. Le Christ est le plus bel exemple d’amour qui soit ! »

[…]

famillechretienne.org

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