Interview : le cardinal Burke revient sur le synode, le mariage et la famille : « manipulation » et la « confusion »

Interview : le cardinal Burke revient sur le synode, le mariage et la famille : « manipulation » et la « confusion »

Reblogué via reinformation.tv

Dans un long entretien publié simultanément en anglais et en français sur internet, le cardinal Burke revient sur le synode extraordinaire et ses dangers en soulignant les effets négatifs qui se font déjà sentir aujourd’hui : « Il y a aujourd’hui des gens qui se réclament d’un « changement » de l’enseignement de l’Eglise par rapport aux relations sexuelles hors mariage, ou par rapport au caractère intrinsèquement désordonné des actes homosexuels. Il y a aussi des personnes qui se trouvent au sein d’unions maritales irrégulières qui prétendent exiger de recevoir la Sainte Communion, en affirmant qu’il s’agit là de la volonté du Saint-Père. » Une confusion qui s’étend de manière « alarmante », a déclaré le cardinal.

Le cardinal Burke dénonce une « manipulation »

Confirmant la « manipulation » qui a eu lieu au cours du synode, où des sujets qui n’ont « en réalité rien à voir » avec la famille, ni même avec ce qui avait été dit, ont été mis sur le devant de la scène et soumis à une discussion impossible, le cardinal Burke a laissé entrevoir la manière dont il s’était battu pour demander « plus d’une fois » pour qu’ils soient ôtés de l’ordre du jour du synode.

La manipulation du synode pour justifier la destruction de la famille

L’objectif de cette manipulation ? « Il est (…) évident à mes yeux que certains individus qui avaient forcément une forte influence sur les processus synodaux ont mis en avant un programme qui n’a rien à voir avec la vérité sur le mariage telle que Notre Seigneur nous l’enseigne, et telle que l’Eglise nous la transmet. Ce programme vise à justifier les relations sexuelles hors mariage, les actes sexuels entre personnes de même sexe, et d’une certaine manière à relativiser nettement et même à occulter la beauté de l’enseignement de l’Eglise sur le mariage qui est l’union fidèle, indissoluble et procréatrice entre un homme et une femme », a déclaré le cardinal américain. Non sans rappeler que cette manipulation ne « profite » à personne, « parce que tout cela n’est pas vrai ; ce n’est pas la vérité ». « Elle ne peut que faire du tort à chacun », a-t-il insisté.

C’est en vérité le très riche corpus doctrinal de l’Eglise, tout son lumineux enseignement sur le mariage et le plan de Dieu pour la sexualité humaine – qui n’a pas varié au cours des siècles – qui a été occulté malgré les protestations de nombreux pères synodaux : « A vrai dire, on avait l’impression que l’Eglise n’a aucun enseignement en ces domaines. »

Et il ajoute : « C’est ahurissant. J’avais du mal à le croire alors que j’en étais témoin. Je crois que certaines personnes refusent de le croire parce que c’est absurde. »

Pastorale et doctrine : la manipulation utilise la confusion pour dissocier ce qui ne peut l’être

Au cours de l’entretien, qui aborde des questions aussi diverses que la famille nombreuse et les vocations, la liturgie « anthropocentrique » et la communion spirituelle, la force de l’amour humain fidèle et du mariage chrétien, « berceau de grâces », le cardinal a répondu à certaines des objections soulevées par les partisans d’une « pastorale » soucieuse de ramener les brebis égarées au point de relativiser la doctrine :

« C’est une fausse distinction. Rien ne peut être vraiment sain sur le plan pastoral qui ne soit pas aussi de saine doctrine. En d’autres termes : il est impossible de séparer la vérité de l’amour. En d’autres termes encore : une vie hors de la vérité ne peut être une vie d’amour. Il est faux de dire que nous ne faisons que des changements pastoraux qui n’ont rien à voir avec la doctrine. Si vous donnez accès à la Sainte Communion à des personnes qui se trouvent dans des unions maritales irrégulières, vous affirmez par le fait même quelque chose à propos de l’indissolubilité du mariage, car Notre Seigneur a dit : « Celui qui quitte sa femme et en épouse une autre commet l’adultère. » Celui qui se trouve dans une union maritale irrégulière est dans un état d’adultère public. Si vous lui donnez la Sainte Communion, vous dites d’une certaine façon que cela est acceptable doctrinalement. Et cela ne se peut. »

Quant aux « éléments de bien » que les partisans du changement pastoral décèlent chez les personnes objectivement en état de péché mortel continu, le cardinal a rappelé la doctrine de l’Eglise : « Pour celui qui vit publiquement dans un état de péché mortel aucun acte bon qu’il peut être amené à poser ne peut justifier cette situation : cette personne demeure en état de péché grave. (…) Vouloir donner l’impression que d’une certaine manière il y a quelque chose de bon dans le fait de vivre dans un état de péché grave est tout simplement contraire à ce que l’Eglise a toujours enseigné, partout. »

Le mariage naturel et la famille, des biens à défendre dans toute société

Le cardinal Burke, récemment démis de ses fonctions de préfet de la Signature Apostolique et à ce titre à la tête de la plus haute juridiction de l’Eglise en matière de nullités de mariage, a également souligné qu’il serait « très irresponsable » de supposer que de nombreux mariages sacramentels sont nuls pour justifier cette nouvelle pastorale – « parce que la nature elle-même nous instruit de la vérité du mariage ». Raison pour laquelle « l’Eglise, lorsqu’elle enseigne le mariage monogame, fidèle, pour la vie, enseigne la loi morale naturelle et elle a raison d’insister sur ces points dans la société en général », a-t-il expliqué.

Interpellé à propos du mouvement écologiste mondial qui prône le contrôle de la population, le cardinal Burke a eu cette réponse claire :

« Cela m’inquiète beaucoup car les gens sont faussement amenés à penser qu’ils devraient avoir recours à une forme ou l’autre de contraception pour être des intendants responsables de cette terre. En réalité, le taux de natalité de la plupart des pays est bien en deçà de celui qui est nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Et quoi qu’il en soit de tout cela, la vérité est celle-ci : si Dieu appelle un couple au mariage, alors Il les appelle aussi à être généreux pour ce qui est de recevoir le don de la vie humaine nouvelle. Et nous avons donc besoin de beaucoup plus de familles nombreuses aujourd’hui. »

Un cardinal à contre-courant ? Oui, mais pas seul, comme il l’a rappelé : au cours du synode, « un grand nombre » des pères synodaux « ont parlé avec force » pour résister à la manipulation en cours.

L’intégralité de l’entretien se trouve ici.

Le cardinal Burke est l’un des signataires de la « Filiale supplique » au pape François pour qu’il réaffirme de façon catégorique l’enseignement de l’Eglise sur le mariage.

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