Ukraine : alors et cette trêve?

Ukraine : alors et cette trêve?

Gorlovka, la cité fantôme après les combats…

L’analyse de la situation ne peut être faite que d’heure en heure, mais aujourd’hui dimanche dans la matinée les armes se sont tues.

Après une journée de combats acharnés, le silence des armes tout à coup s’est fait. Même si pour les insurgés du Donbass ce cessez-le-feu est une manœuvre qui ne sera pas respectée par les assaillants de l’armée ukrainienne et surtout les bataillons financés par les oligarques dont les chefs d’extrême-droite ont déjà dit leur refus de la trêve. Pourtant le cessez-le-feu a été en gros respecté à l’heure dite (23 heures, heure de Paris). Aujourd’hui dimanche, le président ukrainien Petro Porochenko doit s’entretenir avec Vladimir Poutine, la chancelière allemande et le président français pour faire le point sur la bonne application de cette trêve. Le quatuor étant considéré comme garant du respect de la trêve signée entre les insurgés du Donbass et le gouvernement de Kiev.

Quelques heures avant le début du cessez le feu,  les séparatistes se sont plaint du fait que le gouvernement ukrainien avait attaqué des zones résidentielles dans le  Donbass sur plus de 30 points.Juste avant le cessez le feu,  il y a eu 26 morts et des dizaines de blessés  dans l’Ukraine orientale lors d’affrontements entre Kiev et les insurgés.
En anticipant sur ce qui pourrait arriver après l’entrée en cessez-le-feu , la Russie a demandé au Conseil de sécurité del’Organisation des Nations Unies (ONU) une réunion extraordinaire pour ce dimanche et donc pour aboutir à un évaluation  de  la conformité avec les accords de paix conclus à Minsk (Bélarus)  jeudi.

Si les deux parties tiennent parole, le processus de paix négocié à Minsk pourra se poursuivre. La prochaine étape sera le retrait des armes lourdes, qui devra commencer mardi matin, et l’instauration d’une zone tampon. Viendront ensuite, les échanges de prisonniers, l’organisation d’élections locales…

Il reste le cas du « chaudron » de Debaltsevo. Cette petite commune est un nœud ferroviaire stratégique par lequel parviennent tous les approvisionnement des armées ukrainiennes. Entre 6.000 et 8.000 militaires ukrainiens y sont totalement encerclés par leurs adversaires. Mais à Minsk Porochenko n’a pas voulu reconnaître l’encerclement et nulle disposition n’a été prise les concernant. Donc les insurgés du Donbass acceptent de suspendre tout tir d’artillerie mais ne voient pour leur libération que la reddition. Toute tentative de sortie étant une violation de la trêve et effectivement à minuit les tirs s’étaient arrêtés.

Petro Porochenko a indiqué qu’une équipe de l’OSCE allait s’y rendre pour constater la situation sur place.  « Les rebelles vont utiliser Debaltsevo pour saper le régime du cessez-le-feu », a-t-il expliqué samedi soir lors d’une réunion d’urgence avec l’État-major de l’armée retransmise à la télévision. Et il a répété qu’alors il instaurerait la loi martiale non seulement dans le Donbass mais dans toute l’Ukraine. Barak Obama lui a téléphoné plusieurs fois pour l’encourager à la « fermeté » et en dénonçant la présence russe dont personne n’a pu encore apporter la moindre preuve. Ce qui est extraordinaire à l’heure où les satellites peuvent suivre les déplacements d’un tricycle enfantin sur la moindre route de campagne.  Le président américain a d’ailleurs eu samedi une conversation avec son homologue ukrainien au cours de laquelle les deux hommes se sont mis d’accord pour « coordonner leurs efforts en cas d’escalade du conflit ».

Mais l’initiative du Congrès américain s’est trouvée prise de court par celle des européens répondant à l’invitation de Poutine sur cet accord auquel le président russe est visiblement attaché. La demande de la réunion du Conseil de sécurité va dans le même sens.

Source : https://histoireetsociete.wordpress.com/

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