Par Bruno Meyerfeld

Tidjane Thiam, le 21 janvier à Davos (Suisse).

Ce 14 juillet 1983, on ne voit que lui. Tidjane Thiam fait 1,93 m. C’est lui qu’on choisit pour défiler en tête de sa promotion de Polytechnique, sur les Champs-Elysées. Le jeune homme marche sous le soleil, et le regard de sa mère, profondément émue. Trois ans plus tard, il sort major de l’Ecole des Mines. Le jeune Tidjame est promis à un avenir brillant. Mais voilà, Tidjane Thiam est noir. Et malgré ses diplômes, aucune entreprise française ne le rappelle. Ses amis chasseurs de tête le rayent de leur liste.

Fatigué de « [se] cogner le crâne contre un plafond de verre », comme il l’écrit en 2009 dans une tribune pour l’Institut Montaigne, Tidjane Thiam choisit l’exil. L’Angleterre récupère le prodige, le fait roi. A 52 ans, Tidjane Thiam est aujourd’hui directeur général du Crédit suisse, a annoncé la banque suisse mardi 10 mars.

Avant Londres, le jeune Tidjane s’est cherché un destin africain. En Côte d’Ivoire, la voie était toute tracée. Sa mère, Marietou, est la nièce d’Houphouët-Boigny, premier président du pays, dont son père, sénégalais d’origine, est le ministre de l’information. En 1994, Tidjane Thiam est catapulté à la tête du Bureau national d’études techniques et de développement, le BNEDT. Il a la haute main sur les infrastructures. Quatre ans plus tard, il devient ministre du plan, et mène, tambour battant, la libéralisation du pays.

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