D’emblée, on pourrait tomber naïvement dans ce panneau estival, scandale médiatique de subsistance pour une presse toujours aux abois au mois d’août.
Philippe Testault-Compain
Étudiant en Droit

Du bon usage du mot « démocratie », réponse à M. Bernard-Henri Lévy

D’emblée, on pourrait tomber naïvement dans ce panneau estival, scandale médiatique de subsistance pour une presse toujours aux abois au mois d’août. On pourrait croire, dans la même torpeur politique, que cette affaire ne fait que démontrer une tension sur le conflit israélo-palestinien chez nos élites politiques françaises. Il y a, en réalité, un double enseignement à retenir de cet esclandre.

À l’origine, la seule légitime réaction qu’il eût pu exister aurait été celle consistant à protester contre un des signes les plus tristes de l’époque : la fête absolue, le règne de l’Homo festivus, cher au génial Philippe Muray. En effet, pourquoi entrer dans de tels quiproquos géopolitiques alors que la volonté première d’Anne Hidalgo, digne héritière de Bertrand Delanoë, était de faire triompher la tolérance, en tongs et autour de quelques verres ? Charlie, charlots de tous les quartiers de Paris, réunis dans l’ambiance gay-friendly si chère à nos bourgeois contemporains de la capitale. Le premier symbole était celui de l’ouverture, élément récurrent de novlangue portant bien son nom, tant on y tombe facilement et avec la plus belle des servilités. Or, depuis les réactions de nos politiciens en shorts, le débat a changé de dimension.

Cet événement intrinsèquement festif a donné lieu, avec l’appui des élus du Front de gauche, à un retour au vieux débat à ne pas tenir en famille après vingt-deux heures : j’ai nommé le conflit israélo-palestinien. La gauche émancipatrice des peuples plaida, comme attendu, pour le territoire prétendument colonisé. Cette folâtrerie pro-palestinienne se confronta au camp adverse, celui de ceux qui ont abdiqué face aux intérêts d’Israël dont la sécurité était si chère à Nicolas Sarkozy qu’il appela ce noble objectif le « combat » de sa vie. On a également pu observer le ralliement du FN à la belle coterie. Bref, on était entre les pleureuses des massacres qui oublient souvent que les horreurs ne se commettent pas unilatéralement, et les cireurs de pompe à la Estrosi qui ont souvent à cœur de rappeler « les heures les plus sombres de notre histoire », afin de s’attirer les bonnes grâces de quelque conciliabule consentant à poser un œil sur ces piètres flagorneurs. Avec à la clé, évidemment, un beau chantage à l’antisémitisme pour celui qui ne répondrait pas à cet ultimatum : « Camarade, choisis ton camp ! »

Mais quel débat, quelle confrontation ? Je ne vois qu’un camp toujours grandissant et bien uni : celui des apatrides. Où est le camp de ceux qui ne s’intéressent principalement qu’aux intérêts de la France ? Les adorateurs de bébés palestiniens et les pions volontaires d’Israël ont, en point commun, leur indifférence à la France, celle qui n’est pas ouverte ni tolérante et encore moinsgay-friendly. Elle n’est pas au chevet des délaissés de Gaza. Elle n’est pas assez soumise aux intérêts étrangers quels qu’ils soient. « Choisis ton camp », disais-je. En réalité, choisis tout sauf la France. Ah, Paris Plages, tu me manques déjà !

Source: voltairenet.org
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