Publié par Mikóvári

La déclaration est passée quasiment inaperçue dans les médias hongrois, elle est pourtant extrêmement importante et symbolique. Le président de la République Populaire de Donetsk Alexander Zakharchenko a déclaré que si des Magyars et des Ruthènes de Transcarpatie étaient  fait prisonniers à Debaltsevo, ils seraient immédiatement rapatriés dans leur région d’origine.

Alors que la guerre fait rage dans l’est de l’Ukraine, les autorités ont décidé d’envoyer à partir du 20 janvier dernier des renforts en provenance de l’extrême-ouest du pays. Sauf que parmi les soldats appelés se trouvent plusieurs douzaines de personnes n’appartenant pas à l’ethnie ukrainienne : des Magyars de Transcarpatie ainsi que des Ruthènes, pas le moins du monde concernés par ce qui se passe plus d’un millier de kilomètres à l’est de cette petite région qui faisait auparavant partie du Royaume de Hongrie. Les séparatistes ont alors publié un communiqué dans lequel était écrit : « Ceci n’est pas votre guerre ! Les révolutionnaires de Donetsk, Lougansk, Kramatorsk et Slaviansk se battent aussi pour la liberté de la Transcarpatie ! Hongrois, ne soyez pas un instrument du régime de Kiev, ne luttez pas contre les révolutionnaires, le peuple du Sud-est n’est pas l’ennemi des Hongrois ! ».

Une petite fille magyare de Transcarpatie brandissant une affiche « Nous ne laissons pas partir Papa ! ». (Photo : facebook.com/karpataljamagyar)

En Hongrie, cet évènement n’a eu aucun écho ni dans les médias principaux, ni dans la classe politique excepté le parti national radical Jobbik qui a déclaré par la voix de son président Vona Gábor le 31 janvier : « Pour nous, ce n’est pas l’unité territoriale de l’Ukraine qui est prioritaire mais la sécurité des Hongrois qui y vivent ainsi que la neutralité de notre pays. Nous trouvons révoltant que l’État ukrainien attende une mort héroïque de la part des mêmes Hongrois dont il limite les droits ». Le site Karpatskij Obiektiv a publié des statistiques montrant que deux fois plus de jeunes de Transcarpatie que des autres régions ont été appelés dans la zone de conflit. D’ailleurs, on compte déjà au moins cinq morts hongrois dans l’est de l’Ukraine.

La ville de Debaltsevo tenue par l’armée ukrainienne encerclée par les séparatistes.

Lundi dernier, le président de la République Populaire de Donetsk Alexander Zakharchenko a affirmé lors d’une conférence de presse qu’à sa connaissance, 246 Hongrois et Ruthènes font partie des forces envoyées par l’armée ukrainienne à Debaltsevo. Le responsable politique a ensuite fait une déclaration surprenante concernant les soldats transcarpatiens : « Qu’ils se rendent donc, j’ai déjà promis de les rapatrier. De toute façon, nous ne nous battons pas contre les Hongrois, qu’ils rentrent plutôt chez eux ! » ajoutant qu’il considérait les Ruthènes comme un « peuple frère ». Jeudi soir, le vice-président, un responsable local ainsi qu’un militant du Mouvement de la Jeunesse des 64 Comitats (HVIM) ont déployé sur la Place des Héros de Budapest une banderole avec le message suivant : « Merci, Zakharchenko ! Que Dieu protège le peuple hongrois et les guerriers du Donbass. »

Hongrie Actuelle – avec alfahir.hu

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