Le chef du Courant patriotique libre, Michel Aoun. JOSEPH EID/AFP

LIBANDix-sept Assyriens de Syrie sont entrés au Liban par la frontière est du pays.

Le chef du Courant patriotique libre (CPL), Michel Aoun, a appelé, mardi, la communauté internationale à venir en aide aux chrétiens d’Orient persécutés par les jihadistes islamistes.

A l’issue d’une rencontre à Rabieh avec les évêques Issam Darwiche, Georges Saliba, Boulos Safar et Roueiss al-Orachalimi, le leader chrétien a condamné l’exode des chrétiens de la région. La crise régionale « provoque un exode constant des chrétiens, dont certains se dirigent vers le Liban », a souligné le général Aoun. Nous appelons le monde à contribuer à trouver des solutions à cette crise ».

La semaine dernière, plus de 200 chrétiens assyriens ont été enlevés par les jihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) dans la province de Hassaké, dans le nord de la Syrie. Une vingtaine d’entre eux ont été libérés, le sort des autres restant à ce jour incertain. Mardi, dix-sept Assyriens sont entrés au Liban par la frontière est du pays.

« Nous ne voulons pas qu’on nous trouve des refuges en Europe où ailleurs, a martelé le chef du CPL. Ce peuple qui a vécu pendant des milliers d’années au Levant ne doit pas être traité de la sorte, surtout au moment du centenaire du drame arménien de 1915 ». Le leader chrétien a dans ce contexte fait remarquer que « les maronites du Liban qui ont subi la famine (sous l’empire ottoman) également en 1915, ne font même pas l’objet d’une commémoration ».

(Repère : Les Assyriens, une communauté chrétienne récemment implantée en Syrie)

Nous voulons des actes
M. Aoun en a ainsi appelé à la « conscience de la communauté internationale (qui ne doit pas) délaisser le Levant ». Il a, dans ce contexte, annoncé qu' »au plan local, une commission verra le jour. Elle agira (…) pour venir en aide aux familles réfugiées, notamment en facilitant leur présence au niveau administratif, auprès des autorités libanaises. Car souvent, ce sont les administrations qui les poussent à rebrousser chemin ».

Et de conclure : « Nous ne voulons pas des paroles (…). Nous voulons des actes. Nous appelons les Etats à nous aider en allégeant le fardeau de la guerre (qui sévit dans la région) ».

Lundi à Genève, en marge du Conseil des droits de l’homme de l’Onu, le ministre libanais des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a lui aussi dressé un sombre tableau de la situation des chrétiens au Moyen-Orient. « Il y a 20 ans, en Irak, il y avait un million de chrétiens, en 2014, il n’en restait plus que 400 000, et aujourd’hui 200 000, a indiqué M. Bassil. De même, le nombre de chrétiens vivant dans les Territoires occupés a beaucoup diminué », a-t-il ajouté.
« Les cas de violence envers les chrétiens explosent, il y a de plus en plus de viols collectifs punitifs, les enfants et les femmes font l’objet de trafic humain », a-t-il poursuivi.
Selon le ministre libanais, « la voix de l’extrémisme a pris le pas sur la voix de la modération », et « on peut se demander si un jour les chrétiens ne vont pas être obligés de quitter le Moyen-Orient ». « Il est temps d’agir » pour mettre fin à cette situation, a-t-il conclu.

Grand récit
« On nous a dit que ce serait simple de fuir la Syrie » (1er épisode)

« En fuyant la Syrie, je voulais fuir la mort, mais je l’ai recroisée dix fois sur la route de l’exil » (2e épisode)

Lire aussi
« Un complot se trame contre les Assyriens de Syrie. Ils veulent nous chasser de nos maisons »

Quand des « cow-boys » se mettent au service des chrétiens d’al-Qosh contre l’EI

Notre dossier, pour aller plus loin
Quand les chrétiens de Syrie organisent leur protection

Source 

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.