Photo Jean-Paul Baquiast et Christophe JacqueminBIBLIO SAKER, CHRISTOPHE JACQUEMIN, ÉTATS-UNIS, JEAN-PAUL BAQUIAST

Pierre Jovanovic [1] est un homme étrange. Il a beaucoup écrit, mais dans des domaines très loin de ceux qui sont les nôtres ici : la Bible, l’Apocalypse, les démons, les anges. Il y fait preuve d’une culture considérable concernant l’histoire des grands mythes chrétiens, comme les méandres de la Papauté actuelle. Croyant lui-même, se dit-il, il rencontre un grand succès auprès de ceux qui s’intéressent, à tort ou à raison, à l’influence des forces occultes sur le monde actuel. Les athées, tout en admirant sa vaste culture, ont pour beaucoup été prompts à le classer parmi les conspirationnistes (étant entendu que le conspirationnisme se manifeste dans toutes les sociétés et au sein de toutes les forces politiques). Le terme est souvent utilisé pour déconsidérer ceux qui ont suffisamment de sens critique pour ne pas accepter les propagandes officielles (les doxa) et qui voient par conséquent avant les autres les réalités profondes de la vie politique.

Le livre de Pierre Jovanovic, "666"
Le livre de Pierre Jovanovic, « 666 »

Pierre Jovanovic a pour nous un autre mérite. Sa culture économique est considérable, notamment en ce qui concerne l’histoire de la finance. Il s’inspire de documents officiels souvent jusqu’ici peu connus ou dissimulés. Il a par ailleurs toujours refusé les mots d’ordre de ce que l’on nomme les atlantistes, c’est-à-dire les Européens qui oubliant leurs valeurs se sont fait depuis la 2e guerre mondiale les « laquais » (comme l’on disait jadis à l’Huma) de la superpuissance américaine. Ces laquais sont aujourd’hui plus agressifs que jamais, en refusant d’admettre l’accumulation des catastrophes que provoquent dans le monde entier les conflits initialisés par Washington. Aujourd’hui, notamment en France, dans le cas de l’offensive multiforme menée par l’Amérique contre la Russie, les atlantistes ont totalement subverti les hommes politiques, les médias et une large partie de l’opinion. La Russie est plus que jamais l’ennemie, l’Amérique et son dollar les alliés.

obama666Or le dernier livre de Pierre Jovanovic, « 666 », publié aux éditions Le jardin des livres, apporte des éléments de preuve généralement inconnus du public, montrant comment, depuis des décennies, la conjonction de la diplomatie américaine, de la CIA et des grands banquiers de Wall Street a mis le reste du monde sous tutelle. Beaucoup, dont nous sommes, le disent et le répètent, mais un peu dans le désert (Vox clamat in deserto). Les démonstrations concrètes fournies par « 666 » devraient suffire à emporter la conviction de tous ceux qui, en Europe, ne sont pas sous le contrôle de ce que nous nommons pour notre part la diplomatie du dollar et des services secrets. Même sans références bibliques, le lecteur du livre se convainc facilement que la nouvelle Bête de l’Apocalypse, menaçant le monde entier avec ses sept têtes, est effectivement le système monétaire international reposant sur le dollar, tel qu’il est imposé aujourd’hui par l’Amérique au monde entier, y compris à ce jour, malgré leurs efforts pour s’en défaire, à la Chine et à la Russie.

cashflowL’or s’efface au profit de la monnaie de singe

Toutes les références à l’or ont été exclues par les banques centrales nationales, y compris aujourd’hui par la Banque centrale européenne, en ce qui concerne l’euro, à la suite du coup de force imposé par Richard Nixon le 15 août 1971. Il faut se souvenir qu’en 1944, les accords de Bretton Woods avaient mis en place un système de changes fixes entre les mon­naies et l’or ou le dollar, la clé de voûte du système étant la pos­si­bilité de convertir, selon une parité fixe, le dollar en or (35$ l’once d’or). Cependant, à partir des années 1960, ce système a été progressivement combattu par les États-Unis, compte tenu de leur déficit extérieur. Dans la suite de l’explosion de leurs dépenses militaires, ils importaient plus qu’ils n’exportaient, et devaient donc financer la dif­fé­rence en créant des dollars. Les réserves d’or de la Fed (la banque centrale des États-Unis) se révélèrent vite insuffisantes pour garantir une conversion des dollars en respectant la parité officielle.

En 1971, sous la pression de Wall Street, le président Richard Nixon a donc décidé de suspendre la convertibilité en or du dollar, puis de le dévaluer à plusieurs reprises. En mars 1973, une nouvelle crise des changes a conduit au flottement généralisé des monnaies : la plupart des monnaies ont ainsi des taux de change flottants, qui varient au jour le jour. En 1976, les accords de la Jamaïque ont entériné cet état de fait, et l’abandon de toute référence à l’or dans le système monétaire international. C’était le dollar qui devenait de facto l’unité de change internationale.

Lire la suite

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.