Marche de commémoration de Boris Nemtsov

La vision narcissique développée par les médias occidentaux me ferait tomber mes pétales ou pâlir de rage si elle n’était pas aussi risible que mesquine. Quoi donc !

 On parle dans la presse française, et avec une superbe tout à fait déplacée, des politiciens baltes qui se seraient vus refuser le droit d’accès au territoire national russe pour assister aux funérailles de l’opposant Boris Nemtsov, victime d’un mystérieux assassinat commis il y a quelque jours. Les têtes bien pensantes occidentales ont du mal à comprendre le vrai sens de ce qui se passe ce qui me permet de rejoindre l’opinion de ma consoeur du Figaro Irina De Chikoff qui croit, elle, que la presse française ne comprend pas la Russie.
Le lieu de l'assassinat de Boris Nemtsov
Il se trouve que les Russes ont beaucoup pâti de la perestroïka. Il ne faut pas leur demander de s’imprégner de charité pour les gens qui en ont servi la cause immédiate. En revanche, ce que l’on ne sent point à travers les écrits de la journaliste du Figaro c’est de la compassion. C’est vrai que cela se passait à des milliers de kilomètres de chez elle mais puisqu’elle daigne écrire de la Russie, il faudrait au moins respecter les gens dont elle parle. Son ton sarcastique tranche crûment sur le fond du paysage désolé d’une Union Soviétique ruinée et en proie aux guerres de scission et crise financière suivie de faillite en 1998. Savez-vous que les jardins d’enfants étaient déserts à Moscou puisque les gens n’avaient pas les moyens d’avoir des enfants et que certains politiciens européens se sont mis à leur calculette pour comprendre combien de Russes faudrait-il maintenir en état de fonctionnement pour faire tourner le robinet gazier?
Vladimir Poutine. Archive photo
Etes-vous au courant qu’une académicienne des plus chevronnées a émis l’hypothèse de la disparition totale de la nation russe écrasée par le poids démographique de l’Asie et du Caucase? Et cette dame s’est vue couronner par des lauriers académiques pour ses travaux respectifs!

Boris Nemtsov au fond n’y était pas pour grand-chose, mais il est fermement associé à l’époque de l’abandon de la souveraineté nationale, à la période la plus noire où les vieux crevaient pour manque des vivres tandis que le premier-ministre d’Eltsine les aurait traités de « bouches inutiles à nourrir». Pendant la même période, le ministre des retraites proposait aux citoyens russes de se faire épauler par leur progéniture et ne pas compter sur leurs pensions pour joindre les deux bouts. Et le ministre des biens publics vendait les meilleures usines russes pour le prix des cacahuètes aux sociétés étrangères.

Compte tenu de toute cette réalité que l’on espère être à jamais révolue, vous comprendriez mieux pourquoi les gens n’éprouvent pas beaucoup d’émotions à l’égard du décès de Boris Nemtsov qui, par-dessus le marché, a eu la malheureuse idée de se faire le conseil des Présidents ukrainiens et d’aller saluer le Maïdan lors du putsch de l’année dernière — un coup d’Etat qui généra des dizaines de milliers de morts, de martyrisés et d’affamés dans le Sud-Est russophone de l’Ukraine.

Vous voyez que les braves articles des blanc becs de caniveau occidentaux qui parlent de « l’assassinat d’un opposant de régime » ne sont même pas à côté de la plaque. Ces journaleux se gaussent ouvertement de leur propre auditoire qu’ils sont censés informer. Ils font du matraquage idéologique à grande échelle comme ils l’ont toujours fait d’ailleurs, même pendant la guerre en Irak. Ceci est intolérable parce qu’en fait c’est les Français qui se retrouvent en dindon de la farce. Mais en même temps cela nous rend également un service à nous autres, car radio SPUTNIK fait justement de la réinformation pour que l’on sache sciemment séparer le bon grain de l’ivraie.

Zakhar Prilepine

Que Boris Nemtsov soit mort est une tragédie en soi parce qu’on le dit avoir été un brave type qui ne mâchait pas ses mots, mais qui s’est laissé abuser par les idéologues de l’opposition dont il faisait partie. Que son acolyte Tchoubaïs tant haï par un grand nombre de Russes plaide la cause de la liberté est risible, car il l’écrasait lui-même de toutes ses forces lorsqu’il était membre de l’administration eltsinienne et que le pays vivait avec des crédits occidentaux intenables.Une enquête sérieuse découvrira le côté sous-jacent de ce meurtre éventuellement commandité, mais à la place de la presse étrangère, je ne rirais pas des malheurs d’autrui mais irais plutôt balayer devant ma propre porte!

A bon entendeur salut!

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Une pensée sur “Pourquoi les médias occidentaux mentent-ils tant sur la Russie ?”

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