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Bolloré endette des générations d’Africains pour vendre des Rails « interdits en Europe » et non conformes au Bénin et au Niger

Bolloré endette des générations d’Africains pour vendre des Rails « interdits en Europe » et non conformes au Bénin et au Niger

Cellule44 : après l’exploit d’un pont qui prend l’eau à Abidjan, voici la nouvelle saga de Bolloré  groupe français et de leur bureau d’étude : Le projet d’un réseau de chemin de fer, l’étude à démarrer au Bénin et cela commence mal, les béninois semblent plus exigeants que le gouvernement ivoirien. Le groupe Bolloré trouve encore les moyens  d’innover et se trouve ainsi a la pointe du progrès avec une installation des rails très surprenante.Les rails sont soudés bout à bout (pour un meilleur confort disent-ils), habituellement les ingénieurs ont prévus et cela partout dans le monde de laisser un espace entre chaque longueur de rail, pour contrer  les problèmes de dilatations dus aux variations de température.Mais bon , certainement qu’en Afrique cela est différent et que le problème ne se pose pas. Mais nous ne sommes pas rassuré pour autant, surtout quand l’image de l’eau qui envahit le pont à peine construit d’Abidjan s’impose à notre esprit.

Depuis quelques jours, circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux plusieurs documents qui ont fait l’objet à Niamey entre les représentants du Bénin, du Niger et du Groupe Bolloré de négociations ayant abouti à plusieurs projets d’accord.

Formellement paraphés et n’attendant plus que la signature pour sa mise en application, l’un de ces documents, le plus important, porte sur la convention de concession du financement, de la conception, la construction, la réhabilitation, la maintenance et l’exploitation de la ligne de chemin de fer Cotonou-Niamey.

A la lecture, on se rend à l’évidence qu’il s’agit ni plus ni moins d’un plan du Groupe Bolloré qui n’aura d’autre impact que d’hypothéquer durablement le développement du Bénin.

Connu désormais comme un projet mercantile du groupe Bolloré pour arriérer le chemin de fer en Afrique, le projet Bénirail laisse encore trop de zones d’ombre quant à l’identité du concessionnaire, la conduite des négociations, le statut du pacte des actionnaires…

Mais hier, jeudi 9 juillet 2015, sur l’émission matinale de la nouvelle chaîne de télévision béninoise Eden Tv, Lazare Gnonlonfin, Ingénieur-Consultant, expert en transport maritime auprès du Groupe Petrolin est revenu sur le sujet à l’invitation des journalistes pour préciser les tenants et aboutissants du dossier.

Très impliqué dans le projet « Epine dorsale pour le développement intégré du Bénin » dont la réhabilitation et l’extension du réseau ferroviaire Cotonou-Parakou-Dosso-Niamey est une des composantes, Lazare Gnonlonfin en sa qualité d’expert, n’a eu aucun mal à restituer les faits dans leur contexte. Il a levé le voile sur le flou entretenu dans les dénominations du projet, de « corridor Cotonou-Niamey » à la notion de « boucle ferroviaire ». La boucle ferroviaire, aux dires de l’expert est un projet de l’Union africaine qui entend, à travers un maillage intelligent, créer un réseau ferroviaire unique qui lie tous les Etats du continent. La boucle dont le Bénin fait partie réunit en outre le Niger, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire. Cette boucle est divisée en deux corridors, Ouest (Burkina- Faso et Côte d’Ivoire) et Est (Bénin-Niger). Il en ressort, rappelle l’expert, que la réalisation du Corridor Est qui est en jeu, n’implique pas forcément les Etats du corridor Ouest qui ne peuvent donc pas exiger de travailler avec un concessionnaire plutôt qu’un autre. De toute façon, le tronçon en jeu et sur lequel porte le différend est bien celui du Corridor Est, Cotonou-Niamey et dont le Groupe Petrolin a gagné en bonne et due forme l’appel d’offres de réhabilitation et d’extension, notification ayant été faite par les deux Etats.

Lazare Gnonlonfin a également expliqué ce qu’est un « partenaire stratégique ». Expert dans un domaine ou dans un autre, ou disposant de ressources et de moyens, un partenaire stratégique peut être associé à la réalisation d’un projet et même en devenir l’actionnaire majoritaire, sans pour autant en être le concessionnaire ou l’adjudicataire. De fait, en acceptant de concéder au Groupe Bolloré, à la demande des Chefs d’Etat béninois et nigérien 40% des parts de la nouvelle société qui doit mettre en exécution le projet, le Groupe Petrolin n’a, à aucun moment renoncé à ses droits en tant qu’adjudicataire. Par conséquent, l’expert trouve totalement injustifiées les initiatives prises par le groupe Bollore, en violation de l’accord de confidentialité qu’il a conclu avec le Groupe Petrolin, initiatives tendant à le faire passer pour l’adjudicataire du projet et donc le concessionnaire avant l’heure.

La rédaction des statuts de la nouvelle société (Benirail Infrastructure), de son pacte d’actionnaires et du projet de convention de concession du chemin de fer Cotonou-Niamey par la Société d’Exploitation des Chemins de Fer Africains (Secaf), filiale à 100% du Groupe Bollore ont également été discutées de même que le contenu de chacun de ces documents qui donne la part belle au groupe Bollore. Lazare Gnononfin y a vu la violation des droits des partenaires, voire même l’aliénation de la souveraineté des Etats béninois et nigérien.

Enfin, sur la nature des infrastructures que propose de mettre en place le groupe Bollore au profit du Bénin et du Niger, notamment les rails d’écartement métrique de l’époque coloniale avec des wagons et locomotives des années 1900, Lazare Gnonlonfin a renvoyé les gouvernements béninois et nigérien aux avis des experts en transport ferroviaire, contenus dans deux documents au moins.

Source : www.lanouvelletribune.info

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