J’avoue bien humblement que je n’aurais jamais pensé trouver dans un analyste aussi célèbre et médiatisé que Xavier Moreau le courage physique de venir jusque dans le Donbass et à fortiori à quelques encablures du front alors que ce dernier depuis quelques jours s’agite du fait des provocations ukrainiennes. J’ai eu la chance de le conduire dans les environs de Spartak, l’un des coins les plus chauds du Donbass, totalement détruit, au milieu des maisons éventrées et des façades criblées d’éclats d’obus. L’homme n’est plus à présenter, moscovite depuis une quinzaine d’années, talentueux analyste invité sur les plateaux des médias russes et parfois français malgré une censure très forte, Xavier Moreau est venu en simple citoyen français dans le Donbass.

Il pourra dire, même pour ce cours séjour, « j’y suis allé » et très peu d’hommes et de femmes de France ont eu ce courage d’aller aussi loin dans la démarche. C’est en chrétien qu’il est aussi venu dans le Donbass faisant œuvre de charité partout où nous nous sommes rendus avec l’association France Vostok solidarité Donbass dont trois membres étaient aussi du voyage, Alain, Nikola et Elena, cette dernière présidente de l’association. De nombreux reportages sont à venir sur leur action humanitaire admirable et c’est lors du dernier jour de présence dans le Donbass que nous nous sommes rendus sur la ligne de front. Nous sommes allés à la rencontre des gens qui vivent sur le front, dans des conditions effroyables en ce début de presque hiver. Sans eau, ni électricité, sans chauffage, des couples, des personnes âgées, des enfants vivent sous les bombardements sporadiques de l’Ukraine.

Xavier sera allé à leur rencontre mais aussi à celle des soldats près d’un poste de contrôle et d’un bunker de fortune. Les règles de la guerre nous auront interdit de filmer cette scène pour des raisons évidentes de sécurité. Une plaque d’immatriculation polonaise, prise de guerre des soldats ; arborant le drapeau étoilée de l’Union européenne ennemie du Donbass et de son peuple ; trônait accrochée au-dessus de l’ouvrage. Ailleurs c’est avec des jouets, du chocolat et quelques victuailles qu’il est allé à leur rencontre, descendant jusque dans une cave sombre servant de chambre à coucher, la cuisine de fortune se trouvant dehors avec un four artisanal alimenté par le bois des arbres hachés par l’artillerie ukrainienne. Sur le côté se trouvait quelques sacs de résidus de charbon servant à faire bouillir la marmite, une modeste femme épluchant des pommes de terre.

J’aurais moi-même remis à cette famille se terrant dans les ruines les restes d’un repas offert par d’autres habitants du Donbass, Vera et Nadejda, deux sœurs vivants au milieu des ruines laissées par les Ukrainiens du côté d’Enakievo. Un pain traditionnel, quelques cornichons, du lard, des goloubsis, rouleaux de choux fourrés au riz et à la viande spécialité culinaire… ukrainienne très répandue dans le monde slave. Les soldats auront reçu de mes mains un autre don, celui-là venant de ma sœur, infirmière ayant fait passer une chaude écharpe et un filet de camouflage qui les aideront modestement dans leur lutte pour la liberté. Tout ceci est dérisoire mais l’appel aux dons de Xavier Moreau pour l’association Vostok France fera peut-être que la générosité des Français permettra à nouveau au groupe humanitaire français, l’un des seuls ne faisant pas de politique et totalement indépendant, de revenir en aide aux populations. Mais laissons Xavier Moreau s’exprimer lui-même pour une interview exceptionnelle dont je me souviendrais longtemps, ainsi que des quatre jours que nous aurons passés ensemble avec la belle équipe de Vostok France Solidarité Donbass.

http://vostokfrance.wix.com/vostok#!donate/c1sxh

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