Piqûre de rappel concernant l’affaire Merah

Le Point.fr – Publié le 07/06/2012 à 21:37 – Modifié le 08/06/2012 à 08:15

La DCRI est chargée de l’enquête sur les meurtres commis par le djihadiste. Alors qu’elle est elle-même mise en cause.

La famille d'Imad Ibn Ziaten, assassiné par Mohammed Merah à Toulouse, a été reçue par les juges antiterroristes le 14 mai.
La famille d’Imad Ibn Ziaten, assassiné par Mohammed Merah à Toulouse, a été reçue par les juges antiterroristes le 14 mai. © Mehdi Fedouach / AFP
Par ET

Le 18 octobre 2007, Mohamed Merah faisait l’objet d’un contrôle routier aux abords d’un quartier de Toulouse. Au volant d’une BMW, le conducteur et son passager attiraient l’attention des gardiens de la paix Laurent S. et Agnès B., accompagnés de l’adjoint de sécurité Anthony C. Passé au fichier des personnes recherchées, le nom de Mohamed Merah apparaît en gras. Sur la note, 50600980 RG, il est indiqué « NE PAS ATTIRER L’ATTENTION. SÛRETÉ DE L’ÉTAT ». Les trois policiers se regardent, interloqués, mais poursuivent leur contrôle. « Dans ce cas de figure, les consignes sont claires : on fait comme si de rien n’était », explique un fonctionnaire de police.

Ils prennent contact avec le service concerné, les renseignements généraux. Ils reçoivent pour instruction de faxer le P-V ainsi que la fiche de recherche. Cet élément versé à la procédure des juges du pôle antiterroriste du TGI de Paris, qui instruisent l’enquête sur les meurtres commis par Mérah, ne manquera pas d’accréditer l’idée que Mohamed Merah était repéré depuis bien longtemps par les services de sécurité. Malgré cela, il a pu commettre tranquillement ses crimes du 11 au 19 mars 2012, plongeant sept familles dans l’horreur. Si officiellement, du ministre de l’Intérieur aux magistrats, on promet la vérité aux familles, quelques éléments troublants instillent le doute chez les parties civiles.

 

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