Mardi 3 novembre, la chaîne France 2 a diffusé le premier épisode d’une série de documentaires sur Joseph Staline, immédiatement suivi d’un autre documentaire s’intéressant à la personnalité de… Vladimir Poutine. Toute association d’idée s’avérant bien sûr purement fortuite.

Apparemment, la guerre ne cesse jamais sur le champ de bataille de l’information dans notre monde multipolaire, et la propagande reste un des moyens puissants pour conquérir sa place au soleil.

La figure de Joseph Staline, un des plus importants et des plus controversés hommes de pouvoir du XXème siècle, a fortement intrigué le couple de réalisateurs Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Leur film commence par des questions: « Qui fut Staline? Le vainqueur du nazisme? Le Petit Père des peuples? Ou le plus grand criminel de son siècle? ».

Pourtant, l’apparition du président russe Vladimir Poutine, juste après cet épisode, est plus difficile à expliquer. Une des chargées de la programmation de France 2, Cécile Brochard-Salvijo, a tenté d’élucider ce mystère pour Sputnik.

« C’est juste une offre de documentaire sur des personnalités fortes », indique-t-elle, insistant sur le fait qu’il n’y avait pas de sous-entendus derrière.

Néanmoins, dans le contexte actuel de guerre médiatique sur fond de conflit en Syrie, il est bien difficile d’admettre que l’association des deux documentaires réside dans le choix, par les responsables de diffusion, d’un simple enchaînement autour du thème de la Russie.

D’après Gearoid Colmain, journaliste et analyste politique, tout choix de diffusion sur une chaîne publique reflète la position gouvernementale:

« En France, et en Europe en général, tous les médias reflètent les intérêts de l’Etat, qu’ils soient de gauche ou de droite », signale M. Colmain dans un entretien exclusif à Sputnik. « Vous avez une opposition contrôlée, où ils disent qu’ils sont anti-capitalistes, critiques de l’OTAN, etc… mais quand il s’agit de bombarder la Libye, le Mali, envahir l’Afrique centrale, soutenir les rebelles en Syrie, ils sont toujours d’accord et du côté du pouvoir », poursuit-il.

M. Colmain estime que l’impact de ce genre d’émissions peut être vraiment dangereux, car les gens aujourd’hui sont très facilement influençables:

« Ça fait partie de la campagne médiatique de la propagande de guerre contre la Syrie et contre la Russie. C’est pour faire un lavage de cerveau des téléspectateurs », maintient-il.

La plupart des gens n’ont pas le temps de faire leurs propres recherches sur Internet, et vont donc regarder de telles émissions le soir, et vont penser que Poutine est un grand tyran qui maltraite son peuple, soutenant d’ailleurs des tyrans comme Assad, explique l’interlocuteur de Sputnik.

« C’est une façon de manipuler l’esprit des gens pour qu’ils soutiennent les guerres d’agression. Le but est d’essayer de rappeler aux gens: c’est eux, les diables, c’est pas nous! »

Cette forme de manipulation, de désinformation, de falsification historique, idéologique et médiatique fait partie des moyens de propagande de guerre de l’Etat, conclut le journaliste.

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