Publié le : lundi 5 janvier

Les prix du pétrole connaissent depuis juillet une baisse continue, qui s’est fortement accélérée en octobre dernier. Que ce soit sur le Brent ou le WTI, les deux principaux marchés de référence, nous assistons à un véritable krach. Pour retrouver une chute comparable, il faut remonter à 2008, année durant laquelle l’économie mondiale a connu une de ses plus graves crises depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Les principaux arguments avancés dans la presse mainstream pour expliquer ce phénomène portent sur un ralentissement de la conjoncture économique, notamment en Chine, qui engendre une baisse des prévisions de la consommation mondiale en 2015 [1]. À cela s’ajoute aussi le maintien de la croissance de la production domestique en Amérique du Nord, appuyée sur les sources non-conventionnelles, un maintien qui continue à modérer les importations américaines. On entend aussi diverses lectures géopolitiques du dossier, avec généralement comme acteur central l’Arabie Saoudite, qui pour diverses raisons refuserait obstinément de baisser sa production. Du fait de son poids prépondérant dans la production mondiale (environ 30 %), sa position obligerait les autres pays exportateurs à suivre la même voie.

Cependant, une analyse précise des chiffres nous invite à rechercher des compléments à ces explications. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE) la production mondiale de pétrole en 2014 était de 91,96 millions de barils et la consommation mondiale de 91,44. En 2015, les anticipations sont respectivement de 92,75 et 93,32 [2]. Bien que l’écart entre production et consommation augmente, celui-ci est infime, très loin de pouvoir expliquer un krach des cours de l’ordre de plus de 40 % (graphique ci-dessous).

 

 

Par contre, si on s’intéresse à l’actualité monétaire, on remarque que la chute des prix du pétrole correspond à l’arrêt de la politique d’assouplissement quantitatif, ou QE (quantitative easing), menée par la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) depuis 2008. Janet Yellen, la présidente de la Fed, a en effet confirmé l’arrêt des injections de liquidités dans le système bancaire en octobre dernier [3]. En outre, dans sa communication, la Fed laisse maintenant clairement entendre qu’une augmentation des taux d’intérêts aurait bientôt lieu.

Cette politique de QE et de taux très bas, qu’on peut décrire vulgairement comme consistant à faire tourner à plein régime la planche à billets, avait été mise en œuvre afin de répondre à la crise financière née des subprimes. Comme l’expliquent certains économistes, et notamment Peter Schiff, qui est connu pour avoir prédit la crise de 2008 [4], cette politique ultra-accommodante a un effet néfaste sur la valeur du dollar, qui se déprécie du fait de l’augmentation de la masse monétaire.

Ainsi, ce changement d’orientation de la Fed renforce la valeur du dollar vis-à-vis des autres devises et également des matières premières. Comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous, toutes les matières premières se sont dépréciées par rapport au dollar récemment. Cependant, on constate que le pétrole a souffert beaucoup plus que les autres (courbe verte et bleu foncé).

 

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