Général V. Desportes : « les Etats-Unis ont crée Daech » !

Général V. Desportes : « les Etats-Unis ont crée Daech » !

 

Le 17 décembre 2014, la Commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées tenait un débat en séance publique à propos de la prolongation de l’opération Chammal en Irak. Présidée par Jean-Pierre Raffarin la Commission a interrogé lors des débats le Général Henri Bentégeat (2S), ancien chef d’état-major des armées, le Général de corps d’armée Didier Castres, sous-chef d’état-major Opérations, Monsieur Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, le Général de division (r) Vincent Desportes, professeur associé à Sciences Po Paris et Monsieur Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense.

Revenons en détail sur l’intervention du Général Vincent Desportes. Commençant son intervention sur un mot de présentation de Daech, soulignant notamment le danger réel du groupe sur nos intérêts vitaux, ce dernier déclara sans ambages :

Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les États-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. Il est puissant, même s’il est marqué de profondes vulnérabilités. Il est puissant mais il sera détruit. C’est sûr. Il n’a pas d’autre vocation que de disparaître.

Voilà qui a le mérite d’être clair !

Alertant les membres de la Commission sur les incidences d’une guerre menée dans un contexte de réduction de nos forces, le Général Desportes déclara :

Au bilan, quelle que soit l’armée considérée, nous sommes engagés au-dessus des situations opérationnelles de référence, c’est-à-dire que chaque armée est en train d’user son capital sans avoir le temps de le régénérer. Nous avons des forces insuffisantes en volume. Pour compenser, tant au niveau tactique qu’au niveau stratégique, nous les faisons tourner sur un tempo très élevé qui les use. C’est-à-dire que si ce suremploi continue, l’armée française sera dans la situation de l’armée britannique sur-employée en Irak et en Afghanistan et obligée pendant quelques années d’arrêter les interventions et de régénérer son capital « at home ». L’effort considérable produit aujourd’hui au profit des interventions a des répercussions fortes et mesurables sur les forces en métropole, en terme de préparation opérationnelle en particulier. Le sens des responsabilités exige de tordre définitivement le cou au mythe de la guerre courte.

Après quelques mots sur les bases de la stratégie militaire, le Général Desportes énonça une série de principes, au nombre de cinq, devant guider toute décision d’intervention.

Selon ce premier principe, il ne faut s’engager que si l’on peut influencer au niveau stratégique. Le risque d’user ses forces armées si ce précepte n’est pas respecté, avec le discrédit et le déficit d’image qui s’en suit, est mis en avant.

C’est le cas de la France en Afghanistan : elle y a conduit une « guerre américaine » sans influence stratégique globale, sans influence sur le cours des opérations, sans influence sur la direction de la coalition.

Deuxième principe : il ne faut intervenir que là où cela a du « sens stratégique ».

La France est grande dans le monde, en particulier par sa place au Conseil de sécurité des Nations unies. Mais cette place lui est contestée tous les jours, et il faut qu’elle la défende, qu’elle la légitime tous les jours. Et elle ne peut le faire que par sa capacité de gestion utile des troubles du monde. Ce qui, au passage, impose absolument la nécessité de conforter notre capacité à agir comme « nation-cadre » et à « entrer en premier ». N’en doutons pas : notre place parmi les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies et notre influence dans les affaires du monde sont d’abord fondées sur notre capacité à agir de manière concrète dans les crises (capacité et crédibilité).

Troisième principe : il faut définir des objectifs atteignables. Prenant l’exemple de l’Afghanistan, le Général déclare que « les objectifs ont très vite dérivé et dépassé les moyens dont la coalition disposait (en termes de temps et de capacité de contrôle de l’espace terrestre en particulier). »

Quatrième principe : il ne faut intervenir que quand l’action envisagée est compatible avec les moyens disponibles, immédiatement et à terme. Faisant partie des premiers à avoir critiqué publiquement le Livre blanc de la Défense 2013,  le Général Desportes déclara :

Le Livre blanc 2013 parle de « volume de forces suffisants ». Dans les faits, l’opération Serval était un pari extrêmement risqué, chacun le sait, en raison du très faible volume de forces déployées, conjugué à la grande vétusté de la majorité des équipements utilisés. L’opération Sangaris est un pari qui a échoué : le pari fait de la « sidération initiale » a échoué. Ensuite, le déni de réalité conjugué à notre manque de moyens a empêché l’adaptation de la force à la réalité du terrain et au déploiement immédiat des 5 000 hommes qui étaient indispensables.

Cinquième principe : il ne faut pas faire le premier pas sans envisager le dernier.

Cela veut dire qu’il faut évaluer sans idéologie, sans aveuglement, les conséquences d’une intervention, surtout si l’on n’a pas l’intention d’aller jusqu’au bout.

A la fin de son intervention, le Général Desportes a continué à alerter les membres de la Commission sur le délitement de nos forces armées.

Le sous-dimensionnement patent du budget OPEX a des effets pervers considérables dont doivent être conscients ceux qui en décident. D’abord, laisser dire par les media, sans démenti formel, que les armées dépensent indûment le maigre budget français relève de la faute morale, au moment où nos soldats se battent sur tous les fronts, pour la France et à ses ordres, avec des ressources beaucoup trop comptées. Ensuite, parce que nous sommes toujours en dessous de la « taille critique », ce sous-dimensionnement du budget a des conséquences directes tant sur le succès des opérations que sur la sécurité de nos soldats : ils s’en retrouvent mis en danger.

A propos de l’opération Chammal, le Général déclare :

J’en arrive à Chammal. Après quelques détours, j’en conviens, mais l’on ne perd jamais son temps à prendre un temps de recul stratégique, à une époque où, justement, la tendance est de raisonner dans le temps court, en termes de dépenses de comptoir, des problèmes qui relèvent du temps long et d’investissements lourds. Je ne m’attarde pas sur l’ahurissante contradiction actuelle entre, d’une part, l’embrasement du monde à nos portes, à notre est, à notre sud-est, à notre sud, la multiplication de nos interventions et, d’autre part, la détérioration profonde et rapide de nos capacités budgétaires avec, en aval, celle de nos capacités militaires. Tout le monde le sait, à droite et à gauche. Certains, trop peu nombreux, le disent. (…) Alors ? Tenons-nous au principe bien connu de la guerre : le principe de concentration … ou à sa version populaire : « qui trop embrasse mal étreint ». Arrêtons de nous éparpiller ! Regardons les choses en face.

État islamique. « Daech delenda est » : certes ! Nous sommes profondément solidaires, mais nous ne sommes aucunement responsables. Nos intérêts existent, mais ils sont indirects. Nos capacités sont limitées et dérisoires, là-bas, par rapport à celles des États-Unis et notre influence stratégique est extrêmement limitée.

Source : http://www.agenceinfolibre.fr/general-v-desportes-les-etats-unis-ont-cree-daech/

2 Replies to “Général V. Desportes : « les Etats-Unis ont crée Daech » !”

  1. Cette organisation terroriste du nom de Da3ach, du jamais vue, organisée en entité imposante sous la protection de la Turquie de Tayyib Erdogan, pendant que les états de l’Europe occidental, réunis pour leur défense sous l’égide de l’Alliance atlantique, dont fait partie la Turquie, souffrent déjà d’attaques qualifiées de terroristes dans leurs capitales respectives, donne du fil à retordre dans les relations entre les gouvernements de cette même Europe avec le gouvernement de la Turquie. Comme les aspirations d’Ankara d’intégrer la communauté européenne en tant que membre à part entière, dans le même temps elle soutient le terrorisme en Syrie, en Irak et en Libye. Les profondeurs de ces liens qui relient le Parti de la justice et du développement turc de Tayyib Erdogan avec les organisations terroristes. Selon les témoignages d’un jeune britannique qui combattait dans les rangs du terrorisme de Da3ach fut interné dans une prison en Turquie, affirmait combien il fut bien traité durant son emprisonnement, ajoutant que lui et ses pareils ne faisaient qu’attendre des ordres du commandement de Da3ach d’exécuter des attaques terroristes en Occident européen. C’est donc au sein de la Turquie, jusqu’au cœur de l’Europe, rien que silence sur silence de ce fait claire du rôle de la Turquie qui continue d’avoir court d’utiliser les organisations extrémistes pour réaliser des buts politiques. La question est jusqu’à où et jusqu’à quand les gouvernements, les peuples d’Europe vont se taire après que déjà des attaques terroristes se font jour dans leurs capitales mêmes. Ankara, peut-elle continuer ces jeux dangereux, sans réactions internes des autres partis politiques turcs, avant que les états-uniens ne décident de changer les têtes des dirigeants politiques en Turquie.
    Tout le long de cette bande frontière entre la Turquie et la Syrie, l’activité intense de cette organisation terroriste Da3ach, la plus dangereuse au monde, se déroule avec l’avale des autorités politiques et militaires turques. Les éléments affiliés à Da3ach mènent une vie tout à fait ordinaire sur le sol turc, en plus d’un soutien qui ne demande plus des preuves. Le témoignage d’un jeune anglais, du nom de Jabet Soliman, selon le Times britannique, qui a été relâché selon les derniers accords entre la Turquie et Da3ach. Durant sa détention, Soliman déclare avoir été traité par les gardiens de prison avec beaucoup de respect. Lui et ses compagnons pouvaient utiliser les réseaux internet pour communiquer avec leurs amis, leurs familles, leurs autres compagnons sur le terrain des opérations en Syrie et en Irak. Ces preuves, et elles sont diverses et multiples, n’empêchent point la Turquie de nier ses liens avec la mouvance d’Al-Qaïda, Da3ach, Jabhet el Nousra, les frères musulmans, Anssar el Cham etc. Ce nouveau témoignage de Soliman expose la Turquie du Parti de la Justice et du développement dans une position peu enviée, spécialement lorsque le Ministre de l’intérieur turque a reconnu le passage de la terroriste Hayet Boumediene par la Turquie vers la Syrie, sans aucune difficulté, après qu’elle a fuit la France où l’attaque d’une épicerie casher à Paris dans l’avenue du Trône faite par son compagnon membre de Da3ach et qui à fait quatre morts israélites tués. Cette situation désagréable ressentie par Erdogan et son parti, le pousse à aller encore dans le pire, puisque le premier ministre turc relance encore l’idée d’une zone d’exclusion aérienne tout le long de la frontière turque avec le Syrie. Ainsi le rôle joué par ce parti politique turc, fait plonger la Turquie, jour après jour dans une isolation régionale et internationale, ne lui laissant comme amis que les organisations terroristes qui agissent à ses frontières, pendant qu’elle est dans une véritable guerre diplomatique avec l’Union Européenne, pour cause d’atteintes aux libertés d’expressions, d’emprisonnement de journalistes turcs, d’opposants turcs, de manifestants turcs contre la politique d’Erdogan, ainsi qu’avec les états-uniens qui l’ont vu refuser d’intégrer la coalition organisée par eux contre Da3ach, en plus des scandales de corruptions multiples.
    Aujourd’hui le terrorisme semble se répondre en terre européenne. Qu’elle est la complicité des turcs qui est prouvée par les syriens, les terroristes eux mêmes, les européens aussi. Le silence européen va t-il continuer sur cette question qui vient encore brûler l’actualité par cette dernière attaque de Charlie Hebdo à Paris en France., ainsi que de nombreux lieux en Europe et dans le monde. Ces européens qui appréhendent avec beaucoup de crainte le retour des leurs enfants encouragés d’abord pour aller détruire l’état syrien, mais qui ne réussissant pas, leur reviennent transformés en terroristes, et le complice dans tout ce processus est sans aucun doute la Turquie qui continue d’être la grande porte par laquelle la grande majorité des éléments attirés par le terrorisme passent pour la Syrie. C’est la réalité de la politique menée par Tayyib Edogan et son gouvernement à couleur parti de la justice et du développement. C’est elle qui a été à l’origine de la création de Da3ach, et sans Tayyib Erdogan il ne pouvait y avoir Abou Bakri el Bagdadi, puisqu’il a été son formateur, son guide, et celui qui facilita cette masse de candidats au terrorisme d’Europe vers la Syrie et l’Irak. Si aujourd’hui il y a discussion animées entre la France et la Turquie, ce n’est point sur le rôle de la Turquie d’avoir facilité le passage des candidats au terrorisme en direction de la Syrie, mais de leur avoir facilité leur retour en France et au reste de l’Europe occidental. La création de Da3ach par la Turquie vient encore d’être illustrée par cette interception par la police et les gardes frontières turcs d’un convois de camions de Turquie en direction de la Syrie, chargé de missiles divers sous l’Escort d’agents de la sécurité militaire turque sous les ordres directes de Tayyib Erdogan, qui aurait souhaité que cet incident ne soit pas publié sur presse. Un scandale de plus pour illustrer la compromission de la Turquie sous Erdogan avec Da3ach. Le problème est que la Turquie viole les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU. En faite, Da3ach, comme la Turquie, comme les USA, comme les pays européens font parti du même camp, ce qui veut dire que cet incident à Paris contre Charlie Hebdo, n’est pas une chose qui va faire changer la politique française radicalement de 90 degrés. La Turquie comme de bien entendu continuera à soutenir Da3ach, sans que les autres membres de l’Alliance Atlantique ne lui tiendraient rigueur, puisque François Hollande personnellement et son ministre des Affaires Etrangères Laurent Fabius sont satisfaits du bon travail que font les terroristes en Syrie. Le seul reproche à la Turquie c’est de laisser retourner des éléments européens, formés dans le terrorisme à leurs pays d’origines lorsqu’ils sont devenus si dangereux. Compte tenu de la présence de nombreux éléments Da3ach sur le sol turc, la comédie que joue la Turquie de n’être pas d’accord avec les USA et leur coalition comique de lutte contre Da3ach, n’est que pour calmer ces éléments potentiellement terroristes de se mettre à faire du terrorisme en Turquie même. De plus l’économie turque est désormais basée sur le vol, le pillage que lui livrent Da3ach, Les fonds financiers pour cette entreprise terroriste Da3ach sont naturellement aussi saoudiens, qataris? C’est donc au niveau international, vue par les occidentaux, c’est une tentative de rendre légal le terrorisme, puisqu’il est économiquement rentable pour eux. Ce terrorisme devient donc un moyen pour parvenir à des gains économiques.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :