ARTICLE | 03/11/2015 | Numéro 1973 | Par Samuel Pruvot

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©SOS Chrétiens d’Orient

EXCLUSIF MAGAZINE – De retour de Syrie, le député Jean-Frédéric Poisson estime que la diplomatie française est dans l’impasse et menace à terme la vie des chrétiens d’Orient.

Le vent de l’Histoire est-il en train de tourner au Proche-Orient ? Jean-Frédéric Poisson veut le croire.

Ce récidiviste a bravé une nouvelle fois l’embargo diplomatique de la France à l’encontre de la Syrie. Il re-connaît bien sûr que Bachar el-Assad n’est pas vraiment un ange, mais se refuse toujours à voir en lui un « diable infréquentable ». Durant un long entretien, il a pu jauger sur pièces le maître de Damas. Il a trouvé l’homme « très préoccupé » par « l’avenir de son peuple ».

Aujourd’hui, le député PCD (Parti chrétien-démocrate, dont il est le président) ne fait plus cavalier seul.

Il était accompagné de deux autres parlementaires, Xavier Breton et Véronique Besse. La situation a en effet bien changé depuis son premier contact avec Assad en juillet dernier.

En bon disciple du philosophe Aristote, Jean-Frédéric Poisson sait raisonner par syllogisme. Un : la Syrie est de moins en moins isolée. Deux : la position intransigeante de la France est de plus en plus en contestée. Trois : son initiative parlementaire est justifiée.

 « Aujourd’hui, les Russes sont intervenus militairement sur le sol syrien de manière très énergique.

Les Iraniens, soutien historique de Damas, viennent de participer à la conférence de Vienne pour la première fois. Les Égyptiens ont annoncé leur soutien officiel au régime de Damas. Plusieurs pays d’Europe, comme l’Allemagne, l’Espagne ou l’Autriche, ont fait savoir que la crise des migrants obligeait à reconsidérer les relations avec Assad. » Selon Jean-Frédéric Poisson, il y a donc une nouvelle donne.

Assad, « dont tout le monde en France assure qu’il partira, ne partira pas »...

L’armée régulière syrienne, forte de deux cent mille soldats, se bat tous les jours contre l’État islamique, mais aussi contre les « prétendus rebelles qui sont en réalité des extrémistes musulmans ».

Le député PCD a la foi. Mais il ne croit pas en l’opposition syrienne. « Personne n’est capable de donner le nom de quelqu’un qui incarne cette opposition. Elle est en réalité dominée par Al-Qaïda et les Frères musulmans. Il n’y a guère que Laurent Fabius qui la soutienne ! » 

Jean-Frédéric Poisson voudrait que la France s’implique dans le processus des prochaines élections en Syrie au mois de mai en envoyant des observateurs. « On ne peut pas à la fois défendre un processus de transition démocratique en Syrie et mépriser les prochaines élections ! »

Il peut arriver à Damas ce qui s’est produit à Mossoul ou Ninive.

Jean-Frédéric Poisson

Ce qui mine le député français, c’est « l’égarement obstiné » de notre diplomatie, mais plus encore le sort incertain des chrétiens d’Orient.

« S’ils ne sont pas protégés par un pouvoir laïc fort, ils encourent un risque de disparition quasi immédiat. Ils seront passés par le fil de l’épée partout où Daech prendra le pouvoir. Il peut arriver à Damas ce qui s’est produit à Mossoul ou Ninive. » 

Pour Jean-Frédéric Poisson, le meilleur rempart des chrétiens reste Assad. Il cite le président syrien à leur propos : « Si le fondamentalisme islamiste n’a jamais réussi à s’implanter en Syrie, c’est grâce à la présence des chrétiens. Si un jour ils devaient quitter la Syrie, le fanatisme s’installerait durablement ».

La France est donc à la croisée des chemins.

La diplomatie n’oblige-t-elle pas à garder le contact avec des gens peu recommandables ? « La résolution des crises graves suppose un dialogue, et quelquefois même des accords avec des régimes ennemis », conclut Jean-Frédéric Poisson. Faute d’aimer ses ennemis, la France pourrait leur tendre la main. Au moins par intérêt.

Samuel Pruvot

source: famillechretienne.fr

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Une pensée sur “Pourquoi la diplomatie française menace les chrétiens d’Orient”

  1. Bonjour, à un détail près, c’est que la France d’aujourd’hui, est une France-Maçonnerie, et qu’un mélange de serviettes et de torchons, ne peut cohabiter dans un même tiroir… Moins de Chrétiens pour des Francs Maçons, c’est déjà une liberté pleinement ressentie, et très réjouissante pour la suite d’une politique de mort vivant… Essayer de trancher une côte de boeuf avec un couteau à beurre, et vous constaterez qu’il ne peut à sa fin, que laisser l’infortuné appétit sur sa faim… Une vraie prise en main de cette affaire, est peut être plus sure pour nourrir les ambitions de certain. Alors, pour choix, le buffet, ou le bluffe???(…) Bien à vous.

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