GUERRE MONÉTAIRE

Une dangereuse guerre des devises fait glisser le monde vers une troisième guerre mondiale.

Par Robert Morley – Le 21 août 2015

En 1934, le président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt, a interdit la propriété privée de l’or.  Certaines personnes qui ont refusé de retourner leur or au gouvernement sont allées en prison.  Avec le même ordre présidentiel, Franklin Delano Roosevelt a choqué le monde en dévaluant le dollar.  Le coût d’une once d’or, précédemment fixé à $20,67, coûtait désormais $35.

Le Président Roosevelt a dit au pays que c’était un effort radical pour stimuler l’économie américaine.  Il a déclaré qu’un dollar moins cher rendrait les exportations de l’Amérique moins chères et aiderait les entreprises américaines à vendre plus de produits vers le reste du monde.  Plus d’argent coulerait en Amérique, et plus d’emplois seraient créés.

Il a fait ces choses.  Et, ceci a également entraîné le monde à faire un autre pas de géant vers la guerre.

Du point de vue du monde, les actions du président Roosevelt ressemblaient à une bordée économique complète, conçue pour voler un gros morceau d’une économie mondiale en stagnation.  Pour le monde, il s’agissait d’une autre salve, quoi que beaucoup plus grande, dans une guerre mondiale continuelle des monnaies et du commerce !  Et, la réponse a été adéquate.

Aujourd’hui, les canons économiques de 1934 résonnent une fois de plus. L’économie mondiale stagne.  La Chine, l’Europe et l’Amérique font face à une croissance médiocre.  Les prix des marchandises chutent.  Et, la demande pour les matériaux a été réduite en miettes.  Pendant ce temps, la dette globale monte en flèche.  Les nations désespérées font tout ce qu’elles peuvent, y compris la destruction de leurs propres monnaies, pour stimuler leurs économies et garder au loin les forces perturbatrices de la société interne.

Mais, pouvons-nous vraiment être dirigés vers une guerre mondiale à nouveau ?

Les parallèles, au moins, sont de mauvais augure.

C’est dans ce climat tendu actuel que, le 11 août, la Chine a surpris le monde en lançant la plus grande dévaluation du yuan en une seule journée dans toute l’histoire de la Chine.

Et, ce n’était qu’un coup de semonce.

Au cours des prochains jours, le yuan a chuté à un niveau sans précédent, en soufflant des records de taux de dépréciation de plusieurs décennies.  Le mouvement a été particulièrement important parce que, depuis plusieurs décennies, la Chine a fait en sorte que la valeur du yuan suive de près le dollar.

La chute du yuan a rapidement mobilisé d’autres nations dans l’action.  Le Kazakhstan et le Vietnam ont annoncé une dévaluation de leur monnaie en réponse.  L’Inde, le deuxième plus grand pays du monde par la population, n’a même pas fait d’annonce officielle avant de dévaluer sa roupie.  La Turquie a laissé glisser sa lire pendant un record de cinq jours.

L’indignation internationale était forte et claire, et elle a attiré une réponse de la Chine.

Le 16 août, Ma Jun, économiste en chef à la Banque populaire de Chine, a avec insistance rassuré le monde que le gouvernement chinois n’avait « aucune intention ou nécessité de participer à une guerre des devises ».  Il a déclaré que les commentaires contraires étaient« dénués de toute valeur et sans fondement ».

Ce rejet a été considéré comme la confirmation que la Chine était effectivement entrée dans la mêlée des devises mondiales.  Et, que la guerre était dirigée vers une nouvelle phase, potentiellement beaucoup plus dévastatrice.  Et, comme indice, les investisseurs ont commencé à acheter de l’or comme une assurance contre la dépréciation des devises.  Le métal, qui avait diminué pendant trois ans en termes de dollars, s’est tout à coup raffermi.

Et, ce n’est pas étonnant.  La Chine est désormais un des joueurs les plus importants dans l’économie mondiale.  Lorsqu’elle agit, le monde est forcé de prendre des actions.

L’ancien ambassadeur américain en Chine, Jon Huntsman, a déclaré à CNN que « les gens sont très, très frustrés » de la politique délibérée de la Chine de la dévaluation.  « La Chine n’est plus un joueur moyen dans l’économie mondiale. Elle est la deuxième plus grande économie dans le monde.  Et, quand vous avez une dévaluation de 2 pour cent dès le départ, automatiquement vous allez avoir un fardeau des coûts plus élevés sur les exportations des États-Unis vers l’Asie, et vers un de nos principaux marchés d’exportations, sans parler de l’impact que ceci aura sur la région ».

Après une période de huit heures, les produits chinois sont devenus 2 pour cent moins chers que leurs rivaux en Amérique et ailleurs.  Après une semaine, ils sont devenus 4,8 pour cent moins chers.

Où en seront-ils dans un mois ou un an ?  Les exportateurs américains peuvent-ils survivre à une telle guerre ?

Reuters a cité des « voix anonymes puissantes » au sein même du gouvernement de la Chine qui ont suggéré qu’il était nécessaire que le yuan puisse diminuer de 10 pour cent.  Morgan Stanley a prédit une chute de 15 pour cent plus tôt cette année.

Il y aura des représailles.

Les bombardements actuels de la Chine ne se produisent pas dans le vide, tout comme les actions du Président Roosevelt en dévaluant le dollar et en interdisant la propriété privée de l’or ne s’étaient pas produits dans le vide.

Les années 1920 et 1930 ont vu des vagues successives de dévaluations monétaires.  L’Allemagne, la Hongrie et l’Italie ont pratiquement détruit leurs monnaies pour tenter de stimuler leurs économies.  En 1930, l’Amérique a riposté en adoptant la Loi Smoot-Hawley afin de protéger les producteurs américains.  L’Amérique a augmenté les droits douaniers sur 20.000 marchandises importées à des niveaux jamais vus.  L’impact a ricoché dans le monde entier.  Vingt-trois partenaires commerciaux principaux ont envoyé des lettres de protestation et des menaces de représailles.  Ils ont été ignorés.  En mai 1930, le plus grand partenaire commercial de l’Amérique, le Canada, a réagi en imposant des droits douaniers sur 16 produits qui représentaient près d’un tiers des exportations américaines vers le Canada.  La France et la Grande-Bretagne ont protesté et se sont dirigés vers de nouveaux partenaires commerciaux. L’Allemagne a développé un système d’auto-suffisance, en évitant les produits américains.  En 1931, l’Autriche a dissocié le schilling de l’or et a dévalué sa monnaie ; Un mouvement qui a précipité la propre sortie du Royaume-Uni de l’étalon-or pendant cette même année en raison de son économie affamée.  La France, apprenant de l’erreur du Royaume-Uni, a rétabli son propre étalon-or à un niveau bien inférieur afin de protéger ses propres industries d’exportations. Roosevelt était en fait en retard pour entrer dans le jeu de la dévaluation.

La guerre économique fait rage ; La guerre commerciale fait rage ; La guerre mondiale menace.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui.  Et, certains affirmeront peut être que la Chine est effectivement en retard pour le jeu.

Suite à l’effondrement de Wall Street en 2008, la Réserve Fédérale a réduit les taux d’intérêt à zéro et introduit des cycles répétitifs d’assouplissements quantitatifs afin de réduire la valeur du dollar.  Le Brésil a déclaré sans délai « la guerre des monnaies » en retour, en jurant de défendre l’industrie nationale du cannibalisme de l’Occident.  Mais les forces étaient déjà en mouvement.  La Banque d’Angleterre a rapidement suivi les pistes de la Réserve Fédérale.  Puis, alors que la crise économique de l’Europe s’est intensifiée, la Banque centrale européenne a ouvert avec ses propres canons quantitatifs.  La Banque du Japon a également allumé la mèche.

La Chine n’est ni plus ni moins à blâmer pour ce gâchis internationale que n’importe quel autre pays.  Mais, cela ne change pas le récit des médias : Tout comme c’était le cas, avant la Seconde Guerre Mondiale, lorsque les pays étaient dénoncés pour les dévaluations de leurs monnaies afin de gagner un avantage concurrentiel, les réactions mondiales pour la récente dévaluation du yuan par la Chine continuent à s’intensifier.

La Chine est le kamikaze financier d’aujourd’hui.

Le monde se dirige vraiment vers une guerre commerciale à pleine échelle.  Ceci est quelque chose contre lequel nous avons mis en garde depuis des années.  C’est quelque chose que Herbert W. Armstrong a annoncé à des millions de personnes à la radio et dans la presse.  Tout au long de ses 53 années de travail, il a souvent décrit les conditions qui précéderaient l’effondrement économique des États-Unis prophétisé dans la Bible.

En dépit d’être la monnaie la plus stable dans le monde, le dollar américain sera un jour en « danger d’être dévalué », écrivait-il alors.  Il a averti que lorsque le dollar dégringolera, l’inflation éclatera alors et cela finira par conduire à un « effondrement économique éventuel pour les États-Unis ».

En se basant sur les prophéties bibliques, il a averti que le début de la troisième guerre mondiale serait de « nature économique ».  À propos de l’Amérique et la Grande-Bretagne en particulier, Herbert W. Armstrong a déclaré : « Dieu a prophétisé qu’une guerre commerciale virtuelle sera lancée contre les États-Unis et la Grande-Bretagne, et que nos économies nationales vont faiblir, et puis, elles s’effondreront ! »

Avançons dans le temps jusqu’à aujourd’hui, et constatons que la guerre commerciale mondiale prophétisée pourrait être maintenant.

Et, comme le démontrent l’histoire et les prophéties, la guerre mondiale pourrait être la prochaine étape.

Source : THETRUMPET.com

Traduit par PLEINSFEUX.ORG 

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.