Derrière les hommes du jihad, il y a des femmes – Rita SASSINE

Derrière les hommes du jihad, il y a des femmes – Rita SASSINE

 

La photo d’une jeune Française partie en Syrie il y a plusieurs mois. Photos Reuters

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Deux expertes décryptent pour « L’Orient-Le Jour » l’implication de ces militantes dans le terrorisme islamiste.

OLJ

Épouse et mère

« Certes, le phénomène des femmes jihadistes est beaucoup plus médiatisé aujourd’hui, mais il existait depuis plusieurs années en Palestine entre 2002-2006, et en Irak entre 2005 et 2008 », indique Carole André-Dessornes*, consultante en géopolitique depuis 14 ans, docteur en sociologie et chercheuse associée au Cadis, le centre de recherche en études sociologiques, à L’Orient-Le Jour. Les premières opérations-suicide menées par des femmes (Sanaa Mehaidli et Loula Abboud) ont eu lieu au Liban, en 1985, rappelle la chercheuse, auteure de Les femmes-martyres dans le monde arabe : Liban, Palestine, Irak, avant de préciser qu’« aucune de ces femmes n’était toutefois affiliée à des groupes jihadistes. Il s’agissait plutôt d’actes de résistance contre l’occupation israélienne dans le but de libérer le territoire. La cause était différente, la religion n’était pas alors entrée en ligne de compte ».

Les femmes dans le jihad étaient surtout « dans le rôle d’épouse et de mère », précise Géraldine Casutt**, doctorante-chercheuse suisse à l’Université de Fribourg et à l’Ehess, pour qui les types d’engagements dépendent de la nature des groupes militants auxquels elles appartiennent. « Un groupe de tendance plutôt laïque ne concevra pas nécessairement le rôle de la femme dans une optique aussi genrée qu’un groupe plus religieux, et donnera donc plus facilement un accès aux femmes à des rôles combatifs ou en première ligne des combats. Le cas de Sanaa Mehaidli, comme celui de la Palestinienne Wafaa Idriss, est représentatif de cela : elles sont devenues bombes humaines à l’intérieur de groupes politiques laïcs à tendance nationaliste, et l’utilisation de femmes comme bombes humaines dans des groupes religieux est arrivée plus tardivement, notamment pour des raisons stratégiques. »

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